Poursuivi pour incitation à la haine en raison de la religion après avoir reposté sur Instagram une vidéo d’un prédicateur palestinien sur Gaza, l’international algérien, Youcef Atal, a comparu le 2 avril devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence. La même peine qu’en première instance a été requise contre lui, soit huit mois de prison avec sursis.
En octobre 2023, le footballeur avait partagé sur son compte Instagram une vidéo de 35 secondes du prédicateur palestinien Mahmoud Al Hasanat. Celui-ci y évoquait le sort des enfants à Gaza avant d’appeler à «un jour noir sur les juifs».
Le 3 janvier 2024, le tribunal correctionnel de Nice avait reconnu Atal coupable d’incitation à la haine en raison de la religion et l’avait condamné à huit mois de prison avec sursis, assortis d’une amende de 45 000 euros. La publication du jugement avait également été ordonnée dans la presse locale et nationale.
Ce 2 avril, l’international algérien comparaissait donc en appel à Aix-en-Provence. L’avocate générale, Valérie Tavernier, a estimé que la vidéo partagée par Atal était «clairement un appel à la haine […] même si le message est insidieux», ajoutant que le joueur devait assumer la responsabilité de ses publications. Elle a requis la même peine qu’en première instance, estimant qu’elle «correspond parfaitement aux faits et à la personnalité du prévenu».
«Je ne suis qu’un joueur de foot»
Youcef Atal, qui évoluait à l’OGC Nice au moment des faits avant d’être transféré un mois après sa condamnation au club turc d’Adana Demirspor, s’est défendu en affirmant qu’il ne faisait pas de politique. «Je ne suis qu’un joueur de foot», a-t-il déclaré à la barre.
Aujourd’hui joueur du club qatari d’Al-Sadd, il a réaffirmé que son intention était uniquement d’exprimer «un message de soutien à des gens en train de souffrir», rejetant toute accusation d’antisémitisme. «Ce n’est pas parce que j’envoie un message de soutien à la Palestine que je suis contre les juifs ou quoi que ce soit», a-t-il insisté.
Incompétence des juridictions françaises ?
L’avocat de Youcef Atal, Tom Michel, a quant à lui dénoncé une condamnation qu’il juge «surréaliste». Il a plaidé l’incompétence des juridictions françaises au profit de la justice algérienne, arguant que son client se trouvait en Algérie au moment des faits et qu’il avait partagé une vidéo en arabe sur une plateforme américaine.
Selon Tom Michel, la justice française ne devrait pas se prononcer sur cette affaire, tout comme elle ne s’est pas prononcée sur le «terrible salut nazi d’Elon Musk».
La cour d’appel rendra son verdict le 30 avril 2025.