Edouard Philippe présente sa réforme des retraites, à la façon BlackRock


Travailler plus et capitaliser pour faire face au vieillissement de la population : c’est en substance la vision d’Édouard Philippe pour l’avenir des retraites françaises. L’ex-Premier ministre, déjà candidat déclaré à la présidentielle, a présenté mercredi son cocktail de réformes. Ce qui frappe le plus, ce ne sont pas tant les mesures, mais l’écho qu’elles font aux controverses autour de BlackRock.

Sur France Inter, le président du parti Horizons a dénoncé un « piège démographique » et fustige ceux qui promettent un recul de l’âge de départ. « Ils sont dans le déni du réel », lance-t-il. Il convoque les modèles allemand, italien ou espagnol pour appuyer sa vision : « Pour sauver la partie de leur système de pension qui repose sur la répartition, ils ont accepté de travailler plus longtemps ». Mais derrière cette volonté de lucidité se dessine un basculement discret vers un système plus individualisé, où chaque salarié devra investir une part de ses cotisations sur les marchés. « Ça prendra du temps mais c’est indispensable », insiste-t-il.

Cette orientation n’est pas neuve et plaît au patronat. Elle soulève de nombreuses critiques : opacité des marchés, inégalités de rendement, fragilisation du principe solidaire. Comme le rappelle France Inter, Philippe défend une vision libérale assumée du système social, tout en invoquant la « liberté individuelle » et la nécessité d’attirer des compétences étrangères pour compenser la baisse de la population active. 

Des idées qui ne sont pas sans rappeler l’épisode BlackRock : lors des débats sur la réforme des retraites, la société était justement soupçonnée de lobbying, notamment pour pousser le système par capitalisation. Et pendant que chacun s’écharpait sur la question, Edouard Philippe remettait la Légion d’honneur à Jean-François Cirelli, président de la branche française du fonds de pension BlackRock. Les deux hommes semblent proches, et certains s’en soucient. Sur X, Alexis Poulain souligne : « L’idée est toujours la même : démanteler le système de protection social français et faire main basse sur le magot. Si ça ne passe pas la première fois, essaies une seconde, puis une troisième fois. Plus c’est gros, plus ça passe. »

Après le candidat McKinsey, aurons-nous droit au candidat BlackRock ?





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