À l’heure où la littérature enfantine prône l’éducation sexuelle, de la sodomie au cunnilingus, où l’éducation sexuelle fait scandale à l’école (avec ses livres associés), dénoncée entre autres par SOS Enfance en Danger et l’eurodéputée Virginie Joron, les enfants qui ont grandi et subi ces agressions se rebiffent.
Selon une enquête de Mediapart publiée le 10 avril 2026, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a refusé de requalifier en « viol » les milliers d’actes sexuels imposés par son responsable légal à une fillette entre ses 8 et 14 ans, les maintenant sous la qualification un tantinet plus légère d’« agression sexuelle ».
Aujourd’hui âgée de 35 ans, la victime a dû se pourvoir en cassation pour tenter d’obtenir que ce qu’elle a enduré soit enfin nommé pour ce qu’il est.
Pour certains juges, des cunnilingus imposés à une enfant ne peuvent être considérés comme un viol.
Cette décision sidérante révèle une justice française toujours incapable, en 2026, de protéger pleinement les victimes les plus vulnérables.
La France a d’ailleurs été condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l’homme pour son traitement indigne des victimes de violences sexuelles.
Ce n’est pas une première. Depuis l’affaire de Pontoise en 2017, où le parquet avait refusé de poursuivre pour viol un majeur ayant eu une relation sexuelle avec une collégienne de 11 ans, plusieurs décisions de justice ayant maintenu la qualification d’atteinte ou d’agression sexuelle malgré des pénétrations avérées et le très jeune âge de la victime.
Cette indulgence systémique s’inscrit dans une longue histoire française de complaisance intellectuelle envers les crimes contre les enfants. Le 26 janvier 1977, des dizaines de personnalités — dont Jack Lang, Bernard Kouchner, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir ou Gabriel Matzneff — cosignaient dans Le Monde une lettre ouverte défendant les relations sexuelles entre adultes et enfants. Jack Lang a depuis qualifié sa signature de « connerie » post-68, mais le mal était fait et l’impunité culturelle solidement installée.
Ce contexte éclaire d’une lumière crue les scandales qui se sont succédé. L’affaire Duhamel, l’affaire Matzneff, les révélations sur l’inceste dans les familles de l’élite intellectuelle et politique. À chaque fois, le même schéma, faits minimisés, qualifications juridiques allégées, victimes renvoyées à des procédures interminables.
Le code pénal définit pourtant le viol comme tout acte de pénétration sexuelle commis par violence, contrainte, menace ou surprise. Des voix s’élèvent depuis des années pour réformer cette définition afin de mieux protéger les enfants. Pendant ce temps, des magistrats continuent de débattre de la « profondeur » ou de la « durée » d’un acte sexuel imposé à une enfant de 8 ans pour décider s’il mérite ou non le nom de viol.
La France se targue d’être la patrie des droits de l’homme. Elle reste, pour ses enfants victimes, la patrie de l’impunité des bourreaux.