
Avant Brigitte Bardot, les jeunes femmes se mariaient assez tôt, car le mariage étaient pour elles l’accès quasi-incontournable à une réussite sociale, même si les mères étaient souvent réduites à des bonniches – pour celles en tous cas qui n’avaient pas les moyens de se payer une domestique. Le mariage c’était déjà une émancipation relative, s’agissant en tous cas de s’émanciper de sa famille. Et la mère entourée de ses enfants était le modèle de la femme accomplie. Avec Bardot, désormais la femme peut être femme sans pour autant être mère. Issue d’une famille bourgeoise catholique du seizième arrondissement de Paris, elle reçut une éducation stricte, rigoureuse… elle reçut aussi des coups de cravache… de son père. Coups de cravache, de fouet, gifles fréquentes, fessées jusqu’à seize ans et demi, jupe relevée, parfois devant témoins… éducation cruelle, humiliante, destructrice… La croyance en la famille comme havre de paix et d’affection s’effondra. Fonder une famille n’eut plus beaucoup de sens pour elle. Bardot a d’ailleurs avorté plusieurs fois, dont un avortement qui a failli lui coûter la vie, hémorragie grave, arrêt cardiaque… mais cela ne l’empêcha pas d’avorter encore une fois, avortement qui n’aboutît pas, et naquit ainsi son unique enfant, qu’elle abandonna rapidement à son ex-mari. L’enfant avait trois ans… Brigitte affirmait ne pas avoir « l’instinct maternel ». Plus que nulle autre, elle incarna l’accomplissement de la femme non-mère, chose impensable à l’époque. Elle refusa jusqu’au bout l’assignation de la femme à la mère, et fit admettre qu’une femme pouvait aimait la vie sans vouloir la donner (ouvrant ainsi malgré elle la porte à la dénatalité et au grand remplacement), que le droit au plaisir de la femme non-mère ne souffrait aucune discussion, ni aucune justification, déculpabilisant complètement la jouissance charnelle, avec une candeur confondante. Après elle, le mariage avec enfants ne fut plus envisagé par les femmes comme une obligation, mais plutôt comme un sacrifice à un ordre social, un ordre moral au détriment de la femme et de son accomplissement, y compris charnel. Elle revendiquait le droit de jouir de la vie sans rien produire de particulier, artistiquement en tous cas. Il n’y eut pas comédienne plus insipide et plus insignifiante que Brigitte Bardot… Malgré sa beauté magnétique, sa chevelure envoûtante, son regard félin et sa cambrure aristocratique… Sa sensualité éclata dans le film Et Dieu… créa la femme, tourné par son pygmalion, Roger Vadim, auteur de films médiocres et insipides, qu’elle quitta après le film pour partir avec l’acteur principal, Trintignant… sensualité particulièrement éclatante dans la scène de mambo aux rythmes africains. Mais ce qui sans doute fit d’elle un mythe fut cette rupture colossale avec les mœurs de son époque : elle fut l’une des premières, sinon la première femme à médiatiser et à faire admettre le pouvoir pour les femmes de collectionner… les conquêtes… pouvoir dévolu jusque là aux hommes. Elle fit admettre que les femmes pouvaient tout aussi bien collectionner les hommes, assumer et déployer leur sensualité féminine la plus torride, les attirant, les possédant et les jetant, sans la moindre culpabilité, voire en toute innocence, en toute candeur. Révolution sociale radicale. Elle désintégra le péché originel (qui, rappelons-le, n’existe pas en islam). Elle fut l’une des rares à refuser toute chirurgie esthétique, tout immixtion de la science dans la beauté… D’une certaine façon, dynamitant instinctivement tous les dogmes, religieux ou non, elle amorça un retour à l’Arbre de vie… révélé par Adam l’Hyperboréen… Un retour à l’Arbre de vie qui commença avec la vie animale, dont elle éprouvait beaucoup de compassion, beaucoup plus que pour la vie humaine, humanité qu’elle méprisait. Elle dénonçait la chute de la culture française et de la maison France, mais sans dénoncer les instigateurs profonds de cette chute. Dans ses dernières volontés, elle interdit formellement les Macron d’assister à son enterrement. Percevant le locataire élyséen comme « être maléfique ». Mais sa conscience politique n’était pas très aiguisée. Elle trouvait Jordan Bardella « extraordinaire »… ! Mais oublions un instant cette maudite politique et ces maudits médias et laissons la partir lentement vers le sanctuaire des nymphes, où la beauté danse sans justification, éternellement.
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