63 % des électeurs américains suspectent une dissimulation du rôle de la Chine dans l’origine du COVID-19, selon un sondage Rasmussen Reports (mai 2026)
Près de six ans après l’émergence du SARS-CoV-2, deux sondages indépendants réalisés à quelques jours d’intervalle de part et d’autre de l’Atlantique révèlent une même réalité : la défiance envers les autorités sanitaires et les institutions n’est pas une parenthèse conjoncturelle, mais une fracture profonde et durable. Tandis que les Américains soupçonnent massivement un cover-up impliquant la Chine et le Dr Anthony Fauci, les Français pointent les « mensonges du gouvernement » et exigent transparence et enquêtes indépendantes. Deux visions nationales d’un même phénomène transnational.

Aux États-Unis, 63 % des électeurs suspectent une dissimulation du rôle de la Chine
Selon un sondage Rasmussen Reports réalisé du 10 au 12 mai 2026 auprès de 1 060 électeurs américains probables (marge d’erreur ±3 %), une majorité écrasante continue de douter de la version officielle des origines de la pandémie.
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63 % estiment qu’il est « probable » que certains responsables américains aient participé à une dissimulation du rôle de la Chine dans l’origine du COVID-19 (43 % « très probable », 20 % « assez probable »). Seuls 25 % jugent cela peu ou pas probable.

- Sur le Dr Anthony Fauci et la recherche « gain of function » : 38 % des électeurs se disent familiers du sujet. Parmi l’ensemble des sondés, 43 % estiment que le scientifique n’a pas dit la vérité sur le financement américain de ce type de recherches à Wuhan, contre 36 % qui le pensent sincère.
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59 % considèrent probable que les effets secondaires des vaccins anti-COVID aient provoqué « un nombre significatif de morts inexpliquées » (37 % « très probable »).

Ces résultats, publiés le 14 mai 2026, confirment une méfiance qui traverse le temps : les chiffres sont stables, voire légèrement en baisse par rapport aux sondages Rasmussen de 2023, mais restent majoritaires. Ils interviennent alors que de nouveaux témoignages de lanceurs d’alerte sur l’influence de Fauci dans les analyses de renseignement refont surface.
Parallèles avec la France – une défiance qui s’enracine et contamine toute la politique de santé
À peine une semaine plus tôt (30 avril-4 mai 2026), le sondage MIS Group réalisé pour France-Soir et BonSens.org auprès de 1 200 Français représentatifs (18-75 ans, quotas, marge d’erreur ±2,8 %) dresse un tableau tout aussi alarmant, mais plus ancré dans le quotidien sanitaire hexagonal.
Points de convergence frappants :
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Dissimulation et mensonges des autorités : Aux États-Unis, 63 % pointent un cover-up sino-américain. En France, 50 % attribuent explicitement leur défiance aux « mensonges du gouvernement » (hausse de 3 points depuis février 2026). Dans les deux pays, les citoyens rejettent massivement la thèse selon laquelle les réseaux sociaux ou les « antivax » seraient les principaux coupables : 64 % des Français l’affirment clairement.

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Effets secondaires et mortalité : 59 % des Américains suspectent les vaccins d’avoir causé des morts inexpliquées significatives. En miroir, 54 % des Français estiment qu’il existe « beaucoup d’effets secondaires » liés aux vaccins COVID, et 46 % déclarent en avoir personnellement ressenti (dont 15 % importants à majeurs). La défiance s’étend : 82 % refusent la nouvelle campagne vaccinale anti-COVID et 71 % refusent même le vaccin contre la grippe.

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Exigence de transparence : Aux États-Unis, la question du financement de la recherche « gain of function » cristallise le doute sur Fauci. En France, 78 % exigent que toutes les données de mortalité par statut vaccinal soient ouvertes aux chercheurs indépendants, tandis que 89 % demandent des enquêtes immédiates sur la « hausse explosive des cancers » perçue par 65 % des sondés. 55 % jugent même « anormal » que le gouvernement refuse d’évoquer un éventuel lien avec la technologie ARNm.

- Adhésion de principe érodée : Si 70 % des Français restent encore attachés au principe général de la vaccination (baisse significative depuis 2025), l’adhésion concrète s’effondre sur les vaccins actuels. Aux États-Unis, l’érosion est similaire, comme le montrent les informations du CDC, ce qui est confirmé dans ce sondage par la persistance de la suspicion sur les décès.
Une crise de confiance structurelle et transatlantique
Au-delà des chiffres, ces deux enquêtes dessinent un même diagnostic géopolitique et sociétal de première grandeur. La pandémie de COVID-19 n’a pas seulement été une crise sanitaire ; elle a été un révélateur et un amplificateur d’une crise de légitimité des élites scientifiques, politiques et médiatiques. Aux États-Unis, la défiance prend une coloration géostratégique (Chine, laboratoire de Wuhan, rôle de Fauci). En France, elle est plus introspective et institutionnelle (gouvernement, ministre de la Santé, conflits d’intérêts perçus).

Ce qui frappe à ce niveau d’analyse est la transnationalité du phénomène : mêmes causes perçues (opacité, communication jugée mensongère, absence de débat pluraliste), mêmes demandes (transparence totale des données, enquêtes indépendantes, écoute des voix dissidentes). La défiance n’est plus « anti-vaccin » au sens idéologique ; elle est devenue une défiance anti-opacité et anti-autoritarisme dans la gouvernance de la santé publique.

À l’heure où les organisations internationales (OMS en tête) préparent de nouveaux traités pandémiques, ces sondages sonnent comme un avertissement majeur : sans restauration radicale de la confiance par la vérité et la transparence, toute nouvelle politique sanitaire risque de se heurter à un mur de scepticisme massif, y compris chez les populations autrefois les plus confiances. La fracture n’oppose plus « pro » et « anti », mais citoyens exigeant du « bon sens » et institutions perçues comme ayant perdu leur boussole éthique.

La pandémie aura ainsi laissé une empreinte durable : elle a transformé la relation entre le peuple et l’État sanitaire en une relation de défiance vigilante. Restaurer cette confiance exigera bien plus que des campagnes de communication ; elle passera nécessairement par une mise à plat complète des données, une reconnaissance des erreurs et une refondation démocratique de la décision en santé publique.
