Donald Trump a annoncé le 19 août une nouvelle offensive destinée à isoler économiquement l’Iran, alors que les négociations visant à mettre fin à cinq mois de conflit restent dans l’impasse. Sur Truth Social, le président américain a promis une « guerre économique » d’une ampleur inédite après, selon lui, l’échec de Téhéran à saisir l’occasion de conclure un accord.
Washington menace désormais de sanctions secondaires tout pays ou toute entreprise continuant à soutenir l’économie iranienne. Les banques, compagnies, aéroports, bureaux de change, sociétés-écrans ou registres maritimes sont directement visés. Trump veut notamment s’attaquer davantage aux circuits permettant à Téhéran d’écouler clandestinement son pétrole et de rapatrier les revenus de ses exportations.
Le bras de fer entre Pékin et Washington
Les États-Unis appliquent pourtant déjà de lourdes sanctions contre les secteurs pétroliers, financiers et maritimes iraniens. Depuis le début du conflit, Washington a également instauré un blocus naval et multiplié les mesures contre les pétroliers et intermédiaires accusés d’aider Téhéran.
L’Iran dénonce une nouvelle forme de « terrorisme économique ». Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a estimé que ces menaces détournaient l’attention de ses propres difficultés américaines, notamment de la dette record et de l’envolée du coût des intérêts. Selon lui, la stratégie américaine menace « l’économie mondiale et la souveraineté » des autres États.
L’annonce intervient quelques heures après la suspension par les Émirats arabes unis de leurs échanges commerciaux et financiers avec l’Iran, une décision potentiellement lourde pour Téhéran compte tenu du rôle central de Dubaï et Jebel Ali dans son commerce extérieur.
Reste un obstacle majeur : la Chine, principal débouché du pétrole iranien. Washington pourrait renforcer les sanctions contre les institutions financières travaillant avec les raffineries indépendantes chinoises qui achètent encore du brut iranien. Pékin refuse toutefois l’application extraterritoriale des sanctions américaines.
La Turquie et l’Irak constituent également des voies commerciales difficiles à verrouiller totalement. Pour Washington, l’enjeu sera donc moins d’annoncer de nouvelles sanctions que de faire appliquer, suffisamment rapidement pour modifier les calculs de Téhéran, un isolement économique déjà recherché depuis plusieurs années.
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