Niamey et Alger renforcent leur alliance autour de l’énergie et des hydrocarbures

La coopération entre Niamey et Alger a connu une nouvelle avancée le 3 juin 2026, avec la visite officielle au Niger du Premier ministre algérien Sifi Ghrieb. Reçu par le président Abdourahamane Tiani, le chef du gouvernement algérien était à Niamey pour l’inauguration de la centrale électrique de solidarité algéro-nigérienne de 40 mégawatts, installée à Gorou Banda.

L’Agence nigérienne de presse (ANP) rapporte que cette infrastructure a été réalisée dans un délai particulièrement court, après la pose de sa première pierre en mars dernier lors de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne. Elle doit renforcer l’approvisionnement en électricité du Niger et soutenir les ambitions économiques et industrielles du pays.

Pour Niamey, l’enjeu est clair : réduire les difficultés d’accès à l’énergie et avancer vers une plus grande souveraineté énergétique. Lors de la cérémonie, le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine a souligné que la centrale contribuera à améliorer la desserte électrique, à soutenir les investissements et à accompagner la transformation économique du Niger.

La centrale de Gorou Banda symbolise un partenariat en pleine accélération

Cette inauguration ne se limite pas à un projet technique. Elle illustre aussi le nouveau rythme des relations entre les deux pays. Sifi Ghrieb a présenté la centrale comme la preuve que la coopération algéro-nigérienne entre dans une phase marquée par l’efficacité et la mise en œuvre concrète des engagements politiques.

Dans ce contexte, la centrale de 40 MW apparaît comme le symbole le plus visible d’un partenariat que Niamey et Alger souhaitent inscrire dans la durée, autour d’intérêts communs, de la souveraineté économique et d’une vision africaine du développement.

Le rapprochement entre les deux pays se poursuit aussi dans le secteur pétrolier. Alger et Niamey ont engagé de nouvelles discussions autour du développement des hydrocarbures, notamment autour du bloc pétrolier de Kafra, situé dans la zone frontalière entre les deux pays.

Ces discussions portent sur le transfert de compétences, le renforcement des capacités d’exploration et l’accompagnement du Niger dans la valorisation de ses ressources énergétiques. Des mémorandums d’entente ont été annoncés entre Sonatrach et la Sonidep dans les domaines de l’exploration, du forage et de la distribution pétrolière.

La coopération Sud-Sud s’ancre dans le concret

Les échanges entre Abdourahamane Tiani et Sifi Ghrieb ont également permis de faire le point sur les décisions prises après la visite du président nigérien en Algérie en février 2026, puis lors de la Commission mixte organisée en mars à Niamey.

Les deux parties veulent désormais assurer un suivi régulier des projets déjà engagés, notamment dans l’énergie, les hydrocarbures, les infrastructures, la santé, la formation, l’enseignement supérieur, la numérisation et les transports.

Sur le plan régional, les responsables nigériens et algériens ont évoqué les défis liés au Sahel, en réaffirmant leur volonté de poursuivre la concertation sur la stabilité, la sécurité et le développement. 

Cette dynamique constitue un modèle de coopération Sud-Sud fondé sur la solidarité, la complémentarité et le respect mutuel. Elle montre aussi la volonté de Niamey et d’Alger de renforcer des partenariats régionaux capables de répondre directement aux besoins des populations, en privilégiant des solutions régionales et des coopérations fondées sur le respect mutuel.

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