Le président Macron a convoqué à Paris une trentaine de gouvernements « volontaires » dans le but officiel de « construire une paix solide pour l’Ukraine et l’Europe ». Il s’est agi en réalité non pas d’un sommet de paix, mais de guerre. Avant le sommet, Macron a téléphoné à Trump. Il a tenu ensuite une conférence de presse avec Zelinsky, en déclarant que « la Russie montre une volonté de poursuivre l’agression ».
Pendant le sommet, Macron a dit que « Moscou fait semblant de négocier » et qu’à cause de cela les sanctions seront maintenues, décision sur laquelle tous les participants se sont déclarés d’accord. Macron a ensuite annoncé que sera constituée une « force de réassurance » qui sera « déployée dans des lieux stratégiques de l’Ukraine en cas de paix » et que la France et la Grande-Bretagne enverront en Ukraine un escadron pour former la future armée de Kiev.
La présidente Meloni a renchéri avec « le soutien continu à l’Ukraine dans le cadre de l’accord euro-atlantique, y compris sur la base d’un modèle qui, en partie, puisse calquer ce qui est prévu dans l’Article 5 du Traité de Washington ». Ce décret prévoyant que, si un membre de l’OTAN est attaqué, tous les autres membres doivent intervenir pour sa défense, cela signifie considérer de fait l’Ukraine comme membre de l’OTAN. Le ministère des Affaires Étrangères russe prévient que « le déploiement de militaires de pays OTAN en Ukraine risque de provoquer une confrontation directe entre Russie et OTAN ».
Tout cela fait obstacle et rend vain, de fait, l’accord entre les présidents des États-Unis et de la Russie prévoyant de garantir la sécurité de la navigation en mer Noire, afin qu’aussi bien la Russie que l’Ukraine puissent exporter via la mer des céréales, engrais et autres produits.
États-Unis et Russie, tout en ayant atteint cet accord, restent distants sur d’autres importantes questions. Alors que les États-Unis voudraient prendre le contrôle de tous les sites nucléaires ukrainiens, en y incluant la centrale de Zaporijia, aujourd’hui sous contrôle russe, Moscou déclare qu’il ne remettra jamais la centrale nucléaire à l’Ukraine ou à n’importe quel autre pays. La centrale nucléaire de Zaporijia risque ainsi d’être de nouveau frappée par les forces ukrainiennes, mettant en danger toute l’Europe.
Au Moyen-Orient, les États-Unis et la Russie poursuivent des objectifs diamétralement opposés. Les États-Unis, en synergie avec Israël, sont en train de renforcer leur présence militaire dans la région en attaquant le Yémen dans le but de frapper l’Iran, tandis que la Russie est en train de réaliser un accord de coopération stratégique avec l’Iran.
En Asie Orientale et sud-orientale, les États-Unis déploient des forces et armements, y compris nucléaires contre la Chine, alliée de la Russie avec laquelle elle constitue l’axe porteur des BRICS.