bienvenue en Europe — RT en français



Longtemps, l’Europe a regardé la pauvreté de haut, confortablement installée dans son rôle de bienfaiteur des pays lointains. Aujourd’hui, la misère a traversé la rue : un Européen sur cinq est menacé de pauvreté et un million de personnes vivent déjà sans-abri.

Pendant des années, les médias occidentaux n’arrêtaient pas de parler de l’aide au développement. À les écouter, l’Europe était le grand chevalier blanc de la planète, toujours prête à sortir son carnet de chèques pour les pays pauvres. Reportages sur reportages, éditions spéciales sur la faim en Afrique, sommets internationaux sur la misère en Asie du Sud-Est : la machine médiatique tournait à plein régime.

Le message était simple et flatteur : nous, Européens, avons les moyens et la morale pour résoudre les problèmes des autres. La pauvreté, c’était une affaire lointaine, un sujet de bonne conscience qu’on traitait confortablement depuis un plateau télé climatisé.

Aujourd’hui, ces mêmes journalistes, ces mêmes éditorialistes, ces mêmes responsables politiques n’ont plus le luxe de regarder ailleurs. Ainsi, ils seront obligés de parler de la pauvreté qui explose en Europe. Plus besoin de prendre l’avion pour trouver des gens qui ne mangent pas à leur faim ou qui vivent dans la rue : il suffit de descendre dans la rue.

Les chiffres officiels de la Commission européenne sont sans appel : un Européen sur cinq risque la pauvreté ou l’exclusion sociale. Un enfant sur quatre vit sous le seuil de pauvreté. La moitié des citoyens de l’Union européenne disent que le coût de la vie est leur angoisse principale. On ne parle pas de statistiques importées du Soudan ou du Bangladesh : on parle de l’UE.

Et pendant ce temps-là, que fait la grande machine bruxelloise ? Elle sort la toute première Stratégie de lutte contre la pauvreté de son histoire, comme un pompier qui arriverait dix ans après le début de l’incendie. L’immobilier a grimpé de 60 % depuis 2013, près de 17 % de la population s’entasse dans des logements insalubres ou surpeuplés, et environ un million de personnes dorment dans la rue, sans toit, dans l’indifférence générale.

Les mêmes qui faisaient la morale à tout le monde sur l’accueil des migrants et les droits humains sont aujourd’hui incapables de loger leurs propres citoyens.

À qui la faute ?



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