En Corse, mobilisation lycéenne en soutien à des écoles immersives en langue corse


Cinq lycées de Corse étaient « bloqués par barrage filtrant » mardi, selon le rectorat, par une mobilisation lycéenne soutenant les écoles immersives associatives privées Scola corsa qui demandent la « contractualisation » par l’Etat de 11 enseignants et leur financement public.

Deux lycées d’Ajaccio, un de Porto-Vecchio (Corse-du-Sud), un de Corte (Haute-Corse) et un autre de plaine orientale sont concernés, a indiqué le rectorat.

Des poubelles bloquaient les accès et des banderoles « Lingua faci populu » (la langue fait le peuple: NDLR) avaient été disposées par des élèves réunis devant les entrées des établissement.

Dans un communiqué, la fédération Scola corsa qui comporte cinq écoles primaires immersives dans l’île, assure que « la langue corse est directement attaquée » et « l’existence des écoles Scola corsa est remise en question » par le fait que le préfet a « formé un recours au tribunal administratif contestant la légalité du financement accordé par la Collectivité de Corse » (CDC) à ces écoles.

Elles sont « financées à 70% par la CDC, 10% par les mairies et 20% par les dons de particuliers et d’entreprises », a indiqué la fédération.

Elle a assuré également que « l’Etat revient sur ses promesses de contractualisation généralisée devant aboutir à la prise en charge du salaire » des 11 enseignants.

Créées en 2021, ces écoles se revendiquent « gratuites, laïques, apolitiques et ouvertes à tous ».

A la rentrée 2025, elles accueillaient 200 élèves, comptaient 34 employés et « proposent un enseignement en immersion qui conduit les élèves à une maîtrise complète du corse et du français, à l’oral comme à l’écrit », assurent-elles, précisant que « les enseignants suivent les programmes officiels établis par l’Éducation nationale ».

Ces écoles appellent à des rassemblements de soutien mardi à 18H devant les préfectures d’Ajaccio et Bastia. Syndicats étudiants nationalistes et partis politiques nationalistes soutiennent cette mobilisation.

Dans des messages sur son compte X, l’ancien ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer avait dénoncé, début avril, ces écoles immersives: « Dans l’indifférence générale, depuis la rentrée dernière, ont été autorisées en Corse les +écoles immersives+ c’est-à-dire des écoles où on ne parle pas le français ».

« C’est illégal et inconstitutionnel », avait-il ajouté, estimant qu' »on porte atteinte à l’indivisibilité de la République » et martelant: « Oui aux langues régionales (qui n’ont jamais autant progressé que depuis les huit dernières années grâce à des formules bilingues normales). Non aux ferments de séparatisme au sein même du système éducatif ».





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