Polémique autour de Mathias Wargon l’urgentiste pro-vaccin confronté aux données officielles sur l’efficacité du vaccin antigrippal qu’il ignore. Dans le paysage médiatique français, où les débats sur la vaccination font rage depuis la pandémie de Covid-19, une nouvelle controverse a éclaté sur X impliquant le Dr Mathias Wargon, urgentiste connu pour ses positions fermes et dogmatiques en faveur de la vaccination.
Ce médecin, habitué des plateaux télévisés, s’est retrouvé au centre d’une tempête après avoir remis en question une statistique officielle sur l’efficacité du vaccin antigrippal, pour se voir immédiatement confronté à la preuve irréfutable tirée d’un bulletin de Santé Publique France. Cet épisode illustre la pollution informationnelle et la « médiocrité ambiante » où des experts interviennent publiquement sans avoir lu les sources primaires, tandis que les journalistes laissent filer sans vérification.
Les origines de la polémique : des propos choc sur les non-vaccinés
Fin décembre 2025, lors d’une apparition télévisée, Mathias Wargon a déclaré à propos des personnes de plus de 65 ans non vaccinées contre la grippe : « on ne les reçoit pas à l’hôpital ». Ces mots ont provoqué un tollé, perçus comme une violation flagrante du serment d’Hippocrate, qui impose de soigner tous les patients sans discrimination.
Des plaintes ont afflué auprès de l’Ordre des médecins, initiées notamment par le Dr Franck Zeiger, qui accuse Mathias Wargon de déconsidérer la profession et de promouvoir une sélection des patients basée sur leur statut vaccinal. Le Dr Zeiger ecrit à ce sujet après s’être fait attaqué

Florian Philippot et Philippe Murer ont amplifié l’indignation, dénonçant une logique coercitive rappelant les mesures Covid.
Wargon, qui se présente comme un combattant contre « le terrorisme de la bêtise et du populisme » dans sa bio X, a défendu ses propos en arguant qu’ils visaient à encourager la vaccination pour désengorger les urgences. Il est aussi connu comme un membre actif de la Harcelosphere, ces médecins et individus qui n’hésitent pas à harceler leurs confrères ou les personnes qui ne suivraient pas leur idéologie. Il n’hésite pas à faire usage de l’inversion accusatoire et les insultes comme moyen de communication.
Le coup de grâce : la preuve « envoyée à la figure » ?
Le 9 janvier 2026, le toxicologue Jean-Bernard Valade poste sur X un rappel cinglant : « Efficacité du vaccin grippe chez les plus de 65 ans d’après Santé Publique France 26,3% (chiffre provisoire) Voilà, c’est tout. »
Rappel:
Efficacité du vaccin grippe chez les plus de 65 ans d’après Santé Publique France 26,3% (chiffre provisoire)
Voilà, c’est tout— Jean-Bernard Valade (@jbvalade) January 9, 2026
Wargon réplique immédiatement : « Bonjour pouvez vous nous montrer votre source ? »
La réponse ne se fait pas attendre. Un utilisateur fournit une capture d’écran de la page 21 du bulletin hebdomadaire des infections respiratoires aiguës publié par Santé Publique France le 7 janvier 2026.
Foutage de gueule +++
Bien sûr que c’est écrit.
C’est d’ailleurs écrit à chaque bulletin hebdomadaire ! pic.twitter.com/QIwNoPMavk
— sןןı̣Ԁ ɐpuɐԀ pǝꓤ (@RedPandaPills) January 9, 2026
Le document facilement téléchargeable confirme noir sur blanc : l’efficacité en vie réelle du vaccin contre une infection grippale est estimée à 36,5 % tous âges confondus, mais chute à 26,3 % (intervalle de confiance 95 % : 18-36 %) chez les plus de 65 ans.
Cette « preuve envoyée à la figure » a fait l’effet d’une bombe. Des internautes ont ironisé sur le fait que Mathias Wargon ne répond plus quand on lui met les données officielles sous le nez, alors qu’il prône régulièrement l’obligation vaccinale sans en connaître l’efficacité constatée en vie réelle.
Wargon a réagi plus tard en minimisant : « Alors c’est une estimation provisoire dans une partie de la population et c’est… significatif. Je suis quand même stupéfait que ces personnes ne savent absolument pas comment on calcule l’effet d’un médicament/vaccin dans les études. »
Serment d’Hippocrate, charte des journalistes, devoir de réserve : la triple défaillance
Cet échange met cruellement en lumière un problème systémique bien plus large que la simple méconnaissance d’une statistique officielle. Il révèle une triple défaillance éthique et professionnelle qui mine la crédibilité de la médecine, du journalisme et du service public en France.
D’abord, le serment d’Hippocrate (dans sa version moderne de la Déclaration de Genève) impose à tout médecin : « Je ne permettrai pas que des considérations d’âge, de maladie ou d’infirmité, de croyance […] s’interposent entre mon devoir et mon patient. » Les déclarations suggérant de ne pas recevoir à l’hôpital les personnes âgées non vaccinées sont perçues par de nombreux confrères comme une discrimination directe fondée sur le statut vaccinal – une violation flagrante de ce principe fondamental.
Ensuite, les journalistes qui invitent ces « prétendus experts » sur les plateaux sans contradicteur et sans vérification préalable des chiffres clés enfreignent les principes de base de leur charte d’éthique professionnelle (1918/2011) et de la Charte de Munich : obligation absolue de vérifier les faits, de situer l’information dans son contexte et de ne publier que des éléments dont l’origine est connue. Laisser passer sans sourciller des affirmations sur l’efficacité vaccinale ou sur un tri des patients constitue une faute déontologique grave qui contribue à désinformer les patients et à d’éventuelles pertes de chance.

Enfin, en tant que praticien hospitalier et agent du service public, Mathias Wargon est soumis au Code général de la fonction publique et au statut particulier des praticiens hospitaliers, qui imposent neutralité, discrétion professionnelle et surtout devoir de réserve. Ce dernier oblige à user de mesure et de retenue dans l’expression publique des opinions, précisément pour ne pas porter atteinte à la crédibilité de l’institution hospitalière publique. Des sorties médiatiques agressives ou discriminantes risquent de déconsidérer l’ensemble du service public de santé aux yeux des patients.
Cette triple faillite – éthique médicale, déontologique journalistique, statutaire du service public – explique en grande partie pourquoi une simple capture d’écran d’un bulletin officiel peut devenir une humiliation publique pour un « médecin » habitué des plateaux.
Vers une remise en question ?
Santé Publique France insiste : malgré une efficacité modérée, la vaccination reste recommandée pour réduire les formes graves, avec une couverture vaccinale en hausse (44,2 % chez les plus de 65 ans au 30 novembre 2025). Mais l’épisode Wargon souligne un fossé entre discours médiatique et réalité scientifique.
L’Ordre des médecins, saisi de plusieurs centaines de plaintes, devra trancher. En attendant, cette polémique alimente le scepticisme vaccinal et appelle à plus de rigueur chez les « prétendus experts » et les médias.
La science, après tout, repose sur des faits lus et vérifiés, pas sur des opinions lancées à la volée.
Voyons combien de temps les médias qui ont laissé passer cette pollution informationnelle prendront pour corriger leur impair tel que la déontologie leur impose. Ou s’ils laisseront comme trop souvent la pollution informationnelle perdurer.
