Les autorités israéliennes imposent désormais leur programme scolaire à plus de 45 000 élèves palestiniens scolarisés dans des établissements publics de Jérusalem-Est, soit environ 38 % des élèves concernés, selon un article de Middle East Eye publié le 1er septembre. Cette part a fortement progressé ces dernières années : ils étaient un peu plus de 10 000 à suivre ce cursus en 2020-2021, contre plus de 27 000 en 2025-2026.
À partir de cette rentrée, toutes les nouvelles classes de CP et de 6e ouvertes dans le système public de Jérusalem-Est devront adopter le programme israélien. Pour les autorités palestiniennes, cette évolution constitue une atteinte directe à l’identité nationale et culturelle des élèves. Le gouvernorat palestinien de Jérusalem accuse notamment Israël de marginaliser des thèmes centraux du récit palestinien, comme la Nakba, les prisonniers ou le statut de Jérusalem.
Interdiction d’enseigner
La pression sur le secteur éducatif ne se limite pas aux programmes. Environ 70 enseignants vivant en Cisjordanie se sont vu refuser l’accès à Jérusalem-Est, entraînant le report de la rentrée dans plusieurs écoles privées palestiniennes. Près de 40 % des enseignants de ces établissements résident en Cisjordanie et dépendent de permis israéliens pour rejoindre leur lieu de travail.
Depuis le début de l’année, Israël a également renforcé son contrôle sur les établissements liés à l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient). Plusieurs écoles de l’agence onusienne ont été fermées ou saisies, notamment dans les secteurs de Shuafat et Kafr Aqab. En janvier, le Parlement israélien a par ailleurs adopté une mesure empêchant l’emploi, dans le système éducatif israélien, d’enseignants titulaires de diplômes délivrés par des universités affiliées à l’Autorité palestinienne.
Pour les responsables palestiniens, ces mesures participent d’une politique plus large visant à détacher progressivement Jérusalem-Est de son environnement palestinien et à renforcer son intégration administrative à Israël.
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