Le projet de canal Seine Nord Europe vacille sous le poids des factures


Le projet de canal Seine Nord Europe, porté par l’État, des collectivités et l’Union européenne, vacille sous les critiques d’institutions publiques. Coût en forte hausse, utilité contestée et financement incertain fragilisent un chantier déjà engagé.

Creuser un canal pour relier les flux européens. Aujourd’hui, plus qu’a un coup de génie, l’idée ressemble davantage à un pari coûteux dont personne ne veut assumer la note. En quelques jours, la Cour des comptes, le Conseil d’orientation des infrastructures et l’Autorité environnementale ont pointé une « dérive des coûts » et des bénéfices incertains. Selon Reporterre, le projet, estimé initialement à 3,5 milliards, pourrait atteindre 12 milliards en incluant les frais annexes et financiers. Dans le même temps, le réseau ferroviaire peine à obtenir les moyens nécessaires à sa survie.

Il manque plus de deux milliards pour boucler le financement, sans garantie que l’Europe compense. L’État, engagé dans une rigueur budgétaire, hésite à porter seul le risque. La Cour des comptes alerte sur « un risque fort pour l’État » de devoir combler les déficits. Les projections de trafic reposent sur des « hypothèses optimistes » et des « fragilités méthodologiques », fragilisant encore la crédibilité du projet.

À cela s’ajoute une contestation croissante sur le terrain. Impact écologique, artificialisation des sols, perturbation des milieux humides alimentent la mobilisation. Les opposants dénoncent un projet imposé malgré les alertes. En face, les élus régionaux défendent emplois et attractivité, certains évoquant même un chantier déjà irréversible.





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