![Texte complet du « Mémorandum d'accord - MoU » publié par l'Iran [Trad. Fr.]](https://i0.wp.com/www.lelibrepenseur.org/wp-content/uploads/2026/06/MoU-USA-Iran-guerre-juin-2026.png?fit=768%2C429&ssl=1)
La publication par l’Iran d’un texte présenté comme un mémorandum d’accord avec les États-Unis a immédiatement suscité des réactions dans le monde entier. Son contenu est tellement spectaculaire qu’il soulève autant de questions que de commentaires. Ce document décrit une série d’engagements censés mettre fin aux hostilités entre les deux pays et ouvrir une nouvelle phase diplomatique. Il est urgent et essentiel de le publier en français afin que tous puissent le lire, ce qui ne sera jamais fait sur nos médias corrompus.
Pourtant, de nombreux spécialistes s’interrogent sur son authenticité politique réelle et sur son niveau d’acceptation à Washington, comme s’il n’était pas réel et signé par Trump !
Mémorandum d’accord : une victoire évidente de la diplomatie iranienne
Une lecture attentive montre rapidement un déséquilibre frappant entre les concessions accordées à l’Iran et les contreparties attendues. C’est précisément ce qui explique pourquoi certains observateurs parlent déjà d’un scandale diplomatique majeur. Le document prévoit une cessation immédiate des opérations militaires sur tous les fronts, y compris le Liban et Gaza. Il évoque aussi l’arrêt des menaces mutuelles ainsi qu’une reconnaissance réciproque de la souveraineté des deux États. Ce qui a déjà été signé par Washington aux accords d’Alger le 19 janvier 1981 et jamais respecté !
En apparence, ces dispositions semblent annoncer une détente historique. Toutefois, derrière ces déclarations très ambitieuses se cachent des engagements beaucoup plus lourds pour les États-Unis. C’est cette différence qui nourrit aujourd’hui les débats autour de cet accord Iran États-Unis.
Washington s’engagerait à retirer progressivement son blocus naval contre l’Iran. Le trafic maritime serait rétabli dans le golfe Persique et dans le détroit d’Ormuz. Les forces américaines présentes à proximité du territoire iranien devraient également être redéployées après l’accord final. Dans le même temps, les États-Unis autoriseraient immédiatement les exportations de pétrole iranien grâce à des dérogations du Trésor américain. Les transactions bancaires, les assurances et les services liés au commerce seraient également réactivés.
Le texte prévoit aussi la restitution complète des avoirs iraniens gelés à l’étranger. Plus impressionnant encore, Washington et ses partenaires régionaux s’engageraient à mettre en place un plan de reconstruction d’au moins 300 milliards de dollars. Une telle somme représenterait l’un des plus importants programmes économiques jamais envisagés dans la région.
Face à ces engagements gigantesques, les obligations iraniennes apparaissent beaucoup plus limitées. Téhéran réaffirme simplement qu’il ne développera pas d’armes nucléaires et accepte d’aborder la question du stock d’uranium enrichi sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Plusieurs éléments essentiels sont d’ailleurs renvoyés à des négociations futures. Autrement dit, une grande partie des garanties définitives reste encore à définir.
Cependant, plusieurs clauses du texte posent des problèmes juridiques et politiques considérables sauf que depuis le début de cette guerre rien n’a été respecté juridiquement ! Les États-Unis ne disposent pas du pouvoir de supprimer seuls certaines résolutions internationales mais peuvent tout de même les imposer car c’est la loi de la jungle qui règne. Certes les décisions du Conseil de sécurité des Nations unies dépendent du vote de plusieurs pays soumis lamentablement à Washington. Les résolutions du Conseil des gouverneurs de l’AIEA ne peuvent pas non plus être annulées par une simple décision américaine mais ne seront pas respectées ni induire des sanctions. C’est Washington qui mène la danse.
Netanyahu semeur de guerre et de chaos
D’autres dispositions soulèvent également des interrogations et ce point est le plus crucial. Le texte mentionne la garantie de la souveraineté du Liban ainsi que la fin des hostilités sur tous les fronts. Or plusieurs acteurs impliqués dans ces tensions ne sont pas signataires du document. D’autant que le Washington Post vient de publier un article explosif concernant la volonté de sabotage de cet accord de paix par Netanyahu.
La question du détroit d’Ormuz apparaît aussi particulièrement sensible. Le mémorandum prévoit des discussions avec Oman et les autres États riverains afin d’organiser son administration future. Une telle évolution pourrait avoir des conséquences stratégiques majeures pour le commerce mondial.
L’Iran sort gagnant de cette guerre selon de nombreux observateurs
Malgré toutes ces incertitudes, une question revient sur les plateaux télé occidentaux : qui serait le véritable gagnant d’un tel accord Iran-États-Unis si toutes les dispositions entraient effectivement en vigueur ? La réponse semble relativement claire. L’Iran obtiendrait une victoire diplomatique, économique et stratégique considérable. Son pétrole retrouverait rapidement les marchés internationaux. Les milliards de dollars actuellement gelés redeviendraient disponibles. Les investissements étrangers pourraient revenir progressivement dans le pays. L’économie iranienne profiterait alors d’un souffle nouveau après des années de sanctions. En parallèle, Téhéran conserverait son programme nucléaire civil tout en poursuivant les discussions sur les points les plus sensibles.
Sur le plan régional, la République islamique pourrait également consolider sa position géopolitique. De leur côté, les États-Unis accepteraient d’importantes concessions avant même la conclusion définitive des négociations. C’est précisément ce déséquilibre qui alimente les critiques. Certains experts estiment que la République islamique sortirait renforcée sur presque tous les plans.
Il faut dire, et Trump l’a répété à de nombreuses reprises après la signature de du MoU à Versailles : la fermeture du détroit était en train d’asphyxier le commerce mondial !
Au-delà du contenu lui-même, cette affaire révèle surtout l’importance de la guerre de communication entre Washington et Téhéran. La publication d’un tel document permet aussi d’influencer l’opinion publique et les négociations en cours. Chaque camp cherche naturellement à présenter les discussions sous un angle favorable à ses intérêts. C’est pourquoi la prudence reste indispensable. À ce stade, le texte diffusé par l’Iran ressemble davantage à une feuille de route idéale qu’à un accord pleinement validé. Pourtant, son contenu suffit déjà à provoquer des réactions importantes dans plusieurs capitales. Les enjeux économiques, militaires et énergétiques dépassent largement les frontières iraniennes.
Une évolution majeure dans ce dossier pourrait avoir des conséquences sur le prix du pétrole, sur la stabilité du Moyen-Orient et sur les équilibres internationaux. Une certitude demeure néanmoins. Si les dispositions publiées devaient être appliquées dans leur intégralité, la République islamique d’Iran apparaîtrait comme le principal bénéficiaire de cet accord. C’est précisément cette perspective qui explique pourquoi ce mémorandum fait déjà autant parler et pourquoi il risque encore d’alimenter de nombreuses controverses dans les semaines à venir.
La place de Tel-Aviv constitue également l’une des grandes inconnues de cet éventuel accord Iran États-Unis. Le texte publié par Téhéran évoque une cessation permanente des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban. Or Israël n’est pas partie prenante de ce mémorandum et conserve sa propre stratégie sécuritaire.
Plusieurs analystes estiment que le gouvernement de Benjamin Netanyahu voit d’un très mauvais œil un rapprochement entre Washington et Téhéran. Depuis plusieurs années, le Premier ministre israélien considère le programme nucléaire iranien comme une menace existentielle. Dans ce contexte, certains observateurs avancent que la poursuite des frappes israéliennes au Liban pourrait compliquer, voire fragiliser, les perspectives d’un accord durable. Les bombardements visant des positions liées au Hezbollah entretiennent un climat d’instabilité régionale incompatible avec une désescalade générale.
Les partisans d’un règlement diplomatique redoutent ainsi qu’une extension du conflit ne fasse dérailler les négociations avant même la conclusion d’un accord final. D’autres rappellent toutefois que les priorités sécuritaires israéliennes restent indépendantes des discussions entre Washington et Téhéran, ce qui laisse planer une forte incertitude sur la capacité réelle d’imposer une paix durable sur l’ensemble des fronts régionaux.
Pour conclure, on aimerait bien savoir ce que pense le rav Ron Chaya concernant ce MoU lui qui affirmait en 2024 que la guerre serait rapide et que le machaikh est déjà là…
La République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique ont conjointement convenu, de bonne foi, des dispositions suivantes :
1. La République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique, ainsi que leurs alliés dans le conflit en cours, déclarent, par la signature du présent Mémorandum d’accord, la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban. Ils s’engagent, à compter de ce jour, à ne pas engager de guerre ni d’opération militaire contre l’autre partie, à s’abstenir de toute menace ou de tout recours à la force contre l’autre partie, et à garantir l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban. L’Accord final confirmera la cessation permanente des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, ainsi que les autres dispositions du présent article.
2. La République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique s’engagent à respecter mutuellement leur souveraineté et leur intégrité territoriale et à s’abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures de l’autre partie.
3. La République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique s’engagent à négocier et à conclure l’Accord final dans un délai maximum de 60 jours, prorogeable d’un commun accord.
4. Dès la signature du présent Mémorandum d’accord, les États-Unis d’Amérique entameront le retrait de leur blocus naval et de toute entrave ou perturbation à l’encontre de la République islamique d’Iran, et lèveront intégralement ce blocus naval dans un délai de 30 jours. Pendant cette période, le trafic maritime sera rétabli proportionnellement aux volumes de trafic d’avant-guerre, tels que restaurés par la République islamique d’Iran. Les États-Unis d’Amérique s’engagent également à retirer leurs forces de la proximité de la République islamique d’Iran dans un délai de 30 jours suivant la conclusion de l’Accord final.
5. Dès la signature du présent Mémorandum d’accord, la République islamique d’Iran prendra les dispositions nécessaires pour assurer le passage sûr des navires commerciaux, sans frais, pendant une période de 60 jours seulement, du golfe Persique à la mer d’Oman et vice versa. Le trafic des navires commerciaux débutera immédiatement. Compte tenu de la nécessité de lever les obstacles techniques et militaires ainsi que du déminage par la République islamique d’Iran, ces mesures seront mises en œuvre dans un délai de 30 jours. La République islamique d’Iran engagera un dialogue avec le Sultanat d’Oman afin de définir l’administration future et les services maritimes dans le détroit d’Ormuz, en concertation avec les autres États riverains du golfe Persique, conformément au droit international applicable et aux droits souverains des États côtiers du détroit d’Ormuz.
6. Les États-Unis d’Amérique s’engagent, avec des partenaires régionaux, à élaborer un plan définitif et mutuellement agréé d’un montant minimum de 300 milliards de dollars américains, destiné à la reconstruction et au développement économique de la République islamique d’Iran. Les modalités de mise en œuvre de ce plan seront finalisées dans le cadre de l’Accord final, dans un délai de 60 jours. Toutes les licences, dérogations et autorisations nécessaires aux transactions financières concernées seront accordées par les États-Unis d’Amérique.
7. Les États-Unis d’Amérique s’engagent à lever tous les types de sanctions contre la République islamique d’Iran, y compris les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, les résolutions du Conseil des gouverneurs de l’AIEA et toutes les sanctions unilatérales américaines, primaires et secondaires, selon un calendrier convenu dans le cadre de l’Accord final. La République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique reconnaissent l’importance cruciale de la question de la levée des sanctions susmentionnée et expriment leur intention d’y donner suite immédiatement dans le cadre des négociations afin d’aboutir à un accord mutuel sur ce point.
8. La République islamique d’Iran réaffirme qu’elle ne se procurera ni ne développera d’armes nucléaires. La République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique sont convenus de régler la question du sort du matériel enrichi stocké selon un mécanisme qui sera mutuellement agréé, conformément au calendrier mentionné au paragraphe 7, avec pour méthodologie minimale la dilution sur site, sous la supervision de l’AIEA. Les deux parties conviennent également d’examiner la question de l’enrichissement ainsi que d’autres questions mutuellement convenues liées aux besoins nucléaires de la République islamique d’Iran, sur la base d’un cadre satisfaisant qui sera agréé dans l’Accord final. La République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique reconnaissent l’importance cruciale des questions nucléaires susmentionnées et expriment leur intention d’y donner suite immédiatement dans le cadre des négociations afin d’aboutir à un accord mutuel sur ce point.
9. Dans l’attente de l’Accord final, la République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique conviennent de maintenir le statu quo : la République islamique d’Iran conservera le statu quo actuel de son programme nucléaire, et les États-Unis d’Amérique ne prendront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région.
10. Les États-Unis d’Amérique s’engagent à ce que, dès la signature du présent Mémorandum d’accord et jusqu’à la levée des sanctions, le Département du Trésor des États-Unis délivre des dérogations pour l’exportation du pétrole brut iranien, des produits pétroliers et de leurs dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc.
11. Les États-Unis d’Amérique s’engagent à rendre pleinement disponibles à l’utilisation les fonds et actifs gelés ou restreints de la République islamique d’Iran dès la mise en œuvre du présent Mémorandum d’accord. La République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique conviendront mutuellement des procédures relatives à la libération de ces fonds au cours des négociations. Ces fonds, qu’ils soient conservés sur le compte d’origine ou transférés, seront rendus pleinement utilisables pour tout paiement au bénéficiaire final désigné par la Banque centrale de la République islamique d’Iran. Les États-Unis d’Amérique s’engagent à délivrer toutes les licences et autorisations nécessaires à cet effet.
12. La République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique conviennent qu’un mécanisme exécutif sera mis en place pour surveiller la mise en œuvre réussie du présent Mémorandum d’accord et la conformité future de l’Accord final.
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