le florilège de la servitude volontaire. Quand une crise sanitaire révèle l’état d’autonomie d’une société (1/5) — Enfant de la Société — Sott.net


La servitude volontaire à l’épreuve des faits : quand une crise sanitaire révèle l’état d’autonomie d’une société.

Devoir de mémoire 1/5

© France-SoirQuand une crise sanitaire révèle l’état d’autonomie d’une société

La vidéo « Zapping Coronacircus : Le meilleur du pire (des moutons dociles aux collabos zélés) » dure moins de vingt minutes. Elle n’a besoin d’aucun commentaire : elle montre, avec une efficacité glaçante, ce que des sociétés modernes ont accepté.

Files d’attente interminables sous la pluie pour un test PCR nasopharyngé obligatoire, tunnels de désinfection urbains aspergés comme dans un rituel de purification, « plages dynamiques » quadrillées au sol où des familles sont séparées par des barrières, policiers verbalisant des joggeurs solitaires sans attestation, masques portés par réflexe même en pleine nature ou seul en voiture, écoles fermées pendant des mois, commerces « non essentiels » cadenassés, applaudissements collectifs aux fenêtres pour des soignants épuisés, et surtout l’acceptation massive du passe sanitaire comme sésame pour retrouver une vie sociale. Ce florilège visuel condense, sans pathos ni voix off, les contraintes inédites en temps de paix auxquelles des populations éduquées et attachées en principe aux libertés individuelles ont consenti entre 2020 et 2022.

Coronacircus

Face à un virus dont les méta-analyses sérologiques ultérieures (Ioannidis 2021, Pezzullo et al. 2022) ont établi un taux de létalité par infection (IFR) médian de 0,034 % chez les 0-59 ans sans comorbidité majeure, les mesures furent universelles et souvent réclamées : confinements successifs de plusieurs semaines, attestations de déplacement limitées à un kilomètre, couvre-feux nationaux, port obligatoire du masque y compris en extérieur, fermeture des écoles et des lieux culturels, puis le passe sanitaire conditionnant l’accès aux restaurants, trains, cinémas et universités. En France, l’état d’urgence sanitaire fut prorogé à de multiples reprises, jusqu’à quinze fois, concentrant un pouvoir discrétionnaire exceptionnel entre les mains de l’exécutif.

Balance bénéfice/risque

Ce qui frappe dans ce montage, c’est l’absence de révolte massive visible. Non pas l’absence totale de contestation – il y en eut -, mais l’adhésion collective, parfois enthousiaste, à cet asservissement quotidien. C’est précisément le phénomène qu’Étienne de La Boétie, jeune humaniste de 18 ans, analysait en 1548 dans son Discours de la servitude volontaire (aussi appelé Le Contr’un). Écrit sous la plume d’un adolescent érudit, ce texte visionnaire pose la question centrale : pourquoi tant d’hommes, de villes et de nations supportent-ils un tyran seul, qui n’a de pouvoir que celui qu’ils lui donnent ? La Boétie répond avec une lucidité fulgurante : la servitude n’est pas imposée par la force brute d’une tyrannie extérieure, mais consentie volontairement de l’intérieur. La tyrannie est visible et brutale ; la servitude volontaire est insidieuse, car elle repose sur l’habitude, la peur du vide et le conformisme. La rébellion exige un sursaut individuel ; l’acceptation, elle, se nourrit du confort de la docilité collective. Ici, la peur de mourir – cette peur viscérale, amplifiée jour après jour – a joué le rôle de catalyseur ultime : elle a fait basculer l’obéissance en une forme d’obédience non critique, une perte totale de boussole morale et intellectuelle. L’être humain, confronté à la mort possible, délègue sa pensée et son jugement plutôt que de risquer l’isolement. « Soyez résolus de ne plus servir, et vous voilà libres », écrivait La Boétie. Mais quand la peur l’emporte sur le courage, la servitude devient la nouvelle normalité.

Mécanique servitude volontaire

Dans cette histoire, la peur l’a emporté sur beaucoup d’aspects – raison, dignité, discernement. Voilà la servitude volontaire dans sa forme la plus pure : une vaccination de masse… non pas seulement contre un virus, mais peut-être, ironiquement, une piqûre de rappel pour nous faire réfléchir à nos propres chaînes intérieures. Ou, plus profondément, un retour nécessaire aux fondamentaux innés de l’être humain : la pensée non linéaire, intuitive, créative, celle qui refuse les rails tout tracés et ose questionner au lieu de suivre.

Les instances parlementaires et scientifiques, censées être les garde-fous de la démocratie et de la raison, ont présenté une opposition quasi inexistante. L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté en procédure d’urgence accélérée les lois d’exception (loi du 23 mars 2020 notamment), avec des débats réduits au minimum et des votes massifs en faveur du gouvernement. Le Conseil scientifique COVID-19, présidé par Jean-François Delfraissy, a rendu près de 90 avis presque toujours suivis, sans débats internes publics ni dissensions notables malgré des conflits d’intérêts documentés chez certains membres. Quant au Conseil d’État, il s’est souvent comporté comme une simple « boîte à enregistrement » des décisions de l’exécutif : il a refusé à de multiples reprises de suspendre le passe sanitaire (ordonnances des 6 juillet 2021, 12 septembre 2021, etc.), validant ainsi l’extension des mesures sans véritable contrôle indépendant. Cette absence de contre-pouvoir institutionnel illustre parfaitement le théorème de Gödel appliqué au système social : dans tout système axiomatique (ici le narratif officiel « santé publique = urgence absolue »), il existe toujours une construction logique pour démontrer qu’une assertion est vraie ou fausse. Même les mensonges les plus visibles ou les choses les plus absurdes – masque inutile devenu obligatoire en quelques semaines, modèles catastrophistes surestimés, revirements sur l’origine du virus – ont reçu le consentement formel des instances décisionnaires.

Effondrement des contre-pouvoirs

L’instauration de fausses vérités et de vrais mensonges s’est faite sans aucun challenge réel. Le discours officiel martelait que « tout le monde, tous les pays faisaient pareil ». C’était faux. La Suède, le Japon, l’Islande, l’Uruguay ou encore la Tanzanie n’ont pas imposé de confinement généralisé ; leurs bilans comparatifs de surmortalité, cinq ans plus tard, montrent des trajectoires équivalentes ou même plus favorables à long terme sans sacrifier les libertés fondamentales. Pourtant, ces contre-exemples ont été systématiquement occultés ou disqualifiés.

Grand mensonge

Combien de citoyens ont confié à des proches : « J’ai trop à perdre à m’opposer, mes voisins veulent me dénoncer si je fais un faux passe » ? Les criminels ont changé de look : ce ne sont plus ceux qui viennent vous voler, mais ceux qui ne se conforment pas aux décisions, aussi absurdes soient-elles. Cette inversion des valeurs révèle l’état réel d’autonomie d’une société où la peur individuelle a primé sur le courage civique.

Cette gangrène de la servitude s’est étendue jusqu’aux cercles les plus privilégiés. J’en fis personnellement, l’expérience lors d’un dîner à Ville-d’Avray, banlieue très chic parisienne. Une directrice d’édition chez un grand éditeur parisien devint totalement hystérique m’insultant et me traitant de « criminel » pour avoir participé au film Hold-Up alors que je lui expliquais avoir juste présenté, comme je l’ai aussi présenté à BFMTV, l’interview exclusive de Mandeep Mehra (professeur à Harvard), l’un des auteurs d’une des plus grande fraude scientifique (LancetGate). Aucune réaction des hôtes : silence gêné, malaise palpable, aucun argument scientifique avancé. Ces personnes, qui n’avaient ni raison médicale ni raison sociale de tenir ces propos, n’exprimaient pas une conviction raisonnée, mais une servitude au « mensonge de groupe », à la « vérité officielle » du moment. Elles bravaient elles-mêmes le confinement pour dîner dans des restaurants étoilés en salons privés, leur seule frayeur étant de se faire attraper par la police en traversant le bois de Boulogne la nuit au retour. « Faites ce que je dis, pas ce que je fais. » Pendant ce temps, à l’Élysée et dans les ministères, on s’amusait ; les « gueux » tapaient sur des casseroles pour applaudir les soignants. Cette agression en règle à laquelle ils (les hôtes du dîner) assistèrent impuissants sous leur propre toit démontre un réel problème : la gangrène de la servitude est là. Individuellement, ces gens sont devenus incapables de penser par eux-mêmes ; seul le group think semble les rassurer. Peu importe que le joueur de flûte leur joue du pipeau pour les emporter dans la direction opposée au bon sens.

Trahison des élites

C’est ici qu’apparaît pleinement le concept de pensée par procuration : les élites, comme une grande partie de la population, ont délégué leur propre réflexion à une autorité extérieure – experts, médias, pouvoir exécutif – au lieu d’exercer leur jugement critique personnel. Cette procuration intellectuelle a transformé des décideurs supposés éclairés en simples relais dociles d’un narratif unique.

Cette société a un réel problème avec la vérité. C’est de là qu’est née l’idée, des émissions de France-Soir, « Le Défi de la Vérité » et « les debriefings », qui ont permis, à travers plus de 500 interviews réalisées partout dans le monde, de constituer une base factuelle solide face au narratif officiel. La sanction pour France-Soir et pour moi ne s’est pas fait attendre : déréférencement massif par Google sans justification factuelle, perte de visibilité, et attaques ad hominem, modification de la page Wikipedia, ou autres attaques judiciaires en bonne et due forme.

Prix de la vérité

C’est là le cœur de la servitude volontaire moderne : les élites elles-mêmes, supposées éclairer et guider, se sont asservies au narratif dominant, préférant le silence ou l’hystérie collective à la remise en cause. Comme pendant la Seconde Guerre mondiale, ce conformisme installera, chez certains, un silence complice qu’ils devront un jour regarder en face, baissant les yeux par honte de n’avoir pas agi, de n’avoir pas questionné. La population n’a pas seulement obéi ; elle a souvent réclamé ses chaînes.

Dessin covid/Ormuz

Une image valant bien des mots…. DR

Les élites n’ont pas seulement trahi leur rôle de contre-pouvoir ; elles ont participé à leur propre asservissement au mensonge collectif.

Ce premier article pose le constat factuel et philosophique. Les suivants analyseront les mécanismes de programmation collective, la trahison des élites, le bilan coût-bénéfice et les leçons pour l’avenir démocratique. Car ce devoir de mémoire n’est pas une nostalgie amère : c’est une exigence pour que jamais plus une telle docilité ne soit présentée comme une vertu.

Synthèse devoir de mémoire

Retrouvez le décryptage vidéo de cet article :

Écoutez le podcast de cet article :

[Article publié le 4 avril 2026]



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *