Le détroit d’Ormuz à nouveau fermé par l’Iran en raison du blocus américain — Les Maîtres du Monde — Sott.net


La proclamation rétablissant un contrôle « strict » sur ce point de passage maritime stratégique intervient alors que des vedettes iraniennes ont ouvert le feu sur un pétrolier qui tentait de le traverser.

Détroit d’Ormuz

© Space Frontiers/Archive Photos/Hulton Archive/Getty ImagesVue vers le nord du détroit d’Ormuz, reliant le golfe d’Oman au golfe Persique, avec les monts Zagros et l’île iranienne de Qeshm en arrière plan, et des zones d’Oman, Mascate et des Émirats arabes unis au premier plan, telle que photographiée depuis la navette spatiale Columbia lors de la mission STS 52, du 22 octobre au 1er novembre 1992.

Un durcissement militaire dans le détroit

L’armée iranienne a annoncé, le 18 avril, avoir rétabli une « supervision militaire stricte » du détroit d’Ormuz en raison du blocus naval américain visant la navigation iranienne, marquant un apparent revirement après la brève réouverture de ce passage clé pour le pétrole mondial annoncée la veille par le ministre iranien des Affaires étrangères, et assombrissant les délicates négociations de paix menées en coulisses.

Le lieutenant-colonel Ebrahim Zolfaqari, porte‑parole du quartier général central Khatam al‑Anbiya, a indiqué dans un communiqué publié par l’agence officielle IRNA et la chaîne publique Press TV que cette décision a été déclenchée par la poursuite du blocus naval américain et par ce qu’il a décrit comme des violations répétées des accords encadrant le trafic maritime dans le détroit.

« Le contrôle du détroit d’Ormuz est revenu à son état antérieur et ce passage stratégique est placé sous la gestion et le contrôle stricts des forces armées », a‑t‑il déclaré, selon IRNA. M. Zolfaqari a ajouté que l’Iran avait auparavant « accepté de bonne foi, dans le cadre des accords issus des négociations, d’autoriser le passage encadré d’un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux », tout en qualifiant le blocus naval américain de « piraterie » et de « vol maritime », en violation des engagements de cessez‑le‑feu.

Par ailleurs, la marine des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a fixé, vendredi, quatre conditions pour les navires traversant le détroit d’Ormuz, selon Press TV : les navires civils doivent emprunter une route désignée par l’Iran ; ils doivent obtenir une autorisation préalable ; les navires militaires sont interdits ; le transit reste conditionné au maintien du cessez‑le‑feu au Liban.

Israël et le Liban ont conclu un cessez‑le‑feu de dix jours dans le cadre d’efforts diplomatiques visant à trouver une solution durable face à la menace que représente, pour Israël, le Hezbollah, qualifié de groupe terroriste, qui utilise le sud du Liban pour lancer des attaques contre des communautés israéliennes.

Parallèlement, un convoi de pétroliers a été observé quittant le Golfe et franchissant le détroit d’Ormuz samedi, selon des données de suivi maritime. Le groupe comprenait quatre transporteurs de gaz de pétrole liquéfié ainsi que plusieurs pétroliers de produits raffinés et chimiques, d’autres navires suivant depuis le Golfe, d’après MarineTraffic.

Dans le même temps, le centre britannique UK Maritime Trade Operations (UKMTO) a signalé un incident survenu le 18 avril, au cours duquel des vedettes iraniennes ont ouvert le feu sur un pétrolier dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes.

« Le capitaine d’un pétrolier signale avoir été approché par deux vedettes des Gardiens de la révolution, sans communication radio préalable, qui ont ensuite ouvert le feu », a indiqué l’UKMTO dans un avis. « Le navire et son équipage sont sains et saufs. »

Par ailleurs, deux navires indiens ont été contraints de rebrousser chemin vers l’ouest dans le détroit samedi par la marine iranienne, selon TankerTrackers, qui a indiqué que « des tirs ont été impliqués ».

Il n’est pas établi si les signalements de l’UKMTO et de TankerTrackers concernent un seul et même incident.

Une réouverture aussitôt remise en cause

L’annonce faite samedi par l’armée iranienne semble marquer un revirement par rapport à la veille, lorsque le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait déclaré le détroit « entièrement ouvert » au trafic commercial pendant le cessez‑le‑feu de dix jours entre Israël et le Liban. M. Araghchi avait toutefois précisé que les navires devraient suivre une « route coordonnée » approuvée par Téhéran, suggérant que cette réouverture restait encadrée.

Cette annonce, qui avait apaisé les inquiétudes des marchés mondiaux et entraîné une chute des prix du pétrole, avait été saluée par le président américain Donald Trump. Celui‑ci avait affirmé sur les réseaux sociaux que la voie maritime était « entièrement ouverte et prête pour les affaires et à une circulation complète », ajoutant que l’Iran s’était engagé à ne « jamais » refermer le détroit.

Donald Trump avait toutefois précisé que le blocus naval américain visant les ports et navires liés à l’Iran — récemment étendu à la haute mer — se poursuivrait tant qu’aucun accord ne serait conclu.

Des responsables iraniens ont ensuite indiqué que toute réouverture du détroit resterait conditionnelle et strictement contrôlée. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé sur le réseau X que les déclarations américaines étaient « fausses » et que, si la pression de Washington se poursuivait sous la forme d’un « maintien du blocus », le détroit d’Ormuz « ne resterait pas ouvert ».

« Le passage par le détroit d’Ormuz se fera selon une « route désignée » et avec une « autorisation iranienne » », a‑t‑il déclaré, ajoutant que la situation sur le terrain — et non les déclarations publiques — déterminera l’accessibilité du détroit.Le porte‑parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré vendredi à la télévision d’État que Téhéran considérait le blocus naval américain comme une violation du cessez‑le‑feu et se tenait prêt à « prendre les mesures réciproques nécessaires ».

Donald Trump met en garde contre un effondrement du cessez‑le‑feu

Le rétablissement de ces restrictions intervient alors que Donald Trump a laissé entendre qu’un cessez‑le‑feu plus large avec l’Iran pourrait s’effondrer dans les prochains jours en l’absence d’accord à long terme.

S’exprimant devant des journalistes à bord d’Air Force One le 17 avril, il a indiqué qu’il pourrait ne pas prolonger la trêve actuelle au‑delà de son échéance la semaine suivante, interrogé sur l’absence d’accord d’ici au 22 avril.

« Peut‑être que je ne la prolongerai pas, mais le blocus sera maintenu », a‑t‑il déclaré. « Donc il y aura un blocus et, malheureusement, nous devrons recommencer à larguer des bombes. »

Le président américain a ajouté que les négociations progressaient et a suggéré qu’un accord pourrait être conclu rapidement, déclarant à Axios qu’il s’attendait à ce que des responsables américains et iraniens se rencontrent durant le week‑end et puissent finaliser un accord « dans un jour ou deux ».

Dans le même temps, Donald Trump a affirmé vendredi à Reuters que les États‑Unis travailleraient avec l’Iran pour récupérer son uranium enrichi et le transférer vers les États‑Unis.

« Nous allons régler cela. Nous allons intervenir avec l’Iran, tranquillement, et commencer à creuser avec de grosses machines… Nous le ramènerons aux États‑Unis », a‑t‑il déclaré lors d’un entretien téléphonique.

Des responsables iraniens ont toutefois démenti tout accord en ce sens concernant le contrôle du stock d’uranium enrichi de Téhéran.

« L’uranium enrichi de l’Iran ne sera transféré nulle part », a déclaré ultérieurement M. Baghaei à la télévision d’État. « Le transfert d’uranium vers les États‑Unis n’a jamais été une option pour nous. »

L’Iran détiendrait plus de 900 livres (environ 408 kg) d’uranium enrichi à près de 60 %, son programme nucléaire restant l’un des points les plus sensibles des négociations entre Washington et Téhéran.



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