Brigittegate : une condamnation sévère qui interroge l’impartialité de la justice française


Dans un verdict rendu le 5 janvier 2026 par le tribunal correctionnel de Paris, dix personnes ont été condamnées pour harcèlement moral en ligne dans l’affaire dite « Brigittegate ».  

Les autorités semblent considérer qu’il y a des rumeurs persistantes, sans fondements, qualifiées d’infox transphobes, qui allèguent que Brigitte Macron serait une personne transgenre née sous le nom de Jean-Michel Trogneux, son frère. Pourtant en juillet 2025, la justice, en relaxant Natacha Rey et Amandine Roy, a écarté le qualificatif transphobe : 

« L’imputation d’une transition de genre n’est pas de nature à porter à l’honneur ou à la considération ». 

Les autorités dénoncent également des accusations infondées de pédocriminalité liées à la différence d’âge entre les époux (Brigitte Macron a 72 ans et Emmanuel Macron 48 ans) et plus particulièrement à l’âge d’Emmanuel Macron (14 ans) lors de leur rencontre remontant à l’époque où il était sous l’autorité de Brigitte Macron sa professeure de théâtre au lycée La Providence à Amiens. Quant aux preuves avancées, notamment celles présentées dans le livre de Xavier Poussard qui n’a pas fait partie des prévenus ou sur le site Pressibus, elles n’ont pas été étudiées par la Justice, ni même par les grands médias et n’ont pas donné lieu à des dénégations factuelles par les autorités.

Résumé vidéo de l’article :

Si la décision vise à protéger la vie privée d’une figure publique, elle soulève de vives interrogations sur sa sévérité punitive, son apparente partialité et les implications plus larges pour la liberté d’expression en France. À l’heure où le président Emmanuel Macron promeut des initiatives comme la Déclaration de Paris et une labellisation des médias, ce jugement apparaît à certains comme un outil de contrôle, remettant en cause l’indépendance judiciaire et les bases factuelles sur lesquelles des décisions de justice sont prises dans un pays historiquement attaché aux idéaux voltairiens.

 

Un verdict punitif aux allures de mesure exemplaire

Le tribunal, présidé par Thierry Donnard, a infligé des peines allant de 4 à 8 mois de prison avec sursis pour la plupart des prévenus, avec un cas de 6 mois ferme. Des amendes et des dommages et intérêts ont également été ordonnés, bien que les montants exacts n’aient pas été détaillés publiquement. Parmi les condamnés figurent des profils variés : Aurélien Poirson-Atlan (alias Zoé Sagan), condamné à 8 mois avec sursis pour des messages sur X ; Delphine Jegousse (alias Amandine Roy), médium, à 6 mois avec sursis ; et Bertrand Scholler, galeriste, à 6 mois avec sursis. Un prévenu handicapé à 80 %, absent au procès, a été jugé en son absence, renforçant les critiques sur l’inhumanité de la procédure.

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Cette sévérité contraste avec d’autres affaires de harcèlement en ligne en France. Selon le Code pénal, le harcèlement moral en ligne est puni de jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, porté à 3 ans et 45 000 euros avec des circonstances aggravantes comme le sexisme ou la discrimination liée au genre.

Par exemple, dans des cas de cyberharcèlement impliquant des mineurs ou des violences sexuelles, les peines peuvent atteindre 3 ans ferme, mais souvent, pour des propos isolés ou non coordonnés, les tribunaux optent pour des amendes ou des sursis légers. Ici, les peines paraissent disproportionnées au regard de relaxes antérieures dans la même affaire pour diffamation en juillet 2025, où la cour d’appel avait estimé que l’imputation d’une transition de genre n’était pas diffamatoire en soi.

Les juges ont motivé leur décision par une « volonté de nuire » collective, alors que les individus étaient isolés, qualifiant les propos de « malveillants et dégradants ». Le tribunal a reconnu la répétition des actes, mais sans preuve d’une coordination formelle. Cette approche collective évoque pour les critiques un délibéré « écrit d’avance », taillé sur mesure pour envoyer un signal fort, surtout dans un contexte où Brigitte Macron, plaignante, a déclaré vouloir « montrer l’exemple » sans même assister au procès !

Refusant une expertise psychologique alors qu’elle a affirmé ne pas avoir lu les messages incriminés, c’est sa fille qui a eu la lourde tâche d’apporter un témoignage que la plaignante était « très affectée » par cette histoire. La prise en compte de ce témoignage par le tribunal est assez déconcertante car étant donné les liens de parenté de Tiphaine Auzière avec Brigitte Macron, il ne devrait pas avoir de réelle valeur probante –certains observateurs le qualifient de 

« témoignage de complaisance d’une personne n’ayant aucune formation psychologique ou médicale ». De plus, comme un thérapeute nous l’indique, « quand on considère l’agenda chargé et les nombreuses rencontres publiques de Brigitte Macron, l’état psychologique de cette dernière ne semble guère avoir été dégradé. Une personne victime de harcèlement a au contraire tendance à s’isoler. » 

En outre une question subsiste sur la proximité temporelle avec son témoignage, de la nomination de Tiphaine Auzière en tant qu’administratrice de la société Arverne.  A ce jour, Brigitte Macron n’a jamais proposé une preuve irréfutable de son genre, ce qui aurait clôturé le sujet, et rendu la décision des magistrats sans appel !

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Cette décision intervient après deux relaxes en juillet 2025 dans une affaire connexe pour diffamation, où deux femmes (Amandine Roy et Natacha Rey) avaient été initialement condamnées en première instance en septembre 2024, mais relaxées en appel alors que Brigitte Macron et Jean-Michel Trogneux ne sont pas apparus au procès et ont fait montre de leur identité avec dans un premier temps une simple carte d’électeur et dans un second temps une carte d’identité périmée pour Jean-Michel Trogneux. Ce dernier semble s’être volatilisé alors que sa « nièce » a déclaré lors du procès qu’il se portait très bien et qu’elle l’avait vu récemment. Sans preuve à l’appui, cela n’aurait-il pas dû être considéré par le tribunal comme du « lyrisme ».  Brigitte Macron s’est pourvue en cassation contre cette relaxe. Le parquet avait requis des peines de 3 à 12 mois avec sursis lors du procès d’octobre 2025.

 
Des soupçons de partialité et d’indépendance compromise

Au cœur des controverses figurent les doutes sur l’impartialité de la justice, particulièrement lorsque le parquet, sous tutelle du ministère, a opté pour la qualification de harcèlement après l’échec des poursuites pour diffamation en acceptant comme preuves des éléments qui sont pour le moins questionnables.

Cette perception de partialité s’inscrit dans un cadre plus large où la justice semble instrumentalisée. Les réactions sont polarisées, reflétant les divisions sur la liberté d’expression et la protection des victimes. Juan Branco, avocat, a dénoncé sur X « procédure politicomédiatique » orchestrée par l’Élysée, utilisant une loi destinée aux vulnérables pour « fracasser » les critiques. Il critique l’absence de débat sur la vérité des informations, les promotions opportunes de magistrats, et les médias relayant les éléments de langage du pouvoir. Il évoque un « spectacle pornographique » organisé par la justice.

Des comptes comme @lesaurores ont souligné un « niveau d’endogamie » problématique dans les sphères judiciaires, questionnant si le verdict n’était pas prédéterminé pour protéger le pouvoir en place.

Des utilisateurs comme le compte anonyme @lactetue critiquent l’argumentation de Branco comme du « lyrismeé » masquant un vide juridique alors que @christelesanary s’indigne de la condamnation d’un handicapé absent et @Isabelle81150 exprime un épuisement face à un système « gangréné ».

Dans une vidéo, Bertrand Scholler un des prévenus met en lumière une censure présumée de ses commentaires sur une photo manipulée de Brigitte Macron jeune, partagée initialement par sa fille Laurence Auzière. Il déplore aussi la censure par le média Quotidien de ses propos.

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Lionel Labosse, auteur du livre « Elle est menteur, mon cher Watson ! Précis de Brigittologie » a été filmé à son insu. Il exprime son indignation face à cette intrusion contraire à toute déontologie journalistique. Une des rares personnes présentes lors du délibéré, il a commis un article analysant en détail les « affirmations » des « brigittologues », citant une photo de Brigitte Macron jeune (partagée par Bertrand Scholler avec preuves de non-manipulation par lui), et des sources comme des vidéos et posts X. Un compte rendu à lire pour avoir une vision plus balancée que ce que l’on trouve dans la presse mainstream subventionnées collaboratrice.

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La loi Schiappa sous le feu des critiques : un outil à double tranchant ?

La décision repose sur l’article 222-33-2-2 du Code pénal, introduit par la loi du 3 août 2018 renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, portée par Marlène Schiappa. Ce texte définit le harcèlement moral en ligne comme des « propos ou comportements répétés » altérant la santé de la victime, avec des peines aggravées pour sexisme. Si cette loi visait à protéger les vulnérables, elle est aujourd’hui remise en cause pour son application sélective.

Schiappa elle-même a été au centre d’un scandale avec le fonds Marianne, lancé en 2021 pour lutter contre le séparatisme après l’assassinat de Samuel Paty. Des enquêtes du Sénat et de l’Inspection générale de l’administration (IGA) ont qualifié sa gestion de « fiasco » et de « dérive d’un coup politique », pointant une opacité, des attributions favoritistes et des soupçons de détournement de fonds publics. Le rapport sénatorial a dénoncé la responsabilité directe de Schiappa et de son cabinet, avec une information judiciaire ouverte par le Parquet national financier pour abus de confiance et prise illégale d’intérêts. Des associations subventionnées auraient utilisé les fonds pour cibler des adversaires politiques, remettant en cause l’impartialité de Schiappa – ironiquement, la même qui a impulsé une loi maintenant utilisée contre des critiques du pouvoir.

 

Liens avec les initiatives de Macron : vers un contrôle accru de l’Information ?

Cette affaire survient alors qu’Emmanuel Macron, époux de la plaignante, promeut des mesures perçues comme des outils de régulation de l’information. La Déclaration de Paris, signée le 29 octobre 2025 par 29 nations, vise à promouvoir une « information indépendante et fiable » comme bien public, avec un financement de 120 millions d’euros annuels par la France pour les médias alignés. Critiquée comme hypocrite, elle ignore les « mensonges d’État » passés, comme lors de la crise COVID-19, où des médias indépendants comme France-Soir ont été censurés par le géant de la Tech YouTube avant d’être réhabilités. L’État ne peut-il donc pas être qualifié de « propagandiste de ses propres mensonges », avec des exemples de désinformation sur les retraites, la dette publique et l’environnement.

Parallèlement, Macron propose une labellisation des médias via la Journalism Trust Initiative (JTI) de Reporters sans frontières (RSF), évaluant la fiabilité sur 130 indicateurs.

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Les médias non certifiés pourraient être invisibilisés sur les plateformes, évoquant une « censure déguisée en protection » et un « Ministère de l’Information 2.0 ». Ces initiatives, issues des États généraux de l’information lancés en 2023, soulèvent des craintes d’un contrôle sans contrepouvoir, particulièrement lorsque l’Arcom existe déjà pour réguler la pluralité.

 
La France de Voltaire en péril ? un pas vers le ministère de la Vérité

Voltaire, défenseur ardent de la liberté d’expression avec la célèbre phrase apocryphe qui lui est attribuée « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire », symbolise l’esprit français.

Pourtant, cette décision pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses : pourquoi une telle sévérité pour des rumeurs, alors que des affaires de harcèlement plus graves reçoivent des peines similaires ? L’absence de débat sur les faits sous-jacents et les liens allégués entre justice et exécutif renforcent l’idée d’un système sans équilibre.

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Dans un contexte où Macron est perçu comme un « artisan de mensonges » contrôlant les instances régulatrices, ce verdict marque un pas supplémentaire vers un « ministère de la vérité » orwellien. L’affaire Brigittegate illustre les tensions entre protection des individus et préservation des libertés fondamentales. Reste à voir si la Cour de cassation, saisie dans l’affaire connexe de diffamation, rétablira un équilibre ou confirmera ces craintes. Les prévenus ont d’ores et déjà déclaré faire appel.

La procédure improbable des Macron aux États-Unis contre la journaliste Candace Owens, présentée comme « influenceuse » devrait faire l’objet d’une possible décision sur la nullité la semaine prochaine, les conclusions des deux parties ayant été déposées ce 9 janvier 2026.

Affaire à suivre 

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