
I l jouissait d’une réputation irréprochable pourtant la liste des plagiats d’Étienne Klein est spectaculaire ! Physicien au CEA, chroniqueur apprécié de France Culture, auteur prolifique chez Flammarion et Gallimard — il incarnait, aux yeux du grand public, la figure du savant brillant capable de rendre la physique accessible à tous. Ce château de cartes s’effondre aujourd’hui sous le poids d’une révélation fracassante : des dizaines de plagiats documentés, couvrant plus de trente ans de carrière. Il n’est pas question juste de sa thèse de doctorat, loin de là !
Une enquête qui commence par la thèse
Tout démarre en août 2024, quand le journaliste Jean Abbiateci et son confrère Loris Guémart publient une enquête fouillée sur le média Arrêt sur Images. Leur cible : la thèse de doctorat d’Étienne Klein, soutenue en 1999 et publiée en 2000. Le résultat est accablant. Le document de recherche est « constellé de plagiats », selon les termes mêmes de l’enquête. Des passages entiers y sont recopiés mot pour mot, sans guillemets ni références, à partir de travaux d’autres chercheurs.
Mais Abbiateci ne s’arrête pas là. Il continue de creuser et publie ses trouvailles au fil des mois sur Bluesky, compilant chaque nouveau cas dans un document Google accessible à tous. À ce jour, ce sont 69 plagiats distincts qui y sont répertoriés — et le compteur tourne encore.
Un pillage systématique sur toute une carrière
Ce qui stupéfie dans cette affaire, c’est l’ampleur et la durée du phénomène. Les premiers plagiats identifiés remontent à 1991, dans Conversations avec le Sphinx, son tout premier livre. Le dernier en date concerne Transports physiques, paru chez Gallimard en 2025. Entre les deux, pas un support n’est épargné : livres de vulgarisation, chroniques France Culture, articles dans Le Monde Diplomatique, Les Échos, notices pour l’Encyclopædia Universalis, rapports officiels du CEA, conférences à l’ENS ou à la Sorbonne.
La liste des auteurs pillés est aussi longue que diverse. On y trouve des physiciens de renom comme Werner Heisenberg, Alain Aspect (Prix Nobel) ou Roger Balian. Mais aussi des philosophes — Jacques Bouveresse, Bruno Latour, Jean-Pierre Dupuy — des journalistes scientifiques, des vulgarisateurs étrangers jamais mentionnés en bibliographie.
L’un des cas les plus savoureux, si l’on ose dire, est le #18 : Klein aurait plagié Jean-Gabriel Ganascia, chercheur spécialisé dans… la détection informatique du plagiat.
Plagiats d’Étienne Klein : un recyclage industriel
Au-delà du simple copier-coller, l’enquête révèle une mécanique bien huilée de recyclage systématique. Un passage volé à un auteur ne sert pas qu’une fois. Il réapparaît dans un livre, puis dans une chronique radio, puis dans un article de presse, parfois sur plusieurs décennies. Le cas Claude Debru en est l’exemple parfait : un même texte pillé se retrouve dans un livre, des articles, des conférences et des émissions de radio. Klein avait simplement constitué un stock de matière intellectuelle empruntée, qu’il redistribuait selon les besoins du moment.
Une impunité qui interroge !
Ce scandale pose une question inconfortable : comment une telle pratique a-t-elle pu durer aussi longtemps sans être sanctionnée ni être détectée plus tôt ? Des signaux d’alerte existaient pourtant dès 2016, relevés par d’autres journalistes et chercheuses. Klein continuait néanmoins à publier, à intervenir en public et à jouir d’une visibilité médiatique considérable avec un mépris souverain de l’éthique. Son livre de 2008, Allons-nous liquider la science ?, truffé de plagiats selon l’enquête, avait même reçu le prix Thorel de l’Académie des Sciences Morales et Politiques.
L’affaire dépasse désormais le seul cas d’Étienne Klein. Elle soulève des questions structurelles sur les mécanismes de validation dans le monde de l’édition et de la vulgarisation scientifique française — un milieu où la célébrité médiatique peut, visiblement, tenir lieu de caution intellectuelle pendant très longtemps.
D’autant que son cas n’est pas unique. On France on a connu le cas du grand rabbin de France Gilles Bernheim qui a plagié un livre ou usurpé un titre d’enseignant également. UVdL a également plagié sa thèse de médecine ! De nombreux chroniqueurs de CNEWS ont été accusés de plagiats : Rachel Kahn, Macé-Scaron… Sans oublier le fameux CopyComic…
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