Uranium : après ses déboires au Niger, Orano renforce sa présence au Botswana

Orano renforce sa présence dans l’exploration d’uranium au Botswana. Le groupe français possède désormais 18 permis de prospection dans ce pays d’Afrique australe, après l’attribution de trois nouveaux titres en 2026.

Deux de ces permis ont été accordés en avril dernier à Orano Mining et sont valables jusqu’en mars 2029. Le troisième, attribué en janvier, doit expirer en décembre 2028. Ils s’ajoutent aux 15 permis obtenus en 2025 par la Compagnie française de mines et métaux, une filiale d’Orano, valables jusqu’en septembre 2028.

Cette progression survient alors qu’Orano a progressivement perdu ses principaux actifs au Niger, après plusieurs décennies de présence dans le pays. En 2024, les autorités de Niamey avaient retiré au groupe son permis sur le projet d’Imouraren, l’un des plus importants gisements d’uranium au monde.

La situation s’est ensuite aggravée avec la nationalisation, en juin 2025, de la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), qui exploitait la principale mine d’uranium d’Orano au Niger. Le groupe français détenait 63,4 % de cette société, contre 36,6 % pour la Société du patrimoine des mines du Niger.

La nationalisation a également ouvert un différend entre Orano et les autorités nigériennes concernant la propriété et la commercialisation des stocks d’uranium produits par la coentreprise. Niamey et le groupe français restent en désaccord sur cette question.

Le Botswana, nouveau terrain d’exploration

Dans ce contexte, le Botswana prend une place croissante dans la stratégie de diversification minière d’Orano. Les 18 permis détenus par le groupe ne correspondent cependant pas à des mines en exploitation : ils lui confèrent des droits de prospection et doivent encore permettre, si les résultats géologiques sont favorables, d’identifier d’éventuelles ressources économiquement exploitables.

Le Botswana ne permet donc pas, à ce stade, de compenser les volumes de production perdus au Niger. Il constitue plutôt un nouveau territoire d’exploration pour Orano, alors que la sécurisation des approvisionnements en uranium devient un enjeu majeur pour l’industrie nucléaire mondiale.

Un acteur majeur du cycle nucléaire

Malgré ses revers au Niger, Orano conserve une position importante dans l’industrie mondiale de l’uranium. Le groupe est présent sur plusieurs étapes du cycle du combustible nucléaire, notamment l’exploration, la production, la conversion et l’enrichissement.

Le groupe exploite notamment des actifs miniers au Canada et au Kazakhstan et dispose en France d’importantes capacités industrielles. Il possède des installations de conversion à Malvési et au Tricastin ainsi que l’usine d’enrichissement Georges Besse II.

Selon ses propres chiffres, il représente environ 40 % des capacités occidentales de conversion et se classe au troisième rang mondial dans l’enrichissement.

L’usine Georges Besse II dispose actuellement d’une capacité de 7,5 millions d’unités de travail de séparation par an. Son extension, qui représente un investissement d’environ 1,7 milliard d’euros, doit augmenter cette capacité de près de 30 % à partir de 2028.

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