Municipales 2026 : le plaidoyer pour des « villes coopératives » fondées sur le modèle Scop/Scic

Alternatives Locales
23 août 2026
À l’approche des élections municipales de 2026, le Mouvement des Scop et des Scic (coopératives de production et d’intérêt collectif) publie un plaidoyer pour la « ville coopérative » : cinq propositions structurelles et neuf mesures concrètes pour que les futurs élus locaux fassent du modèle coopératif un levier de développement économique territorial.

🏛 Qu’est-ce que la « ville coopérative » proposée pour 2026 ?

À l’approche des élections municipales de 2026, la Confédération générale des Scop (sociétés coopératives et participatives) a publié un programme intitulé « Pour des villes coopératives », destiné à convaincre les candidats aux municipales d’intégrer le modèle coopératif dans leurs politiques de développement économique local. Le texte s’organise autour de cinq propositions structurelles et de neuf mesures concrètes que les collectivités peuvent mettre en œuvre dès leur prise de fonction.


🤝 Scop et Scic : deux modèles, une logique commune

Une Scop (société coopérative et participative) est une entreprise dont les salariés sont associés majoritaires et participent aux décisions selon le principe « une personne, une voix », indépendamment du capital détenu. Une Scic (société coopérative d’intérêt collectif) élargit ce principe : elle impose une multi-sociétariat, c’est-à-dire l’association obligatoire d’au moins trois catégories d’acteurs différentes — salariés, usagers, collectivités locales, bénévoles ou partenaires — dans la gouvernance de l’entreprise. C’est cette obligation de multi-sociétariat qui distingue fondamentalement la Scic de toutes les autres formes coopératives, y compris la Scop.


✅ Neuf mesures concrètes pour les futurs élus

Parmi les mesures avancées par le Mouvement des Scop et des Scic pour les futurs conseils municipaux :

  • Sensibiliser les dirigeants d’entreprises locales approchant de la retraite à la transmission aux salariés, une alternative à la fermeture ou à la revente à un groupe extérieur au territoire.
  • Soutenir les projets de reprise d’entreprises en difficulté par leurs salariés, plutôt que de laisser disparaître emplois et savoir-faire locaux.
  • Développer les coopératives d’activité et d’emploi, qui sécurisent le parcours des entrepreneurs individuels en mutualisant certaines fonctions administratives et sociales.
  • Conditionner les aides économiques municipales à des engagements de pérennité de l’activité et d’ancrage territorial.
  • Adopter une politique d’achat public responsable, en intégrant des critères de partage de la valeur ou de gouvernance partagée dans les appels d’offres.
  • Renforcer les aides ciblées : mise à disposition de locaux, subventions à l’installation de nouvelles coopératives.

🗳 La vision d’une démocratie qui entre dans l’entreprise

Le plaidoyer défend une vision où la délibération démocratique franchit le seuil de l’entreprise et prolonge, à l’échelle locale, les principes de la démocratie municipale. Selon ses promoteurs, les Scic — en intégrant usagers, collectivités et salariés dans une même gouvernance partagée — permettraient d’améliorer à la fois la qualité du service rendu et la soutenabilité financière des projets, en alignant mieux les besoins du territoire avec les ressources mobilisées.


💶 Des alternatives déjà en circulation

Ce plaidoyer pour l’économie coopérative locale s’inscrit dans un mouvement plus large d’alternatives économiques déjà bien implantées sur le terrain. Liberta Press avait ainsi documenté le parcours de l’eusko, première monnaie locale d’Europe, qui a franchi les 5 millions d’euros en circulation au Pays basque — une autre manière, complémentaire au modèle coopératif, de renforcer l’économie de proximité et de garder la valeur créée localement sur le territoire plutôt que de la voir captée par des circuits économiques extérieurs. Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large de réappropriation de l’économie locale par ses habitants, que Liberta Press accompagne également à travers le lancement de Liberta Local, plateforme sœur dédiée à l’économie de proximité.


⚖ Les limites du modèle coopératif

Le modèle coopératif n’est pas exempt de contraintes : la prise de décision collective peut ralentir certains arbitrages stratégiques par rapport à une gouvernance capitalistique classique, et la recherche de financement externe (banques, investisseurs) se heurte parfois à une moindre familiarité de ces acteurs avec les statuts coopératifs. Le plaidoyer du Mouvement des Scop et des Scic ne prétend pas que le modèle coopératif doive remplacer toute autre forme d’entreprise, mais qu’il mérite une place plus importante dans les politiques de développement économique local, aux côtés des dispositifs classiques d’aide aux entreprises.

❓ Questions fréquentes

Une Scop peut-elle être créée par n’importe qui ?
Oui, une Scop peut être créée par un groupe de salariés souhaitant reprendre leur entreprise, ou par des porteurs de projet souhaitant démarrer une activité sur un mode coopératif dès l’origine. Elle doit compter au minimum deux associés.

Quelle différence concrète pour un usager d’un service en Scic par rapport à une entreprise classique ?
En Scic, l’usager peut, selon les statuts adoptés, devenir lui-même sociétaire et participer aux décisions de gouvernance de la structure qui le sert — une possibilité qui n’existe pas dans une entreprise classique où seuls les actionnaires votent.

Combien de communes ont déjà mis en œuvre ces mesures ?
Le plaidoyer du Mouvement des Scop et des Scic est un document de propositions publié avant les élections municipales de 2026 ; les sources consultées pour cet article ne permettent pas de chiffrer combien de communes l’ont déjà mis en œuvre à ce stade.

✅ Conclusion

À quelques mois des élections municipales, le plaidoyer pour la « ville coopérative » propose une grille de lecture alternative du développement économique local, fondée sur le partage de la gouvernance plutôt que sur la seule logique de subvention ou d’attractivité fiscale. Reste à savoir combien de candidats aux municipales s’en saisiront concrètement une fois élus.

⚠ Rappel sur les limites de cet article

  • Aucun chiffre consolidé sur le nombre de communes ayant déjà adopté tout ou partie de ces mesures n’a été retrouvé dans les sources consultées.
  • Cet article présente un plaidoyer porté par le mouvement coopératif lui-même ; il ne prétend pas à une évaluation indépendante et contradictoire de l’efficacité économique comparée du modèle Scop/Scic par rapport à d’autres formes d’entreprise.
  • Le calendrier électoral précis des municipales 2026 (dates de scrutin) n’est pas détaillé dans cet article.

📚 Sources

  1. Les Scop — Pour des villes coopératives : le programme du Mouvement des Scop et des Scic (document officiel)
  2. Coop FR — Municipales 2026 : le Mouvement Scop et Scic souhaite encourager les élus locaux à faire le choix du modèle coopératif
  3. ESS et société — Municipales 2026 : « Pour des villes coopératives »

Et si la prochaine mairie de votre commune se pensait, elle aussi, comme une coopérative ?

Source : Lire l’article original

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