La situation critique des Amish face aux obligations vaccinales aux États-Unis – et ses implications en France


Les communautés amish (1), connues pour leur mode de vie traditionnel, leur refus de la modernité et leur attachement profond à leurs croyances religieuses, font face à une menace existentielle aux États-Unis. Dans l’État de New York, les autorités sanitaires ont imposé des obligations vaccinales pour les enfants, sans exemptions religieuses, ce qui entre en conflit direct avec les convictions des Amish. Ces communautés, qui financent elles-mêmes leurs écoles et refusent les aides gouvernementales tout en payant leurs impôts, se voient infliger des amendes pour non-respect de ces règles. Cette situation a escaladé jusqu’à la Cour suprême des États-Unis, marquant un tournant potentiel dans le débat sur la liberté religieuse et les mandats vaccinaux.

Tout a commencé avec la décision du Département de la Santé de New York d’exiger que les enfants amish soient vaccinés, malgré les objections religieuses sincères de leurs parents. Comme l’explique Aaron Siri, avocat spécialisé dans les droits à la santé et à la liberté religieuse, les Amish considèrent les vaccins comme contraires à leurs croyances spirituelles, qui privilégient une vie en harmonie avec la nature et sans intervention médicale forcée. « Ils ne veulent pas se battre, mais c’est une question existentielle pour eux », souligne-t-il. Les Amish, qui vivent en autarcie et éduquent leurs enfants dans des écoles privées sur leurs terres, ont été ciblés par des amendes répétées, les poussant à porter l’affaire en justice.

La Cour d’appel du Second Circuit avait initialement validé la loi de New York, mais la Cour suprême est récemment intervenue de manière significative. Dans l’affaire Miller v. McDonald, la plus haute instance judiciaire américaine a accordé un « certiorari » – procédure exceptionnelle par laquelle la Cour suprême accepte de revoir une décision d’une juridiction inférieure ; elle n’accepte ainsi qu’une infime partie des milliers de demandes qu’elle reçoit chaque année – et a annulé la décision du Second Circuit. Elle a renvoyé l’affaire pour réexamen à la lumière d’une récente jurisprudence, Mahmoud v. Taylor, qui renforce les protections des droits parentaux en matière d’éducation religieuse

Ce développement est perçu comme un signal positif pour les Amish, indiquant que la Cour suprême pourrait reconnaître que les mandats vaccinaux neutres en apparence peuvent constituer une charge substantielle sur la liberté religieuse, nécessitant un examen plus strict plutôt qu’une simple justification rationnelle.

Cette victoire partielle met en lumière les tensions entre santé publique et libertés individuelles aux États-Unis. Les Amish, souvent idéalisés pour leur simplicité et leur résilience, représentent un test pour le principe de la liberté religieuse inscrit dans le Premier Amendement. Des organisations comme Children’s Health Defense soutiennent que forcer les Amish à « abandonner leurs croyances religieuses authentiques » au profit d’une « religion pro-vaccinale » imposée par l’État est une violation flagrante. Si la Cour d’appel suit les indications de la Cour suprême, cela pourrait mener à des exemptions pour les communautés religieuses ou même à une révision plus large des lois sur les vaccins scolaires, changeant potentiellement le paysage juridique pour des millions d’Américains opposés aux mandats pour des raisons de conscience.

 
La situation en France : obligations vaccinales et droits fondamentaux

En France, pays de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, les obligations vaccinales pour les enfants sont en vigueur depuis 2018, avec onze vaccins obligatoires pour l’entrée en collectivité (crèches, écoles). Contrairement aux États-Unis, il n’existe pas d’exemptions religieuses ; seules les contre-indications médicales sont reconnues. Cette approche découle du principe de laïcité et de la priorité donnée à la santé publique, mais elle soulève des interrogations sur sa compatibilité avec les droits fondamentaux. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a validé en 2021 une obligation similaire en République tchèque, estimant qu’elle poursuit un objectif légitime de protection collective et reste proportionnée, sans violer l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme (respect de la vie privée et familiale).

Cependant, cette rigidité peut entrer en conflit avec des conventions internationales comme la Convention d’Oviedo sur les droits de l’homme et la biomédecine, ratifiée par la France, qui insiste sur le consentement libre et éclairé aux interventions médicales. Des critiques, émanant d’associations et de juristes, arguent que forcer la vaccination sans exemptions pour motifs religieux ou philosophiques pourrait heurter la liberté de conscience (article 10 de la Déclaration de 1789) et l’interdiction des discriminations.

En pratique, les recours judiciaires en France, comme ceux examinés par le Conseil d’État, ont généralement soutenu les obligations, priorisant l’intérêt collectif sur les convictions individuelles. 

Sans communautés équivalentes aux Amish, la France n’a pas connu de crise similaire, mais des débats persistent sur l’équilibre entre santé publique et libertés, appelant à une évaluation plus nuancée pour éviter des atteintes disproportionnées aux droits humains.

 
Libertés fondamentales et interventions médicales forcées

Au-delà des convictions religieuses ou personnelles, la question de l’intervention médicale forcée soulève un débat profond sur les principes des libertés fondamentales, notamment l’autonomie corporelle et le consentement éclairé. Les vaccins contre la grippe dont l’efficacité fluctue grandement (40 % et 60 % selon les saisons et les souches circulantes), ainsi que ceux contre la COVID-19, dont l’efficacité est remise en cause ainsi que la balance bénéfices risques comme en témoigne la perte d’adhésion à la campagne vaccinale (rejetée par 81 % des Français).

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Les effets secondaires, bien que généralement légers pour la majorité (28 % déclarent avoir subi des effets indésirables légers), incluent cependant 9 % de risques sévères ou majeurs comme la myocardite pour les vaccins COVID, rendant complexe une balance bénéfice-risque parfaitement réplicable et incontestable. Lorsque la science ne fournit pas de certitudes absolues – comme pour l’immunité durable ou la prévention totale de la transmission –, imposer une obligation vaccinale peut créer de véritables dilemmes de conscience. Elle risque alors de porter atteinte disproportionnée à l’intégrité physique et aux libertés individuelles, principes consacrés par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ainsi que par des conventions internationales comme celle d’Oviedo sur le consentement libre aux actes médicaux.

Dans un État de droit respectueux des droits humains, toute mesure coercitive doit être justifiée par une nécessité impérieuse, proportionnée et temporaire, en privilégiant d’abord l’information, l’incitation et le dialogue. Ceci n’a pas été le cas avec de trop nombreux politiques servant le narratif officiel de la vaccination covid sans avoir tous les éléments en main – par exemple le contenu des contrats des vaccins n’était pas disponible pour les députés lors du vote sur l’obligation vaccinale en aout 2021, ou encore des éléments d’information fournis par l’association bonsens.org ont été sciemment ignorés.

Forcer une intervention médicale sans consensus scientifique irréfutable ni exemptions pour motifs de conscience aura non seulement érodé la confiance publique (graphiques ci-après), mais aussi contredit l’essence même des libertés fondamentales : le droit de disposer de son corps en toute connaissance, surtout face à des incertitudes persistantes.

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(1) sur la population Amish

En 2025, la population Amish en Amérique du Nord a atteint environ 410 955 personnes, soit une augmentation de plus de 10 000 individus par rapport à l’année précédente. Cette croissance démographique, qui voit la communauté doubler tous les 20 ans environ, s’accompagne d’une expansion géographique : neuf nouvelles implantations ont vu le jour en un an, principalement dans 32 États américains. Des États comme la Pennsylvanie, l’Ohio et l’Indiana restent des bastions, mais des familles migrent vers l’Ouest, comme en Pennsylvanie où la surpopulation pousse certains à partir.

Cette expansion soulève des questions sur l’adaptation à des environnements nouveaux tout en maintenant les traditions, comme l’usage exclusif de chevaux et de calèches, ou le refus de l’électricité et des voitures.

Un événement marquant est la restructuration en cours dans la communauté de Lancaster County, en Pennsylvanie, l’une des plus grandes. Des divisions internes ont émergé entre groupes conservateurs stricts et d’autres plus réformistes, permettant une certaine flexibilité, comme l’usage limité de téléphones ou de véhicules pour le travail. Cette transition a permis à un couple Amish, Ben et Rose, de devenir des stars de la musique en 2025. Leur album Slowly But Surely et leurs vidéos en ligne ont attiré l’attention, avec des concerts prévus en 2026. Bien que controversé, cela reflète une période de grâce où les membres peuvent rejoindre des églises réformées sans être excommuniés.

Par ailleurs, la communauté attire les regards médiatiques avec la série télévisée Suddenly Amish diffusée sur TLC fin 2025. Ce programme suit six non-Amish tentant de s’intégrer à la vie communautaire sans commodités modernes comme les téléphones ou l’électricité. Tourné à Lancaster, il met en lumière les tensions entre tradition et modernité, surtout dans un contexte de perturbations internes. Ces développements soulèvent des débats sur la préservation des valeurs Amish face à l’influence extérieure, comme les interactions avec le monde « anglais » (non-Amish).





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