L’électrique plombe les comptes et fragilise l’industrie mondiale automobile


Entre l’Europe, les États-Unis et la Chine, 19 grands constructeurs automobiles voient leurs profits s’effondrer malgré des investissements massifs dans l’électrique, selon une étude du cabinet EY. La demande est beaucoup trop faible et met en difficulté une industrie clé, interrogeant par là même les ambitions politiques vis-à-vis de l’électrique.

Les dépréciations d’actifs atteignent près de 60 milliards d’euros, plombant les comptes de groupes déjà fragilisés. Leurs bénéfices ont chuté de 59 % en 2025. Selon l’étude d’EY, relayée par The Epoch Times, « l’industrie automobile traverse une crise profonde, qui pourrait, pour certaines entreprises, menacer leur survie ». Pendant ce temps, les constructeurs chinois comme BYD ou Geely avancent à contre-courant, portés par une dynamique commerciale solide. Mais aussi, par une stratégie visant à ne pas dépendre d’une seule technologie ; la Chine se concentre sur des modèles de moteur à explosion fonctionnant à l’hydrogène depuis déjà plusieurs années.

Le cœur du problème, comme souvent, tient au décalage entre ambitions politiques et réalité du marché. Pendant que Sébastien Lecornu souhaite que « deux voitures neuves sur trois soient électriques » d’ici à 2030, les investissements massifs dans les batteries et les nouvelles gammes peinent à trouver leur public. En Europe comme aux États-Unis, la demande progresse légèrement, mais sans l’élan attendu. Les constructeurs allemands, eux, accusent un recul de leurs ventes et de leur chiffre d’affaires, révélateur d’un essoufflement plus profond. À cela s’ajoutent tensions géopolitiques, inflation persistante et coûts énergétiques élevés, qui grèvent encore davantage les marges.

De l’autre côté, le consommateur compose avec l’incertitude économique, diffère ses achats et prolonge la durée de vie de son véhicule. « Certains acheteurs de voitures opteront désormais pour la voiture électrique, mais il n’y aura pas de véritable boom », prévient Constantin Gall. L’électrique n’est pas nécessairement voué à l’échec, mais l’industrie doit revoir ses certitudes et ralentir son rythme. Les politiques, aussi, doivent revoir leur copie.





Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *