L’Église catholique affirme que « seule la paix est sainte ! »

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Du fait de son opération contre un cancer, le pape Léon XIV n’a pas pu assister à la rencontre internationale organisée par la Communauté de Sant’Egidio à Assise.

Le 24 janvier 2002, Jean-Paul II avait ouvert les rencontres d’Assise. Il s’agissait pour lui de reconnaître la même valeur aux prières des chrétiens et des non chrétiens, conformément à l’esprit du concile Vatican II. À cette occasion, il déclarait : « Ceux qui utilisent la religion pour fomenter la violence en contredisent l’inspiration la plus authentique et la plus profonde ».

Cette année, les organisateurs ont invité tous les participants à prier pour « une paix désarmée et désarmante ». Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, a déclaré : « Qui prépare la guerre finit par la faire, et ce sont toujours les pauvres qui la paient ». « Sans dialogue, il n’y aura pas de paix », a-t-il insisté. Pour le cardinal, cette paix doit commencer par un changement intérieur. Il ne suffit pas de réduire le nombre d’armes ou de conclure des accords politiques si les paroles, les comportements et les mentalités restent dominés par la haine et la volonté de vengeance.

Lors de la clôture de l’événement, Léon XIV a adressé un message vidéo, dans lequel il déclare : « “Nous assistons à une réhabilitation inquiétante de la guerre en tant qu’instrument de politique internationale” (Magnifica Humanitas, n. 190). Trahissant ainsi la mémoire du xxe siècle et le massacre inutile de millions de vies humaines, une fois encore – comme on peut le lire dans le Catéchisme de l’Église Catholique –“l’accumulation des armes apparaît à beaucoup comme une manière paradoxale de détourner de la guerre des adversaires éventuels. Ils y voient le plus efficace des moyens susceptibles d’assurer la paix entre les nations” (n. 2315). C’est précisément en ces temps de culture de la puissance qu’il est nécessaire de faire grandir l’esprit d’Assise, qui est le refus de la légitimation religieuse de la guerre, un esprit de médiation et de dialogue, une expérience contemplative et une action créative pour un avenir de paix. En effet, la paix doit redevenir l’idéal commun des peuples, l’étoile qui guide chacun de nos choix, le critère qui démasque l’injustice, l’horizon commun de tous les peuples. […]

Nous devons reconstruire la paix partout, et non préparer d’autres guerres ! La guerre ne peut jamais être menée au nom de Dieu ! Pour nous, croyants, “combattre au nom de la religion revient, en réalité, à porter atteinte à la religion elle-même” (Magnifica humanitas, n. 223). Il n’y a pas de guerre sainte : seule la paix est sainte ! »

☞ Le patriarche Kirill Ier de Moscou a appelé à la « guerre sainte » en Ukraine, le 27 mars 2024.

Le Cheikh Muhammad Ahmad Hussein, grand mufti d’Arabie saoudite, a appelé le 24 septembre 2026 (cf. VAI 5974) à la « guerre sainte » contre les zaïdites yéménites.

Cet article est extrait du numéro 192 de « Voltaire, actualité internationale ». Le monde change vite. Abonnez-vous à notre lettre confidentielle hebdomadaire ; une source exceptionnelle d’information sur la transition vers un monde multipolaire.

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