Après des semaines d’hésitation, la commission d’enquête sur l’audiovisuel public s’apprête à auditionner Patrick Sébastien. Un revirement politique qui révèle les tensions autour de la gouvernance, de l’humour et de la neutralité du service public.
Patrick Sébastien s’invite à nouveau sous les projecteurs institutionnels. Longtemps jugée indésirable par le président de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, son audition devrait finalement être proposée. Jusqu’où le service public peut-il ignorer ceux qui contestent son fonctionnement de l’intérieur ?
L’ancien animateur de France 2 avait préparé le terrain. Le 6 janvier sur CNews, il déclarait avoir « beaucoup de choses à dire » et promettait même « des choses très claires et très nettes à dire sur madame Ernotte et sur tout ce système ». Des propos assumés, qui avaient crispé Jérémie Patrier-Leitus. Le député confiait alors sur LCP ne pas vouloir transformer la commission en « Plus Grand cabaret du monde ».
La digue a cédé. « Sous la pression, le président de la commission change son fusil d’épaule », confie un proche au JDD, à l’origine de l’information. Sur X, le député corrige le tir, dénonçant des « contre-vérités » et rappelant que Patrick Sébastien « a apporté beaucoup à France Télévisions ». Le populaire reprend soudain droit de cité, au nom de la pluralité des points de vue.
Il ne sera qu’un épisode d’une enquête plus large. Journalistes vedettes, humoristes de France Inter, anciens présidents et bientôt la ministre de la Culture, Rachida Dati, sont attendus. Selon Le Parisien, la commission veut définir une ligne sensible : « où s’arrête l’humour et où commence le militantisme politique ». Un débat qui interroge la mission même du service public.