Sarkozy dans le piège libyen : lâchage brutal de Guéant, réseaux Bolloré et fin de règne annoncée


Le procès en appel du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 tourne au véritable cauchemar pour Nicolas Sarkozy avec le silence complice des médias parisiens. La cour d’appel, présidée par le magistrat Olivier Géron, a conduit des débats d’une intensité rare. L’ancien chef de l’État risque une condamnation nettement plus lourde qu’en première instance. Le délibéré est programmé pour le 30 novembre. Toute l’affaire repose sur les contradictions accumulées par la défense et surtout sur le lâchage spectaculaire de son ancien fidèle Claude Guéant.

Dès les premières audiences, le président Géron impose un style Columbo implacable. Il pose des questions précises et répétées pour exposer les incohérences. Nicolas Sarkozy nie avec force tout lien direct avec les fonds libyens acheminés par Ziad Takieddine. Il accuse ses deux bras droits, Claude Guéant et Brice Hortefeux, d’avoir agi dans son dos. Pourtant, lorsque le juge évoque les plus de 300 000 euros en espèces découverts sur les comptes de Guéant et de ses enfants, Sarkozy vacille. Il suggère ouvertement que son ancien secrétaire général a pu empocher une partie de l’argent. Cette trahison publique en pleine audience stupéfie les observateurs et marque un tournant dramatique dans le procès.

Guéant ne reste pas sans réaction. Il contre-attaque avec des attestations écrites explosives. Il révèle une scène inédite et compromettante. Lors d’un dîner sous la tente de Kadhafi en juillet 2007, Nicolas Sarkozy lui aurait donné l’instruction directe : « Claude, voyez cela » concernant le sort judiciaire d’Abdallah Senoussi, beau-frère du Guide et condamné à perpétuité pour l’attentat du DC10. Cette phrase change tout. Elle renforce considérablement la qualification d’association de malfaiteurs. La défense tente alors une contre-offensive de dernière minute avec la fameuse « clé Tak ». Elle prétend que plusieurs millions d’euros des fonds libyens seraient retournés vers le fils Senoussi. Le parquet général balaie ces arguments comme périphériques et peu convaincants. À la barre, Sarkozy s’emporte violemment. Il dénonce dix ans d’humiliations et de souffrances inutiles. Malgré cela, le doute s’installe durablement sur la véritable régularité de son élection de 2007. Sa présidence a été truquée et logiquement tout ce qui a été décidée à l’époque est nul et non avenu !

Malgré cette tourmente judiciaire extrêmement lourde, Nicolas Sarkozy conserve encore une influence réelle dans les coulisses de la vie politique française. Depuis sa sortie de prison, un défilé incessant de visiteurs se presse rue de Miromesnil dans ses bureaux. Des députés Renaissance comme Robin Reda, Charles Rodwell ou d’anciens ministres LR viennent le consulter discrètement. Il distille conseils stratégiques, critiques acerbes sur la gestion du pays et distribue bons points ou sanctions ! Ahurissant ! Son alliance passée avec macron et son adoubement récent de Jordy Bardella illustrent une stratégie purement opportuniste. Il mise toujours sur le camp qui lui semble gagnant.

Son alliance avec Vincent Bolloré constitue son bouclier le plus solide. Voisins villa Montmorency, les deux hommes se connaissent depuis près de quarante ans. Le milliardaire breton lui ouvre grand les portes de son empire médiatique. Sur CNews, toute critique ouverte contre Sarkozy reste quasiment interdite. Philippe Bilger, ancien magistrat, en a fait les frais après un débat jugé trop franc. Dans le monde de l’édition, l’influence est tout aussi forte. Sarkozy obtient des têtes chez Fayard et Grasset pour des ouvrages considérés comme hostiles. Son propre livre, Journal d’un prisonnier, publié chez Fayard, a bénéficié d’un lancement soigné avec le soutien public de Benjamin Haddad et Gérald Darmanin.

Ces révélations détaillées publiées par Marianne soulèvent une question essentielle et dérangeante. Comment un homme condamné dans plusieurs affaires judiciaires graves parvient-il encore à exercer un tel pouvoir d’influence ? Le dossier libyen met en lumière un système où l’argent venu directement de Kadhafi aurait potentiellement acheté une élection présidentielle. Le lâchage public d’un collaborateur historique de trente ans révèle une solitude et une fébrilité nouvelles chez l’ancien président. Pourtant, l’empire Bolloré continue d’offrir une tribune et une protection médiatique sans faille. Entre une justice qui avance et des réseaux d’influence puissants, la chute finale de Sarkozy semble désormais inéluctable.

L’absence de Sarkozy lors des plaidoiries des parties civiles aggrave encore plus sa situation. Il a préféré partir à Munich pour voir la demi-finale de la ligue des champions du Paris Saint-Germain ! Ça donne une idée précise de l’état d’esprit de ce vil personnage.



La droite traditionnelle française sort profondément fragilisée de cette saga tentaculaire vieille de près de vingt ans. Sarkozy espérait encore un retour triomphal sur la scène politique. Il se retrouve aujourd’hui isolé et de plus en plus dépendant de ses puissants alliés. Son influence via CNews et le monde de l’édition maintient artificiellement une certaine aura auprès de ses soutiens. Mais les faits exposés lors du procès s’accumulent de manière accablante. Claude Guéant, autrefois surnommé le cardinal du sarkozysme, est devenu le bouc émissaire idéal. Cette stratégie risquée pourrait bien se retourner contre lui.

On attend ce verdict historique avec une attention particulière. Le 30 novembre pourrait marquer la fin définitive d’une longue ère sarkozyste. La justice doit s’appliquer de la même manière pour tous les citoyens, sans aucune exception, même pour un ancien président de la République.



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