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Dans un entretien accordé au Soir, le chef d’État-major belge a estimé que si la Russie n’attaquerait pas la Belgique «ce soir, demain, après-demain, dans un mois, voire dans un an», les Européens devraient être aptes à lui tenir tête à l’horizon 2030, sans soutien américain. Un temps de préparation qui, selon lui, est «acheté» par les Ukrainiens.
Dans un entretien au quotidien Le Soir, publié ce 17 avril, le chef d’État-major de l’armée belge, le général aviateur Frederik Vansina, a fait part de sa perception du conflit en Ukraine, ainsi que ce qui pourrait bien en être la continuité.
« 2030 va être une période difficile pour l’Europe. D’ici-là, la guerre en Ukraine, enfin espérons-le, sera terminée », a-t-il confié dans un premier temps à son intervieweur qui lui demandait sous quel « délai raisonnable » les États-Unis pouvaient procéder à leur « retrait » du théâtre européen « sans nous mettre en danger face à une Russie belliqueuse ».
« La Russie sera là avec cette armée de 650 à 700 000 hommes aguerris », a poursuivi l’officier général belge. « Donc, en 2030, il faut pouvoir dire à Vladimir Poutine que, même sans les Américains, il ne gagnera pas la guerre contre l’Europe. On a encore quelques années devant nous. Grâce au courage et au sang des Ukrainiens, qui achètent ce temps pour nous. C’est pour ça qu’on les soutient tellement », a encore ajouté le général Vansina.
« Je veux rassurer la population : je ne m’attends pas à une attaque en règle russe sur la Belgique ce soir, demain, après-demain, dans un mois, voire dans un an », a-t-il par ailleurs déclaré, et d’estimer qu’« il ne faut pas se voiler la face. Une fois que ce conflit en Ukraine sera terminé, il faudra être assez fort en Europe pour dissuader les Russes ».
Depuis des mois, des responsables et officiers supérieurs européens évoquent sans détour l’éventualité d’un conflit ouvert entre des pays de l’OTAN et la Russie. Un phénomène, une rhétorique, particulièrement observables lors de la dernière Conférence sur la Sécurité de Munich.
« Une réunion de la coalition de ceux qui souhaitent la guerre », avait notamment commenté le sénateur russe Konstantin Kosatchev, vice-président du Conseil de la Fédération estimant ce phénomène « particulièrement alarmant ».