Au début de l’année 2026, une étude publiée dans la revue scientifique Oncotarget a suscité une vive controverse en explorant les liens potentiels entre les vaccins contre le COVID-19, les infections au SARS-CoV-2 et l’apparition ou l’aggravation de cancers. Intitulée « Vaccination contre la COVID et signaux post-infection du cancer : évaluation des schémas et des mécanismes biologiques potentiels », cette revue systématique, menée par Charlotte Kuperwasser de l’Université Tufts et Wafik S. El-Deiry de l’Université Brown, analyse des rapports de cas et des études populationnelles pour identifier des patterns émergents. Peu après sa publication le 3 janvier 2026, le site de la revue a été victime d’une cyberattaque, rendant l’article inaccessible et alimentant des accusations de censure. Cet événement, rapporté au FBI, a amplifié le débat, opposant des scientifiques appelant à plus de recherches à des critiques accusant l’étude de biais et de manque de preuves causales. Cet article examine en détail l’étude, ses implications, la cyberattaque et les réactions, en s’appuyant sur des sources variées pour une vue équilibrée.
Description de l’étude : méthodes et principaux résultats
L’étude est une revue de littérature couvrant la période de janvier 2020 à octobre 2025. Les auteurs ont identifié 69 publications répondant à des critères d’éligibilité stricts, incluant 66 rapports de cas ou séries de cas décrivant 333 patients dans 27 pays (dont les États-Unis, le Japon, la Chine, l’Italie, l’Espagne et la Corée du Sud), ainsi que deux études de cohorte à grande échelle (une en Italie sur environ 300 000 personnes et une en Corée du Sud sur 8,4 millions) et une analyse longitudinale sur 1,3 million de membres des forces armées américaines.
Les résultats mettent en évidence des schémas récurrents :
- Temporalité : environ 50 % des cancers sont apparus dans les 2 à 4 semaines suivant la vaccination, certains dans les jours suivants. De nombreux cas ont suivi une deuxième dose ou un rappel, suggérant un effet cumulatif sur l’immunité.
- Types de cancers : les lymphomes représentent environ 38 % des cas (signal dominant), suivis des carcinomes (16 %, incluant sein, poumon, colorectal, prostate et pancréas), des mélanomes (9 %), des sarcomes (9 %), des glioblastomes (7 %) et des leucémies (6 %). Des cancers associés à des virus, comme le sarcome de Kaposi ou le carcinome à cellules de Merkel, sont également notés.
- Comportement atypique : les cancers montrent une progression rapide, une récurrence ou une réactivation de maladies précédemment stables. Certains se développent près du site d’injection ou dans les ganglions lymphatiques régionaux.
- Plateformes vaccinales impliquées : Environ 80 % des cas concernent des vaccins à ARNm, avec Pfizer-BioNTech (56 %), Moderna (25 %), AstraZeneca (17 %) et Johnson & Johnson (8 %).

Les données populationnelles corroborent ces observations : l’étude coréenne rapporte des associations significatives avec des risques accrus pour plusieurs cancers (thyroïde HR 1,35 ; estomac 1,34 ; colorectal 1,28 ; poumon 1,53 ; sein 1,20 ; prostate 1,69), variant selon le type de vaccin, le sexe, l’âge et les rappels. L’analyse militaire américaine note une hausse des lymphomes T/NK après le déploiement des vaccins en 2021. Cependant, les auteurs soulignent que ces observations ne prouvent pas une causalité directe et appellent à des études épidémiologiques, longitudinales, cliniques, histopathologiques, médico-légales et mécanistiques plus rigoureuses.
L’épidémiologiste Nicholas Hulscher a résumé l’étude dans un post devenu viral :
🚨BREAKING: Study Identifies Over 300 Peer-Reviewed COVID-19 « Vaccine » Cancer Cases Across 27 Countries — Journal Hit With Cyberattacks
Major cancer journal confirms global turbo cancer safety signal as CRIMINAL cyberattacks possibly linked to PubPeer disrupt access to the study… https://t.co/NolTLVT12I pic.twitter.com/PUvyYBGVGN
— Nicolas Hulscher, MPH (@NicHulscher) January 4, 2026

Mécanismes biologiques proposés
Les auteurs proposent plusieurs mécanismes plausibles expliquant ces signaux :
- Dérégulation immunitaire : les vaccins à ARNm pourraient altérer la surveillance tumorale, favorisant l’échappement immunitaire des cellules cancéreuses. Par exemple, la protéine spike (produite par le vaccin ou l’infection) pourrait inhiber le gène suppresseur de tumeur p53, rendant les cellules cancéreuses plus résistantes à la chimiothérapie.
- Protéine spike persistante : détectée dans des tumeurs, elle pourrait interagir avec des mécanismes anti-cancéreux.
- Contaminants et biodistribution : des résidus d’ADN plasmidique (incluant des éléments SV40) délivrés via des nanoparticules lipidiques pourraient poser des risques, bien que les agences réglementaires comme la FDA, Santé Canada et l’EMA affirment qu’ils ne présentent pas de danger.
- Hyperprogression tumorale : une stimulation immunitaire forte pourrait surmonter la surveillance immunitaire des cellules cancéreuses latentes.
Une hypothèse complémentaire d’El-Deiry suggère une coopération entre la protéine E6 du HPV et la spike du COVID pour cibler p53. Ces mécanismes sont décrits comme des modèles plausibles nécessitant des investigations expérimentales ciblées.

La cyberattaque et les accusations de censure
Quelques jours après la publication, le site d’Oncotarget est devenu inaccessible, affichant une erreur « bad gateway ». La revue attribue cela à une cyberattaque en cours depuis décembre 2025, signalée au FBI. Des méthodes comme des attaques DDoS ou des hacks directs sont suspectées. El-Deiry a publiquement accusé une « censure armée » sur X, affirmant que l’attaque empêche l’accès à des informations cruciales sur les vaccins et le cancer.
El-Deiry a partagé un article du Daily Mail en le qualifiant d’« étude choquante reliant les injections COVID au cancer ‘censurée’ par une cyberattaque mystérieuse », renforçant ses allégations de censure délibérée. La revue enquête sur des liens potentiels avec PubPeer, une plateforme de revue post-publication anonyme, accusée par certains de « PubSmear » (campagnes de diffamation) tel que l’a révélé France-Soir dans une enquête en avril 2025.

Cela a entrainé une crise profonde de l’intégrité scientifique impliquant le journal Nature et Elisabeth Bik, une scientifique qui s’auto proclame détective scientifique alors que l’enquête ScienceGuardians révèle qu’elle est au centre d’un système organisé de censure et de protection mutuelle.

PubPeer nie toute implication sans toutefois réfuter les accusations et preuves apportées par ScienceGuardians.
El-Deiry a partagé l’étude via Google Drive et LinkedIn, et a annoncé que les commentaires des pairs et réponses des auteurs seraient ajoutés une fois le site restauré. Le sénateur américain Ron Johnson, président de la Commission d’enquete permanente au Sénat, a qualifié ces attaques de « menace sérieuse pour la science intègre », questionnant ce que les responsables cherchent à cacher.
Réactions, critiques et contexte plus large
Les réactions sont polarisées. Des partisans, comme le législateur japonais Kazuhiro Haraguchi (qui a développé un cancer après vaccination), ont remercié les auteurs pour avoir soulevé ces questions. Des comptes anti-vaccins sur X amplifient l’étude, la qualifiant de preuve de « turbo cancers » – un terme non reconnu scientifiquement.
Les critiques soulignent bien quelques faiblesses en mettant en avant un conflit d’intérêts : El-Deiry est rédacteur en chef d’Oncotarget, bien qu’il affirme ne pas avoir participé à la revue par les pairs ; la méthodologie : 75 % des cas sont des rapports isolés, incapables d’établir une causalité. L’étude coréenne fait l’objet d’une « expression de préoccupation » pour biais (biais immortel, de surveillance) ; l’ignorance d’évidences contraires : une étude de 2025 dans Nature montre que les vaccins ARNm améliorent la survie chez les patients cancéreux sous immunothérapie (réduction de 49 % du risque de décès). L’absence de signal global : Avec des milliards de doses administrées, aucune explosion mondiale d’incidence de cancers n’est observée. Cependant aucune critique ne vient proposer une alternative à l’augmentation importante des cas de cancers.
El-Deiry, connu pour ses découvertes sur p53, appelle à une réévaluation rigoureuse des vaccins ARNm, citant des contaminants imprévus et des effets à long terme. Des organisations comme le Memorial Sloan Kettering Cancer Center rejettent tout lien établi entre vaccins et cancer. FactCheck.org note que des présentations antérieures d’El-Deiry et Kuperwasser au CDC ont déformé des recherches sur la sécurité des vaccins.
Dans un contexte plus large, des débats sur les vaccins persistent, influencés par des figures comme Robert F. Kennedy Jr. et des mouvements comme MAHA (Make America Healthy Again). Ces attaques s’apparentent à une réfutation de principe partisane et orchestrée, qui vient essayer de contrer la dynamique menée par RFK Jr sur la réforme profonde des institutions américaines de santé et la demande de preuves et d’essais comparatifs contre placebo des vaccins comme tous les autres médicaments (ce n’est actuellement pas le cas). Des études comme celle de Grippin (2025) suggèrent même des bénéfices anticancéreux des vaccins. Un vrai débat doit donc se tenir.
Conclusion
Cette étude met en lumière des signaux potentiels de sécurité qui méritent une investigation approfondie, sans pour autant établir une causalité. La cyberattaque soulève des questions sur la liberté scientifique et la transparence. Alors que des voix appellent à la prudence avec les vaccins ARNm, les autorités sanitaires maintiennent qu’aucun lien prouvé avec le cancer n’existe, basé sur des données massives malgré des signaux constants dans la direction opposée.
Dans un climat polarisé, des recherches indépendantes et rigoureuses sont essentielles pour protéger la santé publique et restaurer la confiance.

