Le baromètre de mai 2026 réalisé par l’institut MIS Group pour France-Soir et BonSens.org révèle un tournant historique dans la relation des Français à l’information. Sur le même échantillon représentatif de 1 200 personnes âgées de 18 à 75 ans (méthode des quotas : sexe, âge, région, CSP), la vague du 30 avril au 4 mai 2026 confirme que le divorce avec les médias traditionnels n’est plus une simple érosion : c’est un exode massif et structuré.
Ce quatrième volet de la série (après le consensus souverainiste, le triomphe du « Parti du Rejet » et la crise sanitaire) boucle le cercle : la défiance vis-à-vis de l’État (71 %) et des politiques de santé alimente directement le rejet des médias qui en sont les relais. Les citoyens ne se détournent plus passivement ; ils boycottent activement et migrent massivement vers des sources alternatives. La défiance n’est plus seulement politique ou sanitaire, elle est devenue médiatique et systémique.
Synthèse : le Cercle de la Défiance
Le sondage décrit un cercle vicieux parfaitement bouclé en quatre étapes :
- Défiance institutionnelle (l’État ne suscite plus la confiance)
- Perte d’objectivité perçue des médias traditionnels
- Exode massif vers les médias alternatifs
- Renforcement de la défiance institutionnelle.

Ce cercle auto-alimenté explique pourquoi le rejet des médias n’est plus marginal : il est devenu la norme majoritaire. Le vide laissé par la presse mainstream profite à de nouveaux acteurs, validant l’idée que les institutions protègent un narratif qui ne correspond plus à la réalité vécue par la population.
Le socle de la rupture : la défiance de l’État
71 % des Français déclarent ne pas avoir confiance dans le gouvernement actuel.
Ce chiffre colossal constitue le socle de tout le reste. Sans confiance au sommet de l’État, le discours officiel – et donc les médias qui le relaient – perd toute légitimité.

La défiance institutionnelle est le point de départ du cercle.
Le constat : une perte d’objectivité massive
68 % des Français estiment que les grandes chaînes (TF1, France TV, BFM) manquent totalement d’objectivité. Ce chiffre est en hausse significative par rapport aux 65 % de février : l’accélération est dangereuse. La défiance n’est plus marginale ; elle est devenue la norme.

Les citoyens ne voient plus les chaînes historiques comme des vecteurs d’information neutre, mais comme les défenseurs d’un narratif biaisé.
Focus service public : l’exigence de pluralisme bafouée
- 55 % jugent que les médias du service public ne respectent pas le pluralisme.
- 66 % estiment que la commission d’enquête sur l’audiovisuel public révèle des dérives et le mauvais usage des fonds publics.

Le citoyen se sent doublement lésé : trompé sur le plan intellectuel et spolié sur le plan financier. Le service public, financé par l’impôt, est particulièrement dans le viseur.
Conséquence directe : l’exode médiatique
64 % des Français déclarent désormais ne plus lire ou écouter la presse mainstream.
Ce chiffre bondit par rapport aux 56 % de février. Il ne s’agit plus d’une simple baisse d’audience, mais d’un boycott actif.

Le divorce avec l’information officielle est acté par près de deux tiers de la population.
La sanction populaire : couper les vivres
49 % estiment que les aides et subventions aux médias devraient être totalement suspendues.

L’exode s’accompagne d’une volonté de sanction financière claire. Les Français refusent de financer par l’impôt un écosystème médiatique qu’ils jugent défaillant et partial.
Le basculement : l’avènement des médias alternatifs
49 % de la population s’informe aujourd’hui principalement par des médias alternatifs (contre 47 % en février).

Le vide laissé par la presse traditionnelle est activement comblé. Les médias alternatifs ne sont plus une niche : ils constituent désormais une source d’information primaire pour la moitié du pays.
La matrice de confiance : un public lucide, pas crédule
Le sondage dresse une matrice très claire :
- Médias traditionnels : rejet massif 68 %.
- Médias alternatifs : source primaire 49 %.
- Réseaux sociaux : défiance active (seulement 17 % de confiance, 75 % de défiance).

La bascule vers les alternatives est un choix actif et critique. L’effondrement de la presse classique ne profite pas aveuglément à Internet : le citoyen français exerce un tri lucide et rejette massivement la fiabilité des réseaux sociaux bruts.
L’intensité de l’information : un citoyen engagé
Malgré le rejet des médias traditionnels, les Français restent très impliqués :
- 32 % s’informent plusieurs fois par jour (et 34 % quotidiennement).
- 83 % y consacrent jusqu’à 2 heures par jour.

Le rejet de la narration officielle ne traduit pas un désintérêt pour la chose publique. Au contraire, le public est assidu et cherche activement à reconstituer une information fiable par lui-même.
Cas pratique : quand le narratif officiel se brise (la santé)
La crise sanitaire agit comme le révélateur absolu du cercle de la défiance :
- 56 % estiment que les médias ont mal informé sur les risques de la vaccination.
- 50 % déclarent que ce sont les mensonges du gouvernement qui leur ont fait perdre confiance.
- 49 % jugent que le rapport officiel sur la désinformation en santé n’est pas objectif.

Ce cas concret montre comment la perte de confiance dans l’exécutif et les médias se nourrissent mutuellement.
Synthèse : le nouveau paysage de l’Information
Le sondage conclut sur trois points majeurs :
- La rupture est consommée : le narratif officiel n’est plus aligné avec la réalité vécue.
- Un écosystème bifurqué : la majorité de la population se trouve désormais hors de la sphère d’influence des médias d’État et des grandes chaînes privées (64 % d’exode).
- La quête de sens, pas le chaos : ce n’est pas une fuite vers la désinformation algorithmique (rejet des réseaux sociaux à 75 %), mais une recherche active, quotidienne et exigeante d’alternatives indépendantes.

Conclusion
Ce quatrième volet boucle le cercle de la défiance révélé par toute la série. La défiance envers l’État (71 %), les politiques de santé et les médias traditionnels (68 % de rejet d’objectivité) alimente un exode massif (64 %) vers les médias alternatifs (49 % de source primaire).
Les Français ne sont ni apathiques ni crédues : ils sont engagés (83 % y consacrent jusqu’à 2 heures par jour), lucides (rejet massif des réseaux sociaux bruts) et exigeants. Ils sanctionnent financièrement (49 % pour la suppression des subventions) et intellectuellement un système médiatique qu’ils jugent partial et déconnecté.
Le « Cercle de la Défiance » est désormais complet et auto-alimenté. Les institutions traditionnelles (État, médias, service public) ont perdu la bataille de la confiance. Le nouveau paysage de l’information est bifurqué, et la majorité des Français a déjà choisi son camp : celui de la recherche active de vérité, hors des narratifs officiels.
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Méthodologie et marge d’erreur
L’enquête a été menée par MIS Group (Shopper Union France SAS) pour France-Soir / BonSens.org entre le 30 avril et le 4 mai 2026 sur 1 200 répondants représentatifs. Les marges d’erreur sont très faibles (ex. : ±2,8 points pour un résultat à 50 %).

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