Résumé
Une enquête réalisée les 27 et 28 mars 2025 par MIS Group pour France-Soir et BonSens.org révèle une défiance abyssale des Français envers leurs institutions et leur Président, Emmanuel Macron. Avec 76 % de désapprobation de sa gestion, une perception de corruption généralisée (75 %) et un rejet massif des politiques budgétaires et climatiques, le pays semble au bord d’une rupture sociale et politique. Les citoyens exigent des coupes drastiques dans les dépenses publiques (96 %) et s’opposent aux hausses d’impôts (81 %), tandis que la fracture avec l’élite parisienne et l’Europe fédérale s’accentue. Dans un contexte de tensions internationales et de crises internes, 54 % appellent à la démission du président.
Une Défiance qui s’installe dans le temps
France-Soir et l’association BonSens.org poursuivent leur série d’enquêtes sociologiques avec une troisième vague réalisée les 27 et 28 mars 2025 par MIS Group. Après les sondages de janvier et février 2025, qui avaient déjà mis en lumière une crise de confiance envers la gestion d’Emmanuel Macron et une opacité autour des effets secondaires des vaccins Covid-19, cette nouvelle étude dresse un portrait alarmant des perceptions françaises. À l’approche des échéances électorales de 2027 et dans un climat de tensions internationales – notamment autour du conflit en Ukraine et des pressions économiques mondiales –, les Français expriment un rejet profond de leurs institutions et une volonté de changement radical.
Cet article aborde la confiance des Français envers les institutions et leurs craintes pour l’avenir.
La chute libre des institutions : une crise de légitimité totale
L’enquête révèle une désapprobation massive : 76 % des Français critiquent la gestion d’Emmanuel Macron, et seuls 4 % estiment qu’il mène le pays dans la bonne direction.
Les institutions législatives ne sont pas épargnées : 69 % désapprouvent l’Assemblée nationale, 58 % le Sénat, et 56 % le Conseil d’état. Moins de 20 % des sondés ont une opinion favorable de ces contre-pouvoirs, un chiffre historiquement bas qui transcende les clivages politiques.
Cette défiance s’explique par une perception d’inefficacité et de corruption : 71 % n’ont pas confiance dans le gouvernement, 72 % jugent qu’il n’agit pas dans leur intérêt, et 75 % estiment que la corruption gangrène le système.
En mars 2025, les scandales financiers impliquant des élus locaux et des contrats publics douteux, relayés par les médias indépendants, n’ont fait qu’amplifier ce sentiment.
Les dépenses publiques dans le viseur : ras-le-bol du gaspillage
Les Français sont unanimes : 93 % dénoncent des dépenses publiques entachées de gaspillage, de fraude et d’inefficacité.
Dans un contexte dans lequel la dette publique française dépasse les 120 % du PIB en 2025, selon les projections du FMI, 87 % exigent des mesures – même draconiennes – pour rétablir l’équilibre budgétaire.
Et 89 % estiment que les oppositions de droite et de gauche devraient imposer une mission de réduction des dépenses gouvernementales ! Un objectif réduction du gaspillage pourrait-il allier les membres de la représentation nationale ? Si ces derniers agissaient réellement dans l’intérêt de la population, cela pourrait couler de source !
Une écrasante majorité de 96 % plébiscite une baisse des dépenses,
avec 90 % soutenant une lutte à grande échelle contre la fraude et 86 % une réduction des budgets déjà votés.
Sur fond de crise énergétique mondiale et de flambée des prix du gaz, 54 % souhaitent lever l’interdiction des recherches sur le pétrole et le gaz de schiste en France, marquant un virage pragmatique face aux promesses de transition écologique jugées de plus en plus « irréalistes » par beaucoup.
Les ZFE et le réchauffement climatique : quand l’écologie devient synonyme d’exclusion et de ségrégation
La politique climatique cristallise les tensions. Les Zones à Faible Émission (ZFE), déployées dans les grandes métropoles comme Paris et Lyon, sont perçues comme discriminatoires par 66 % des Français, qui y voient une loi d’exclusion sociale touchant les plus modestes.
En mars 2025, les manifestations contre les ZFE à Lille et Marseille, où des automobilistes ont bloqué des axes routiers, ont amplifié cette grogne.
Sur le réchauffement climatique, 77 % demandent une révision complète des politiques actuelles, critiquant une approche dogmatique qui ignore les avis scientifiques divergents. La transition vers l’éolien divise : 53 % s’opposent à mettre fin à la politique de transition énergétique vers l’éolien et 47 % sont en faveur. Ceci est un véritable sujet notamment avec la hausse des prix de l’énergie perçue comme un réel problème dans la vie des Français.
Une dette insoutenable : refus catégorique de nouveaux sacrifices
Alors que la dette française atteint des sommets en 2025, 81 % des sondés la jugent insoutenable.
Face à cette situation, les propositions de financement du gouvernement sont massivement rejetées :
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81 % s’opposent à des hausses d’impôts,
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46 % refusent un grand emprunt national,
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et 70 % rejettent un impôt de guerre pour réduire le déficit – un chiffre en hausse de 17 points depuis janvier.
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Dans un climat de défiance envers l’Union européenne, 79 % s’opposent aussi à la mobilisation de l’épargne pour un hypothétique effort de guerre lié au conflit ukrainien, perçu comme une tentative de détourner les fonds des Français au profit d’intérêts étrangers.
L’Europe et la souveraineté : fracture avec les élites
L’idée d’une Europe fédérale, portée par Emmanuel Macron, est en perte de vitesse : 52 % s’y opposent, contre 22 % qui la soutiennent. À l’inverse, 55 % plébiscitent une Europe des Nations basée sur des accords commerciaux, reflétant un attachement à la souveraineté nationale.
La perception de corruption au sein des institutions européennes (71 %) renforce ce rejet, alors que des enquêtes sur des malversations à Bruxelles font les gros titres en 2025.
Sur le plan géopolitique, l’opposition à l’envoi de troupes en Ukraine (73 %) et à la mutualisation de l’arme nucléaire française traduit une volonté de désengagement des aventures militaires impulsées par l’OTAN.
Macron et les leaders mondiaux : impopularité transnationale
Emmanuel Macron partage un taux d’avis défavorables (78 %) comparable à celui de Vladimir Poutine et Donald Trump, dans un contexte où les tensions russo-ukrainiennes et les élections américaines de 2024 dominent l’actualité. Xi Jinping (58 %) et Volodymyr Zelensky (32 %) s’en sortent mieux, ce dernier bénéficiant d’une image de résistant malgré l’absence d’élections en Ukraine.
Au niveau européen ce n’est pas beaucoup mieux. 50 % des Français ont un avis défavorable d’Ursula von der Leyen et 39% de Christine Lagarde. Pour les autres, regardez plutôt : pas loin de 50% n’en ont jamais entendu parler et 35% sont sans avis. Des personnes occupant des postes clés comme Rutte (Otan), Kallas, Metsola, Costa à la CE sont inconnues des Français, illustrant le fossé entre les citoyens et les élites technocratiques. L’opinion de ceux qui les connaissent est majoritairement défavorable.
Vers un point de non-retour ?
Cette troisième vague d’enquête confirme une crise de confiance historique entre les Français et leurs dirigeants.
Avec 72 % des sondés estimant qu’Emmanuel Macron a divisé le pays,
et 53 % qu’il a rendu le monde plus chaotique,
le président apparaît comme un symbole de discorde.
La demande de démission (pour 54 % des Français) traduit un ras-le-bol généralisé, exacerbé par les inégalités sociales, les crises économiques et les politiques perçues comme déconnectées.
Dans un climat d’incertitude internationale et de fragilité interne, la France semble à un tournant : les appels à une refonte radicale des institutions et des priorités pourraient redessiner le paysage politique d’ici à 2027.
La quatrième partie de l’enquête portera sur les peurs des Français et la manière dont ils s’informent.
Étude BonSens.org et France-Soir analysée par FranceSoir.fr sur la situation en France, à l’international mené le 27-28 mars 2025 sur un échantillon représentatif de la population française de 1200 personnes. Méthode des quotas sur les critères de sexe, âge, catégorie socio-professionnelle et répartition géographique. L’enquête a été réalisée par MIS Group pour l’association Bonsens.org et la société Shopper Union France SAS qui publie et édite le site www.francesoir.fr. Tout sondage comporte statistiquement des marges d’erreurs, réduites en l’espèce de par la taille de l’échantillon de 1200 personnes. Toute personne a le droit à consulter la notice prévue par l’article 3 de la loi.