À six semaines du Salon international de l’agriculture, prévu du 21 février au 1er mars 2026 à Paris, deux grandes races bovines françaises annoncent leur retrait des rings. Limousins et Charolais renoncent à présenter des animaux, invoquant le risque sanitaire lié à la dermatose nodulaire contagieuse et dénonçant la gestion de crise par les pouvoirs publics.
Craignant la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse lors des transports et du séjour parisien, des éleveurs de Haute-Vienne et de Corrèze ont ouvert la voie. Mickaël Camus, habitué des podiums, résume le sentiment général : « faire le moins de mouvements possibles. C’est plus prudent de rester à la maison ». Guy Bourbouloux y voit aussi une protestation contre la réponse de l’État à la crise sanitaire.
Le Herd Book Limousin et France Limousin Sélection annoncent « annuler la présence des bovins limousins au Salon de l’agriculture et donc au concours général agricole et à la vente aux enchères ». Une décision « prise de manière concertée et responsable », selon leurs mots, relayés notamment par Ici Limousin. Pour Jean-Marc Alibert, président de France Limousin Sélection, le choix est « pris à regret » mais jugé « nécessaire face au contexte sanitaire », avec en toile de fond un désaccord plus large sur le Mercosur.
La Charolaise emboîte le pas. Le Herd Book Charolais confirme qu’« il n’y aura pas de bovins charolais à Paris ». L’organisme pointe « le contexte agricole général », la colère persistante des éleveurs et l’abattage systématique des troupeaux contaminés. Un geste assumé de solidarité envers les exploitations durement touchées, après une année 2025 déjà marquée par l’annulation de nombreux concours.
Les stands resteront ouverts, mais les animaux absents. Le Salon de l’agriculture devra composer avec ce vide symbolique, révélateur d’une filière sous pression, qui a choisi le message politique plutôt que la vitrine habituelle.