Les demandes des États-Unis vis-à-vis du Venezuela


Selon Politico, Washington a demandé à Delcy Rodriguez, présidente par interim du Venezuela :

• Qu’elle réprime les flux de drogue ;

• Qu’elle mette à la porte les responsables du renseignement iranien, cubain et d’autres pays ou de réseaux hostiles à Washington ;

• Et qu’elle arrête la vente de pétrole aux adversaires des États-Unis.

☞ Washington n’a pas demandé la libération de « prisonniers politiques » ni l’organisation d’élection présidentielle, au grand dam des straussiens.

Selon ABC News, Washington a exigé que le Venezuela cesse de vendre du pétrole à la Chine et à la Russie, ainsi qu’à Cuba et à l’Iran, pour ne commercer de pétrole qu’avec les États-Unis.

☞ La Russie est le second producteur mondial de pétrole et n’en achète donc pas ni au Venezuela ni ailleurs.

L’Iran, qui est aussi un État producteur, est avant tout responsable des raffineries d’El Palito et de Paraguaná. Téhéran a investi 4,7 milliards de dollars dans l’industrie pétrolière vénézuélienne. Il n’achète pas de pétrole pour lui-même, mais pour contourner les interdictions de transport de pétrole qui le touchent. Il peut ainsi subvenir aux besoins de ses alliés, le Hezbollah libanais ou Ansar Allah au Yémen.

☞ La production pétrolière du Venezuela s’est effondrée à moins de 5 % de ses capacités. Lorsque le président Hugo Chávez était au pouvoir et que les réserves pétrolières de son pays ont été découvertes, il avait conscience que le tandem Bush-Cheney confisquerait ses réserves dès qu’il le pourrait. Il a alors décidé de ne pas construire les raffineries spéciales exigées par ce pétrole lourd et a réorganisé l’extraction nationale en veillant à stopper le vol par les cadres corrompus de Petróleos de Venezuela SA (PDV SA). Durant cette période, la production de pétrole a baissé, mais ce qu’elle rapportait a augmenté. Au contraire, Nicolás Maduro n’est pas parvenu à maintenir les installations qui se sont détériorées. La production a continué à baisser, mais les revenus de l’État aussi.

☞ Les entreprises états-uniennes qui investiront pour redresser le secteur pétrolier vénézuélien ne pourront pas espérer de retour sur investissement avant une décennie. Compte tenu de l’instabilité de ce pays, ce sera, pour eux, un pari risqué.

La Maison-Blanche envisage de subventionner cet investissement. Si c’était le cas, il faudrait investir 80 à 90 milliards de dollars sur une durée de sept ans pour retrouver la production des années 1990, c’est-à-dire avant la découverte du pétrole lourd.

Selon le Wall Street Journal, Donald Trump devrait réunir, à la Maison-Blanche, le 9 janvier, des représentants de l’industrie pétrolière, dont ceux de Chevron, Exxon, ConocoPhillips et Continental Resources, la société du milliardaire Harold Hamm, conseiller pétrolier privé de Donald Trump.

L’année dernière, Trump a annulé des licences qui avaient permis à des entreprises, telles que l’Italien Eni, l’Espagnol Repsol et India’s Reliance Industries, d’opérer au Venezuela, tout en émettant une exception spéciale pour Chevron.

La réunion a été préparée par Chris Wright, secrétaire à l’Énergie, et par Doug Burgum, secrétaire à l’Intérieur (Aménagement du territoire), lors de la conférence pétrolière de Goldman Sachs à Miami.

Selon le cabinet norvégien Rystad Energy, expert reconnu en la matière, il faudrait investir 183 milliards de dollars sur 15 ans pour exploiter correctement le pétrole vénézuélien.

Les États-Unis étant exportateurs de pétrole, ils n’ont pas besoin du pétrole vénézuélien en plus du leur. Pour Washington, prendre le contrôle du pétrole ne signifie pas se l’approprier, mais veiller à ce qu’il ne soit pas disponible sans contrepartie pour la Chine et l’Iran. Au demeurant, le pétrole vénézuélien ne représente que 4 % du pétrole importé en Chine. Ce serait une perte pour Beijing, mais facile à compenser.

☞ En définitive, l’intervention états-unienne au Venezuela n’apparaît que comme une action visant à désorganiser les réseaux mafieux qui ont prospéré à l’ombre de l’alliance irano-vénézuélienne.

• Un autre enjeu pour Washington serait de récupérer les stocks d’armes soviétiques dont dispose l’armée vénézuélienne. Il se pourrait que certaines de ces armes n’aient toujours pas livré tous leurs secrets et que le Pentagone souhaite en acquérir. L’armée bolivarienne serait contrainte de tenter un coup d’État pour les protéger.



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