Résumé pour les pressés : Ioannidis alerte sur le journalisme scientifique qui vire à une « plaidoyer pour la tyrannie », biaisant la science comme le rapport français sur la désinformation santé, truffé de conflits et censurant les voix dissidentes – urgence : séparer faits et opinions pour restaurer la confiance !
Le journalisme scientifique à la croisée des chemins : le preprint d’Ioannidis met en garde contre le côté obscur du militantisme ou la défense partisane, illustré par le fiasco de la désinformation en France
Dans un preprint provocateur le célèbre et reconnu professeur John Ioannidis de l’Université de Stanford explore le paysage évolutif du journalisme scientifique, le dépeignant comme une arme à double tranchant capable d’éclairer la société ou d’exercer un pouvoir tyrannique sur le discours scientifique. Intitulé « Journalisme scientifique et militantisme : diffuser, faciliter, défendre, façonner, terroriser ou usurper la science ? », l’article retrace les rôles historiques et actuels des communicateurs scientifiques. Il montre comment leur intrication avec le militantisme ou position partisane peuvent mener à la déformation de preuves, à la destruction de la confiance et même à empêcher toute vraie recherche scientifique. À travers des exemples tirés de la pandémie de Covid-19 et d’autres domaines, Ioannidis appelle à une séparation stricte entre journalisme, militantisme et science pour préserver l’intégrité. Cette analyse prend une résonance particulière en France, où le récent rapport gouvernemental sur la désinformation en santé suscite de vives accusations de parti pris et de censure, illustrant précisément les dangers décrits par Ioannidis.

Les multiples visages du journalisme scientifique
Ioannidis commence par décrire les différents « phénotypes » du journalisme scientifique : depuis ses origines dans les années 1930 avec des organisations comme la National Association of Science Writers, jusqu’à sa fragmentation actuelle entre réseaux sociaux, intelligence artificielle et pigistes. Les missions traditionnelles – diffuser les découvertes complexes, faciliter la compréhension et protéger la science contre la désinformation – restent essentielles. Mais quand le journalisme se mêle au militantisme, il bascule vers des formes plus agressives contribuant à façonner les récits scientifiques, à terroriser des domaines entiers par des attaques partisanes, ou carrément à usurper la science en imposant des histoires toutes faites avant même que les preuves ne soient réunies.

Le principal danger réside dans le flou entre information impartiale et militantisme. Ioannidis reconnaît que le plaidoyer peut être légitime face à des menaces évidentes (comme le déni de l’industrie du tabac), mais il devient problématique dans les domaines incertains, comme les obligations de port du masque pendant la Covid-19. Il cite les essais randomisés montrant une efficacité très limitée des masques contre la transmission du virus ; pourtant certains militants ont continué d’attaquer violemment ces études, sapant du même coup la crédibilité sur des sujets plus larges comme le changement climatique.
« Les marchands de doute malveillants nous discréditeront à juste titre si nous agissons en militants là où nous devrions rester des communicateurs impartiaux », prévient-il, soulignant le risque d’un retour de flamme qui alimente le scepticisme généralisé.
Cette dérive est amplifiée par les outils modernes : contenus générés par intelligence artificielle, chasse au buzz sur les réseaux sociaux via les altmetrics, entreprises de vérification des faits qui privilégient souvent le consensus à l’examen critique. Les scientifiques eux-mêmes se transforment de plus en plus en influenceurs, préférant l’« impact alternatif » à la rigueur de la recherche, tandis que les revues prestigieuses mélangent désormais contenu éditorial militant et science pure.
Conséquences pour la science et pour la société
Les implications sont graves : un militantisme non maîtrisé dans le journalisme scientifique favorise les biais, réduit la transparence et étouffe la dissidence. À l’extrême, il instaure un pouvoir tyrannique où journalistes et militants décident seuls de ce qui est fiable, écartant toute preuve qui contredit leurs récits préférés. Cela fausse les politiques publiques (en maintenant des mesures inefficaces) et détruit la confiance envers les institutions, la science apparaissant alors comme politisée. Ioannidis propose plusieurs réformes : séparer clairement journalisme et militantisme, donner la priorité aux preuves sur les opinions, renforcer la responsabilité des auteurs et adopter des normes éthiques strictes en matière de transparence.
Ces mises en garde trouvent un écho saisissant en France avec la bataille autour de la désinformation en santé. Le rapport remis le 12 janvier 2026 au ministre de la Santé par Mathieu Molimard, Dominique Costagliola et Hélène Maisonneuve propose une stratégie nationale contre les fausses informations… mais les analyses révèlent des biais profonds qui correspondent exactement aux critiques d’Ioannidis sur le militantisme qui s’approprie la science.
Le panel de 267 personnes auditionnées est très largement orienté vers l’establishment : 80 % viennent d’agences d’État, d’ordres professionnels ou d’institutions publiques et zéro voix critique comme (BonSens.org, ReinfoLiberté…) n’ont été consultées.
Cette exclusion crée une « absence flagrante d’indépendance », ignorant les scandales passés comme le LancetGate (étude rétractée sur l’hydroxychloroquine fondée sur des données falsifiées) ou les failles de l’essai RECOVERY (doses potentiellement toxiques). 83 % des experts n’ont pas vu venir le LancetGate et 90 % ont fermé les yeux sur RECOVERY, révélant un « biais de confiance institutionnelle » écrasant.
Les opinions sont tout aussi homogènes : 23 % très pro-vaccins, ~70 % recommandent fortement les vaccins Covid-19, zéro scepticisme vaccinal. Robert F. Kennedy Jr., récemment nommé secrétaire à la Santé aux États-Unis, est qualifié d’« antivax complotiste » par 22 % d’entre eux. Cette uniformité transforme le débat scientifique en dogme, comme l’explique le philosophe Rico Hauswald, avec des « consensus dégénératifs » qui minent la confiance publique.
Le système Info-Score Santé proposé (note de A à E comme le Nutri-Score) incarne parfaitement les craintes d’Ioannidis : il ne récompense pas correctement la transparence et la revue par les pairs par rapport au financement industriels. C’est une prime aux citations institutionnelles contre les citations de plus faibles portées issues, par exemple, de revues « non recommandées » (liste décidée par les doyens français). En résulte le fait qu’une une étude défectueuse comme RECOVERY peut obtenir une bonne note grâce au prestige de sa revue (publiée dans le New England Journal of Medecine), tandis que des critiques considérés comme indépendantes (BonSens.org,…) ou fortement attaquées par les institutions (comme l’IHU Méditerranée) risquent la note E pour financement participatif ou références alternatives.
Les critiques parlent d’« amateurisme flagrant » avec des seuils arbitraires et sans aucune étude pilote pour prouver l’efficacité de ce système de scoring. Comme le souligne le Pr Christian Perronne : « Ce modèle témoigne d’un amateurisme partial », protégeant les erreurs officielles (effets secondaires minimisés) tout en censurant les débats sur les traitements précoces ou la pharmacovigilance. Cela correspond exactement à l’avertissement d’Ioannidis : un militantisme qui impose ses récits, ignorant les scandales institutionnels (Mediator, Depakine) et créant une science à deux vitesses où la dissidence est stigmatisée.
Enjeux plus larges en France
Avec 81 % des Français rejetant la campagne vaccinale Covid-19 2025 (sondage novembre 2025), ces biais risquent d’aggraver les fractures. En excluant les voix dissidentes et en pénalisant les indépendants, le rapport et l’Info-Score deviennent des outils de censure, contredisant les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (ex. Hertel c. Suisse) qui protègent les opinions minoritaires même « dénuées de fondement » surtout dans des domaines où l’incertitude règne.

Les médias qui questionnent l’establishment (contrats vaccinaux, effets indésirables) risquent une criminalisation de fait. Le recours juridique de BonSens.org contre les auteurs du rapport pour conflits d’intérêts non déclarés et contribution à la désinformation en santé souligne les lacunes de transparence, en écho aux appels d’Ioannidis.
Vers la réforme : les leçons d’Ioannidis et de la France
Ioannidis réclame des garde-fous éthiques : séparer militantisme et science, privilégier les preuves, imposer la transparence sur les conflits et la paternité des travaux.
En France, France-Soir ayant analysé la pollution informationnelle propose un système de « permis à points » : pénalités pour erreurs prouvées (LancetGate…), récompenses pour les corrections, application du principe pollueur-payeur aux désinformateurs institutionnels. Comme l’affirme le Pr Christian Perronne : « les vrais efforts contre la désinformation doivent protéger le débat, pas l’autorité ».
Le texte d’Ioannidis est un avertissement salutaire : sans réforme, le journalisme scientifique risque de devenir une arme militante, terrorisant les disciplines et usurpant la vérité.
Le rapport français, avec ses biais mis à nu, en est la preuve vivante – rappelant que défendre la science exige de se méfier de ceux qui veulent la façonner à leur image.
