À Gignac, dans l’Hérault, Franck Bertrand a troqué ses vignes contre un océan de fleurs. Pendant trois semaines en mai, son champ multicolore attire les foules en quête de couleurs et de parfums inédits.
Le vignoble héraultais est mondialement connu pour ses crus, mais à Gignac, la vigne a laissé place à une autre culture, tout aussi exigeante et fascinante. Franck Bertrand, ancien vigneron, a décidé il y a près de trente ans de diversifier son activité. Au moment de replanter une parcelle, il a choisi l’iris plutôt que le raisin. Une décision qui a transformé quelques hectares de terre en un véritable jardin botanique vivant.
Sur un hectare de terrain, plus de 600 variétés d’iris s’épanouissent chaque année. Des noms évocateurs comme Wedding Candles, Crystal Blue ou Sound of Gold ponctuent les allées. La floraison, qui dure trois semaines en mai, offre un spectacle saisissant : du blanc immaculé de la Paris Kiss au noir profond de la Black Swan, la gamme des couleurs est immense.
Les formes varient tout autant que les teintes, et les parfums. Certains iris arborent des pétales frangés, d’autres des branches multiples, et on y décèle des notes de pamplemousse, de chocolat ou de vanille. Cette richesse sensorielle explique l’engouement du public.
Il y a trente ans, Franck Bertrand a découvert la fleur. Il raconte à Midi Libre : « J’ai vu l’effet que ça avait sur moi ». Ce coup de cœur l’a poussé à se former et à se spécialiser. Il a abandonné la viticulture pour se consacrer entièrement à l’horticulture. Sa démarche s’inscrit dans une logique de diversification agricole. Face aux aléas du marché viticole, l’iris offre une alternative stable, car la plante est vivace et se reproduit facilement, garantissant une pérennité à la culture. Il a ainsi créé une activité durable, ancrée dans le terroir méditerranéen.