D’ordre de mon Gouvernement et comme suite à nos précédentes communications, je vous écris pour répondre à la lettre datée du 7 avril 2026 que le Représentant permanent du Royaume de Bahreïn auprès de l’Organisation des Nations Unies a adressée au Président du Conseil de sécurité et au Secrétaire général au nom d’un certain nombre d’États voisins du golfe Persique (S/2026/298).
La République islamique d’Iran rejette catégoriquement les allégations formulées dans ladite lettre, lesquelles sont dénuées de tout fondement et délibérément trompeuses. À cet égard, j’ai également reçu pour instruction de consigner l’affirmation sans équivoque de la responsabilité internationale qui incombe à ces mêmes États du fait de leurs propres actes internationalement illicites.
Comme nous l’avons déjà exposé dans nos nombreuses communications antérieures dûment étayées, le 28 février 2026, les États-Unis d’Amérique et le régime israélien ont mené une attaque armée illégale contre la République islamique d’Iran, en violation flagrante des principes cardinaux du droit international, dont l’interdiction de l’emploi de la force et la norme impérative (jus cogens) prohibant toute agression. Le communiqué en question omet délibérément ce fait essentiel et déterminant, et vise au contraire à renverser le cadre factuel et juridique, notamment en imputant la responsabilité à l’État qui est pourtant victime d’agression.
Il est déplorable que, dès les premières phases de préparation et dès le premier jour de l’acte d’agression, ainsi que tout au long de la commission de crimes de guerre, les installations, le territoire et l’espace aérien de certains États de la région aient été illicitement mis à la disposition des agresseurs afin de leur permettre de mener des actes d’agression et de perpétrer des crimes odieux contre des cibles civiles, notamment des enfants et des innocents, ainsi que contre des biens protégés tels que des écoles, des hôpitaux, des biens culturels et d’autres infrastructures civiles. À titre d’exemple, les attentats terroristes barbares perpétrés contre une école à Minab, qui ont coûté la vie à au moins 168 écoliers et écolières, ont été menés depuis le territoire de ces mêmes États. Il ne fait aucun doute que ce comportement relève de l’alinéa f) de l’article 3 de l’annexe à la résolution 3314 (XXIX) de l’Assemblée générale.
D’après les observations et les analyses faites par les Forces armées de la République islamique d’Iran, les agresseurs utilisent de manière répétée le territoire et l’espace aérien de ces États pour apprêter des armes et planifier, préparer et mener des opérations militaires illicites contre la République islamique d’Iran. Des exemples concrets d’un tel comportement ont déjà été formellement signalés aux États concernés par voie de notes diplomatiques.
Par ailleurs, les vestiges matériels provenant des armes utilisées pour commettre cette agression, qui ont été retrouvés dans plusieurs villes touchées, confirment que ces armes faisaient partie des arsenaux de certains États du golfe Persique. Les éléments de preuve présentés montrent clairement que ces États ont non seulement aidé et encouragé les agresseurs, mais également participé eux-mêmes à la commission d’actes d’agression, tels que définis par le droit international coutumier et codifiés dans la résolution 3314 (XXIX) de l’Assemblée générale. Ce comportement relève en particulier des alinéas a), b) et d) de l’article 3 de l’annexe à ladite résolution.
Conformément au droit international coutumier, tel qu’il ressort de l’article 16 des articles de la Commission du droit international sur la responsabilité de l’État pour fait internationalement illicite, la conduite de ces États engage leur responsabilité internationale et entraîne l’obligation de fournir une réparation intégrale, notamment une indemnisation complète des dommages résultant des actes d’agression commis contre la République islamique d’Iran.
S’agissant des allégations de terrorisme, la République islamique d’Iran, en tant que grande victime du terrorisme, a constamment démontré sa détermination inébranlable, son engagement résolu et son rôle déterminant dans la lutte contre ce phénomène, en aidant efficacement les États touchés à combattre et à affaiblir des groupes terroristes tels qu’Al-Qaida et l’EIIL. Dans le même temps, certaines attaques organisées et perpétrées de manière éhontée contre des responsables gouvernementaux et des scientifiques de la République islamique d’Iran restent impunies.
Les allégations dénuées de tout fondement concernant les prétendus « liens » entre la République islamique d’Iran et des groupes terroristes tels qu’Al-Qaida, qui ignorent délibérément les coûts humains et financiers considérables supportés par l’Iran dans sa lutte contre les groupes terroristes et extrémistes, ne sauraient occulter ni les liens historiques entre ces groupes terroristes et certains blocs ou organisations accusateurs, ni la véritable nature et l’origine de l’agression en cours contre le pays.
Il convient en outre de rappeler que la principale source d’instabilité dans la région provient, sans l’ombre d’un doute, des agissements auxquels le régime israélien se livre sous l’égide des États-Unis. Les mouvements de résistance tels que le Hezbollah et les groupes de résistance en Iraq, qui constituent des réponses naturelles à l’apartheid, à l’occupation et au terrorisme, font partie intégrante du tissu national et de l’identité de leurs pays respectifs. Ils ont vu le jour de manière organique et spontanée en réaction à des actes d’agression et d’occupation prolongés, et sont dûment représentés au sein des systèmes politiques de ces pays. La République islamique d’Iran agit dans le respect de sa Constitution et du droit international et en accord avec sa position de principe en faveur de ces mouvements.
Il est fort regrettable que certains pays de la région persistent à relayer les récits imposés par le régime israélien, plutôt que d’assumer leurs responsabilités morales et religieuses en appuyant les mouvements de résistance contre l’occupation.
La République islamique d’Iran exprime par la présente sa ferme et catégorique opposition à ces actes illégaux et exhorte les États Membres du golfe Persique à se conformer pleinement à leurs obligations internationales, sans chercher à détourner l’attention du Conseil de sécurité vers des allégations mensongères et dénuées de tout fondement. Cela suppose la cessation immédiate et durable de toute forme d’agression, qu’elle provienne du territoire de ces États ou de leurs forces armées.
La République islamique d’Iran se réserve tous les droits que lui confère le droit international pour demander des comptes à ceux dont les actes internationalement illicites ont contribué à porter atteinte à sa souveraineté et à son intégrité territoriale. Les tentatives persistantes visant à déformer les faits et à se soustraire à toute responsabilité risquent d’entraîner une nouvelle escalade et constituent une grave menace pour la paix et la sécurité internationales. Le Conseil de sécurité doit, dans le plein respect de la Charte des Nations Unies, s’attaquer aux causes directes de la situation actuelle, à savoir l’emploi illicite de la force, les crimes de guerre, les actes de terrorisme odieux et la complicité des États qui ont facilité ces actes illégaux contre la République islamique d’Iran.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente lettre comme document du Conseil de sécurité.
