La France conserve pour l’instant sa note de dette Aa3. Verdict rendu le 10 avril, par Moody’s, mais l’agence de notation prévient qu’un déclassement pourrait intervenir dès l’automne. Et pour cause ! Une croissance ralentie, des incertitudes internationales persistantes et surtout une scène politique nationale fragmentée.
Entre résistance économique relative et tensions institutionnelles, le pays avance sur une ligne de crête, sous l’œil vigilant des marchés et des investisseurs. L’économie tient, mais sans éclat. L’Insee abaisse ses prévisions de croissance à 0,2 pour les premiers mois de 2026 et la Banque de France ajuste à 0,9 sur l’année. « La semaine dernière j’avais eu l’occasion de dire qu’on était plus proches du scénario (…) défavorable, depuis mercredi matin, on est revenus plus près du scénario de base », explique François Villeroy de Galhau. Un optimisme prudent, suspendu aux aléas géopolitiques.
Mais le véritable point de fragilité est ailleurs. « La fragmentation du paysage politique français » constitue désormais un risque central, selon Moody’s. L’agence reconnaît toutefois que « l’accord budgétaire trouvé entre la gauche modérée et le centre droit, au sein d’un Parlement français politiquement divisé, conforte notre évaluation de la solidité des institutions et de la gouvernance françaises ». Une stabilité de façade…
Comme le rapporte Capital, le recours au 49.3, soutenu par un Parti socialiste fragilisé, a laissé des traces durables. À l’approche de 2027, les alliances se recomposent, les lignes se durcissent et l’incertitude grandit. Pour les agences de notation, sans visibilité politique, la crédibilité budgétaire s’effrite.