L’Afrique, ultime bastion de Gianni Infantino face à la fronde mondiale à la FIFA ?

Alors que la crise frappe la FIFA depuis l’abandon du projet « FIFA Forward Enterprise », le continent africain apparaît comme le dernier allié de Gianni Infantino, dont les fédérations européenne, asiatique et américaine veulent la tête. Les confédérations européenne, asiatique et nord-américaine ont demandé son départ, tandis que la CAF, avec ses 54 fédérations, s’est rangée derrière lui.

Un soutien officiel, des fissures émergentes

Le 6 août, Patrice Motsepe, président de la CAF, a affirmé un appui « à l’unanimité ». Cinq des sept pays africains au Conseil de la FIFA, à savoir l’Égypte, le Maroc, le Niger, la Mauritanie et les Comores, l’ont soutenu publiquement. Quelques jours plus tard, il confirmait cette position devant les caméras, affirmant qu’Infantino a « été loyal au football africain ».

Le président de la CAF a par ailleurs réclamé un vote en mars 2027 lors de l’élection initialement prévue.

D’autres, comme le Burundi ou la Centrafrique, ont suivi. « Il a beaucoup fait pour l’Afrique depuis dix ans », résume Célestin Yanindji, président de la fédération centrafricaine. Samuel Eto’o, président de la fédération camerounaise, a plaidé sur CNN : « Le président Gianni Infantino a changé le football. Il a donné des opportunités à des nations qui n’avaient pas eu l’occasion de participer à la Coupe du monde ».

Sur X, des réactions appuient cette lecture, à l’image de Matthieu Elombo qui estime que : « La vendetta engagée par certains Européens contre Infantino ne concerne en rien les intérêts du football et surtout pas ceux de l’Afrique. Alors ceux qui pensent que les Africains doivent forcément aboyer avec les loups se trompent ».

Pourtant, le bloc n’est pas homogène. Une source de l’UEFA évoque une quinzaine de pays prêts à basculer. Constant Omari, ancien dirigeant congolais, critique une « forme de corruption morale » et affirme qu’Infantino disposerait de « dossiers compromettants », ce que la FIFA dément.

Constant Omari estime par ailleurs qu’au moins la moitié de la CAF est hostile à Infantino.

Les aides du programme FIFA Forward, qui a injecté 118,7 millions de dollars dans les infrastructures africaines, expliquent en partie cette loyauté, même si des scandales de détournements éclaboussent plusieurs fédérations. À sept mois de l’élection de mars 2027 à Rabat, où chaque fédération a une voix, l’Italo-Suisse reste pour l’instant seul candidat.

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