Canal+ « assume complètement » de garder Morandini sur CNews malgré sa condamnation


« On assume complètement » le maintien à l’antenne de CNews de l’animateur Jean-Marc Morandini malgré sa condamnation définitive pour corruption de mineurs, a déclaré jeudi le directeur général de Canal+ France, Gérald-Brice Viret.

« Il n’est en contact avec aucun mineur à CNews », et ce « depuis très longtemps », a-t-il souligné devant l’Association des journalistes médias.

Le « Morandini Live » a repris normalement jeudi matin sur la première chaîne info de France, qui appartient au groupe Canal+, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, avec plusieurs sujets sur la délinquance.

Dans un communiqué, le syndicat +Libres de Canal+ a demandé « le départ sans indemnité de Jean-Marc Morandini », comme la direction de la chaîne alors appelée iTélé s’y était engagée en 2016 en cas de condamnation.

Le syndicat a pointé une « remise en cause de la crédibilité de notre groupe dans sa politique de responsabilité sociale et environnementale », une « atteinte à son image » et un « impact sur la fierté d’appartenance des collaborateurs ».

+Libres appelle les salariés, les personnalités et sportifs passant sur les chaînes du groupe à « faire entendre leur voix face à une situation susceptible de heurter leurs valeurs ou leur conscience ».

Mais M. Viret l’a martelé : Jean-Marc Morandini « est à l’antenne et il le restera ».

La Cour de cassation a rendu définitive mercredi la condamnation de l’animateur pour corruption de mineurs, pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016, en n’admettant pas son pourvoi.

CNews avait indiqué quelques heures plus tard que « Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice » et « reste à l’antenne ». La décision a été actée avec le PDG du groupe Canal+ Maxime Saada.

L’animateur de 60 ans avait été condamné le 21 mars 2025 à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende par la cour d’appel de Paris.

Celle-ci avait en outre prononcé contre M. Morandini une interdiction définitive d’exercer une profession en contact avec des mineurs et confirmé son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

L’animateur, qui a dit envisager de saisir la Cour européenne des droits de l’Homme, récuse « le moindre geste déplacé ».

Depuis septembre, Jean-Marc Morandini « fait son émission directement dans les locaux de CNews et d’Europe 1 » à Paris et « c’est très bien fait », il n’est « pas au même étage » que les jeunes stagiaires, a précisé le directeur général de Canal+ France chargé des programmes et des chaînes.

Cette absence de contact avec les mineurs était une « condition depuis 2016 déjà », a rappelé M. Viret. Jusqu’à l’été dernier, M. Morandini tournait son émission hors du siège de la chaîne, dans un studio des Champs-Elysées.

En 2016, la rédaction avait fait grève pendant un mois pour protester contre l’arrivée de l’animateur à l’antenne. Il venait d’être mis en examen pour « corruption de mineurs » et avait été écarté d’Europe 1.

Interrogé sur un éventuel recul de la publicité sur la chaîne en conséquence du maintien de M. Morandini, il a affirmé que « c’est le public qui décidera »: « Si les audiences sont fortes, les annonceurs seront là ».

« Ils n’ont jamais été aussi nombreux aujourd’hui » et CNews est « à l’équilibre opérationnel en 2025, pour la première année », a-t-il ajouté.





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