Sondage Mai 2026 – Politique : L’effondrement du bloc central et le triomphe du « Parti du Rejet » (2/5)


Le baromètre de mai 2026 réalisé par l’institut MIS Group pour France-Soir et BonSens.org révèle un séisme politique d’une ampleur historique. Sur un échantillon représentatif de 1 200 Français âgés de 18 à 75 ans (méthode des quotas : sexe, âge, région, CSP), le fossé entre le pouvoir en place et les citoyens est devenu infranchissable. Le bloc central s’effondre, Emmanuel Macron cristallise un rejet à la fois politique, émotionnel et viscéral, et une force inédite émerge : le « Parti du Rejet » (23 % des électeurs qui refusent catégoriquement tout candidat issu des partis actuels).

Ce deuxième volet du sondage (vague du 30 avril au 4 mai 2026) complète le premier consacré au consensus souverainiste. Il montre que la quête de protectionnisme et de souveraineté économique s’accompagne d’une rupture totale avec l’exécutif actuel et d’un profond discrédit de l’offre politique existante.

Voici le décryptage des résultats.

 

 « Effondrement du bloc central et triomphe du parti du “rejet” »

Le titre de l’étude pose d’emblée le diagnostic sans ambiguïté : la France vit une grande fracture démocratique. L’image d’une mosaïque de citoyens de tous âges et horizons derrière une vitre brisée symbolise la rupture émotionnelle, institutionnelle et viscérale qui traverse la société. Ce n’est plus une simple crise de confiance : c’est un séisme qui touche tous les milieux sociaux et qui transforme durablement le paysage électoral. On observe une transversalité du phénomène : le rejet n’est plus l’apanage d’un camp politique, il est devenu un sentiment national partagé.

 

Le diagnostic d’un effondrement systémique

Le sondage identifie trois dimensions interconnectées de la crise :

  1. La rupture émotionnelle : le Président cristallise une défiance viscérale, marquée par la honte et le sentiment de division nationale.
  2. La faillite de l’État : l’exécutif est perçu comme déconnecté du bien commun et incapable de réformer le pays.
  3. Le séisme électoral : l’émergence spectaculaire d’une « force silencieuse » (23 % de rejet de tous les partis) qui bouscule même le Rassemblement National dominant.

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Ces trois dimensions ne sont pas juxtaposées : elles s’alimentent mutuellement et dessinent un système politique en train de se disloquer de l’intérieur.

 

Un rejet désormais émotionnel et viscéral du président Emmanuel Macron

Les chiffres sont sans appel :

  • 71 % des Français le considèrent comme un « mauvais président ».
  • 63 % déclarent avoir personnellement « honte » de lui.
  • 78 % estiment que ses actions divisent profondément le pays.

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Le rejet a franchi un cap décisif : il n’est plus seulement rationnel ou politique, il est devenu émotionnel et intime. Cette dimension personnelle, rarement mesurée à un tel niveau, explique pourquoi le simple remplacement d’un Premier ministre ou d’un gouvernement ne suffira pas à rétablir la confiance. La figure du Président concentre une hostilité qui transcende les clivages partisans traditionnels.

 

Le verdict citoyen : l’exigence d’une rupture immédiate

Face à ce rejet, les Français passent à l’acte :

  • 54 % demandent purement et simplement la démission du Président de la République.
  • Dont 40 % exigent qu’elle intervienne « au plus vite ».
  • 14 % supplémentaires la souhaitent dans les prochains mois.

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Ce n’est plus une grogne diffuse : c’est une majorité claire qui réclame une rupture immédiate avec l’actuel locataire de l’Élysée. Cette exigence de démission rapide traduit un ras-le-bol profond et une volonté de tourner la page sans attendre la fin du quinquennat.

 

Le gouvernement Lecornu : la compétence même de l’État remise en cause

Le discrédit s’étend à tout l’exécutif :

  • 71 % n’ont aucune confiance dans le gouvernement et l’exécutif actuel.
  • 78 % estiment que le gouvernement n’agit pas dans l’intérêt de la population.
  • 81 % le jugent totalement incapable de mettre en place les réformes nécessaires.

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La crise de confiance devient ici une crise de légitimité et de compétence de l’État lui-même. Ce n’est plus seulement le Président qui est contesté, c’est toute la machine gouvernementale qui est perçue comme incompétente et déconnectée des réalités des Français.

 

La métastase : une crise de l’offre politique globale

Le rejet ne s’arrête pas à l’exécutif. Il touche l’ensemble de la classe politique :
64 % des Français estiment qu’aucune personnalité politique actuelle n’incarne un futur positif pour le pays.

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Ce désaveu généralisé est sans précédent. Il prépare le terrain pour un séisme électoral inédit en créant un vide politique que les partis traditionnels peinent à combler.

 

Le rejet total comme première force politique au premier tour

Les intentions de vote au premier tour, à partir d’une liste de candidats potentiels dont plusieurs ont déjà annoncé leur candidature, confirment l’ampleur du phénomène :

  • « Aucune de ces personnes » : 23 % (première « force » pris individuellement).
  • Jordan Bardella (RN) : 21 %.
  • Marine Le Pen (RN) : 10 %.
  • Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, etc. : tous relégués entre 3 % et 6 %.

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Le « Parti du Rejet » devient la deuxième force politique de France, devançant toutes les formations traditionnelles à l’exception du RN. Cette donnée est historique : près d’un quart des électeurs refuse catégoriquement l’offre politique actuelle.

 

L’écosystème du Rejet : anatomie de la deuxième force politique de France

Le sondage décrypte avec précision les trois strates du rejet :

  • Rejet émotionnel (figure de Macron : honte et division).
  • Rejet institutionnel (81 % jugent le gouvernement impuissant).
  • Rejet électoral (23 %) : un bloc silencieux qui refuse catégoriquement l’offre politique existante.

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Ce n’est pas de l’apathie ni de l’abstention passive : c’est une demande structurelle de renouvellement total de la classe politique.

 

Les duels du second tour : la domination du RN face à un mur de refus

Quel que soit l’adversaire proposé (Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Attal, etc.), le RN domine largement. Mais surtout dans le cas d’un second tour entre un des candidats du RN et un autre candidat, qu’il soit de gauche ou de droite : entre 28 % et 45 % des électeurs refusent systématiquement de choisir au second tour. Le « front républicain » mécanique a bel et bien disparu.

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Le véritable arbitre de la prochaine élection présidentielle n’est plus la réserve de voix du centre, mais l’épaisseur du Mur du Rejet. Ce phénomène change radicalement la donne stratégique pour tous les partis.

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L’anatomie du Rejet : un système perçu comme incapable et illégitime

Synthèse chiffrée :

  • 81 % : le gouvernement est incapable de réformes.
  • 78 % : il n’agit pas dans l’intérêt de la population.
  • 64 % : aucune personnalité n’incarne un futur positif.
  • 58 % : seule une équipe hors du paysage actuel pourrait avoir la confiance des Français.

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Le lien politique entre les citoyens et leurs représentants est rompu. Seule une équipe politique extérieure au paysage actuel pourrait, selon une majorité, regagner la confiance des Français.

 

La déconnexion de l’exécutif : un divorce acté avec les citoyens

Le sondage détaille le divorce :

Rejet présidentiel : 71 % mauvais président, 63 % honte, 54 % démission, 76 % action néfaste pour l’économie.

Déconnexion des priorités : 82 % jugent le gouvernement totalement irréaliste sur les priorités des Français ; 75 % estiment que l’argent public est dépensé pour des causes étrangères plutôt que nationales.

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L’exécutif est perçu comme gouvernant contre son propre peuple, ce qui explique l’effondrement du bloc central au premier tour.

 

L’économie : le plébiscite massif pour la préférence nationale

Le sondage rappelle les urgences (inflation 37 %, immigration 14 %) et les solutions plébiscitées par les Français (première partie du sondage) :

  • 95 % : favoriser les produits français pour la consommation.
  • 92 % : imposer des droits de douane réciproques.
  • 88 % : préférence nationale pour les achats de l’État.

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Ces mesures souverainistes, soutenues par plus de 88 % des Français, sont en opposition frontale avec les traités européens défendus par les partis traditionnels. Cela renforce le lien direct avec le premier volet du sondage sur le consensus protectionniste.

 

La rupture géopolitique : le rejet de l’escalade guerrière

85 % des Français veulent une négociation de paix au plus vite en Ukraine.
75 % exigent que la France ne s’engage pas dans une posture guerrière sans l’aval du Parlement.
47 % estiment que le gouvernement n’a donné aucune raison d’intérêt national pour soutenir militairement l’Ukraine.
58 % voteraient pour un candidat priorisant les intérêts nationaux et la réduction de la dépendance à l’UE.

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Les Français refusent l’alignement automatique et exigent une politique étrangère centrée sur la France et ses intérêts.

 

L’Union Européenne : le rejet d’une tutelle jugée technocratique et corrompue

Le « Sovereignty Scorecard » est sans appel :

  • 67 % veulent une « Europe des Nations » (États souverains + accords commerciaux) contre seulement 12 % pour une Europe fédérale.
  • 72 % exigent un budget français souverain, indépendant de l’UE.
  • 81 % soutiennent la suspension des paiements à l’UE pour s’opposer aux décisions défavorables (ex. Mercosur).
  • 69 % jugent la corruption trop importante dans l’UE ; 55 % soupçonnent Ursula von der Leyen d’abus de pouvoir.

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L’euroscepticisme n’est plus marginal : il est devenu le centre de gravité de l’opinion publique française.

 

La crise médiatique : la fin du monopole de l’information officielle
  • 68 % estiment que TF1, France TV et BFM manquent totalement d’objectivité.
  • 47 % n’ont aucune confiance dans les médias traditionnels.
  • 64 % ne lisent plus la presse mainstream.
  • 49 % s’informent désormais principalement via les médias alternatifs.

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Les candidats qui comptent uniquement sur les médias traditionnels s’adressent à une minorité de plus en plus réduite. Cette fracture médiatique amplifie le rejet politique.

 

La fracture sanitaire : les conséquences durables de la gestion Covid

La gestion de la crise Covid a laissé des traces qui participent probablement à la fracture consommée avec les gouvernements sous la présidence d’Emmanuel Macron.

  • 82 % refusent de se faire vacciner lors de la prochaine campagne Covid.
  • 89 % veulent une enquête sur la hausse des cancers.
  • 55 % jugent anormal que le vaccin ARNm ne soit pas envisagé comme cause possible.
  • 78 % exigent que les données brutes de mortalité soient fournies à des chercheurs indépendants.

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La gestion de la crise Covid a durablement brisé la confiance dans l’État et constitue un terreau fertile pour le vote « Aucune de ces personnes ».

 

Synthèse : le recours inévitable à la démocratie directe
  • 73 % des Français sont favorables à l’utilisation massive du Référendum.
  • 38 % voteraient pour une sortie de l’Union Européenne, mais 40% voteraient contre, et 22% ne savent pas. Un résultat relativement équilibré entre les deux possibilités.  Rappel février 2026 : 36.2% voteraient pour une sortie de l’UE, 40.3% contre et 23.4% ne savent pas).
  • 28 % voteraient pour une sortie de l’Euro alors que 51% y sont encore défavorables et 21% ne savent pas.

Les Français ne sont pas apathiques (52 % se disent très intéressés par la politique) : ils sont hautement politisés et exigent de reprendre le volant face à une classe dirigeante jugée illégitime.

 

Conclusion

Ce sondage acte un divorce historique entre les Français et la classe politique dominante. Le bloc central s’effondre, le « Parti du Rejet » (23 %) devient la deuxième force du pays, et le RN domine les intentions de vote.

Au-delà des chiffres partisans, les Français exigent à la fois une rupture immédiate avec Macron et le gouvernement, une souveraineté économique et frontalière pleine, une Europe des Nations, la fin de l’alignement guerrier, la transparence sur la gestion Covid, et surtout 73 % veulent reprendre le pouvoir via la démocratie directe (référendums).

Le message est limpide : les Français ne veulent plus être gouvernés contre leur volonté. Ils veulent reprendre le contrôle de leur destin national. Le séisme électoral annoncé par ce sondage pourrait bien redessiner entièrement le paysage politique français dans les mois à venir.

 

Méthodologie et marge d’erreur

L’enquête a été menée par MIS Group (Shopper Union France SAS) pour France-Soir / BonSens.org entre le 30 avril et le 4 mai 2026 sur 1 200 répondants représentatifs. Les marges d’erreur sont très faibles (ex. : ±2,8 points pour un résultat à 50 %). 

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Retrouvez le décryptage vidéo de cet article : 





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