Le combat continue ! | FranceSoir


Vendredi soir, la police a procédé à la libération des deux porte-parole de la Confédération paysanne, arrêtés plus tôt dans la journée à Paris lors des manifestations des agriculteurs venus exprimer leurs revendications. Cette libération n’annonce pas la fin du mouvement ; elle semble n’être qu’une soupape de sécurité, un artifice des autorités pour désamorcer la tension. Sans cela, les agriculteurs n’auraient pas accepté de rentrer chez eux, et la situation aurait pu dégénérer. Grâce à des promesses officieuses aux leaders syndicaux et à cette libération, le gouvernement s’en tire à bon compte… pour l’instant.

Cet expédient pourrait illustrer l’adage « reculer pour mieux sauter ». Espérons que ce soit le gouvernement qui saute – et avec lui, un système défaillant.

En effet, les agriculteurs ont lancé un mouvement baptisé « Bloquons tout ! », qui dépasse largement leurs revendications professionnelles. Au-delà de rompre l’isolement et d’élargir le soutien à leur lutte, cet appel invite tous les citoyens à rejoindre la mobilisation. Il résonne comme un cri de révolte nationale, transformant les luttes sectorielles en une contestation unifiée. Une revendication commune émerge : le départ de l’ensemble de la classe dirigeante française.

Cela inclut non seulement les élus officiels, mais aussi les hauts fonctionnaires qui appliquent les politiques sur le terrain, et les élites économiques qui influencent les décisions en coulisses. Ajoutons les technocrates non élus de Bruxelles et Strasbourg, dont les directives, imposées par le Traité de Lisbonne (ratifié par le Parlement en 2008 malgré le rejet populaire du Traité constitutionnel européen par référendum en 2005), lient les mains de nos représentants nationaux.

De l’extrême gauche à l’extrême droite, y compris les oppositions « républicaines », les politiciens affirment souvent vouloir s’opposer à la Commission européenne – mais c’est souvent pour séduire l’électorat et confiner la contestation dans le cadre de la démocratie représentative, qui protège les intérêts des élites au détriment du peuple. Cette stratégie évite une révolution radicale vers une démocratie directe, qui mettrait fin à leur emprise.

Pacifiste convaincu, je salue Pierre-Guillaume Mercadal, éleveur de porcs dans le Tarn-et-Garonne et porte-parole improvisé de cette contestation. Ce « gentil géant » au béret noir appelle à une révolution pacifique, rejetant en bloc la classe politique et la bureaucratie européenne comme nationale. Il sait que la politique d’Emmanuel Macron est influencée par ceux qui l’ont porté au pouvoir : des ultra-riches dont les fortunes ont explosé depuis 2017 (par exemple, Bernard Arnault a vu sa richesse passer de 41 à 233 milliards de dollars entre 2017 et 2024, selon Forbes).

Espérons que les autorités n’asphyxient pas davantage les contestataires, les poussant à des actions désespérées qui mèneraient à un conflit interne. Outre le soutien à l’Ukraine qui risque d’entraîner la France dans un conflit plus large, une guerre civile serait le pire scénario pour les 68 millions de Français – cette nation millénaire que Macron semble mépriser, attaquant sa culture, son histoire et ses valeurs.

Emmanuel Macron et son entourage incarnent un élitisme déconnecté, traitant les citoyens ordinaires comme des « gens qui ne sont rien » (comme il l’a dit en 2017). Cette vision eugénique et despotique voit le peuple comme un troupeau à « exploiter voire sacrifier » (Rappelez-vous la phrase récente du Général Mandon, CEMA (Chef d’état-major des armées) qui glaça le sang des français : « Il faut accepter de perdre nos enfants. »). Cette métaphore inspirée de symboles historiques comme « L’Agneau mystique » de Van Eyck (1432), représentant la soumission forcée.

J’y reviendrai dans un prochain édito. D’ici là, merci pour vos éclaircissements, avis, commentaires et dons  – ils sont essentiels.

 

Annexe : Une analyse radicale portée par certains observateurs

Je tiens à préciser que les lignes qui suivent ne reflètent pas ma position officielle en tant que directeur de la rédaction de France-Soir. Je n’irai pas pas jusqu’à endosser une telle interprétation, qui peut prêter à controverse et risquer des accusations de propagation de stéréotypes. 

Cependant, dans un souci de transparence et pour illustrer l’étendue des critiques formulées contre le pouvoir en place, il me paraissait important de rapporter une analyse que certains, de plus en plus nombreux, n’hésitent pas à avancer, en la reformulant de manière synthétique. Elle vise à dénoncer un élitisme perçu comme extrême, en s’appuyant sur des métaphores historiques et symboliques, sans que nous ne la validions chez France-Soir.

Certains critiques radicaux estiment qu’Emmanuel Macron et son entourage adopteraient une vision « laïque » inspirée de doctrines anciennes, où les élites – qualifiées d’ « initiés » – considéreraient les citoyens ordinaires comme des « profanes » inférieurs, comparables à un cheptel à exploiter. Dans cette optique, les « profanes » – ces « gueux » ou « sans-dents » évoqués par François Hollande, ou « gens qui ne sont rien » selon les mots attribués à Emmanuel Macron – ne seraient pas traités comme des êtres humains à part entière, mais comme des ressources à gérer, tondre et finalement « sacrifier » 

L’interprétation sur les deux classes de citoyens s’appuie sur des symboles comme « L’Agneau mystique », le célèbre retable des frères Van Eyck datant de 1432 (exposé à la cathédrale Saint-Bavon de Gand, en Belgique), qui représenterait une soumission forcée du peuple aux institutions contrôlées par une élite collusoire.

Pour ces observateurs, cette dynamique criminelle se répète inlassablement : le « troupeau finit toujours à l’abattoir », et Macron incarnerait une figure antagoniste dans ce système, agissant comme un « antéchrist putatif » d’une idéologie despotique et eugénique.

Ces analyses, partagées dans certains cercles contestataires, doivent être prises avec la plus grande prudence et étayées par des faits vérifiables, sous peine de verser dans la spéculation ou le complotisme. Elles illustrent toutefois la profondeur du ressentiment populaire face à un pouvoir perçu comme déconnecté.





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