une « stabilité stratégique » avec la Chine dans la région indo-pacifique, par Alfredo Jalife-Rahme



Elbridge Colby, sous-secrétaire à la Défense pour la Politique, est l’intellectuel « réaliste » de référence au secrétariat de la Guerre. Il a co-fondé avec des personnalités sionistes « The Marathon Initiative », un think tank consacré à la stratégie.

Contexte : Il y a cinq ans, l’actuel sous-secrétaire à la Défense pour la politique, le catholique Elbridge Colby — petit-fils de l’ancien directeur de la CIA William Colby — publiait son livre fondamental : The Strategy of Denial : The Defense of the United States in the Age of Great Power Conflict [1]

Elbridge Colby avait été le principal cerveau de la Stratégie nationale de défense (NDS) de 2018 avec Trump 1.0, lorsqu’il a déclaré que la Chine représentait la menace stratégique la plus pertinente et subordonnant les autres, afin de bloquer la marche vers l’hégémonie régionale du dragon asiatique dans la région indo-pacifique, ce pour quoi Colby mettait en avant le renforcement des alliances pertinentes avec l’Australie et le Japon, les Philippines et Taïwan.

A noter : Elbridge Colby, 46 ans, entretient une alliance politique et religieuse avec le vice-président J.D. Vance, 41 ans.

Il y a près de deux mois, la Maison-Blanche a quant à elle publié sa nouvelle « Stratégie de sécurité nationale » [2], qui préconise une « stabilité stratégique » avec la Russie, la compétition non militaire avec la Chine, l’abandon de l’Europe à son sort, le néo-monroïsme en Amérique latine et le retrait de toutes les aventures militaires américaines.

Les faits : du livre du stratège Elbridge Colby, il y a cinq ans, à la Stratégie de sécurité nationale, il y a presque deux mois, jusqu’à la NDS, on observe une évolution accélérée, pour ne pas dire une involution, de la position des États-Unis envers la Chine. En effet, malgré toutes les vicissitudes de la relation bilatérale entre Washington et Beijing — en particulier, avec le « syndrome Maduro » qui a affecté la position de la Chine au Venezuela – —invitation de Trump en Chine pour une visite historique en avril est finalement maintenue.

Le Pentagone, désormais renommé « Département de la Guerre », vient de publier sa Stratégie de Défense Nationale (NDS) avec le sous-titre « Restaurer la paix par la force pour un nouvel âge d’or états-unien [3] », un rituel qui se renouvelle tous les quatre ans, correspondant à chaque nouveau mandat présidentiel.

À part le ton remarquable de négociation avec la Chine — comportant en particulier un mépris évident pour l’île renégate de Taïwan qui est même pas mentionnée — le reste est resté pratiquement inchangé : les relations avec la Russie dans « l’esprit d’Anchorage » se sont améliorées, tandis que celles des États-Unis avec l’Europe se sont détériorées (en raison du différend du Groenland). Dans l’hémisphère occidental, le Canada a ouvert une brèche dans l’alliance USMCA (États-Unis, Mexique et Canada), et peut-être mis en péril la célébration de la Coupe du monde dans le même périmètre, en raison de son récent « partenariat stratégique » avec la Chine [4] qui lui a valu la menace d’une brutale augmentation des droits de douane de 100 %.

Une partie du différend multifactoriel de Trump avec l’Union européenne est due à l’approbation imminente de son accord de libre-échange avec le Mercosur (un fief présumé des États-Unis, selon le « corollaire Trump » de la « doctrine Donroe »). Comme si ce qui précède ne suffisait pas, le Premier ministre britannique — un grand allié aujourd’hui du « gouverneur « (Trump dixit) canadien Mark Carney — Keir Starmer, qui soutenait Kamala Harris et son programme mondialiste WOKE, a prévu une prochaine visite en Chine pour rétablir leur « relation dorée ».

Le Wall Street Journal souligne le « ton conciliant avec la Chine », contrairement au Financial Times, journal mondialiste WOKE, qui tente de rattacher des couteaux états-uniens inexistants à Beijing [5].

Le NDS déclare que « son objectif global est d’instaurer la ’stabilité stratégique’ dans la région indo-pacifique et de désamorcer les tensions avec l’armée chinoise. »

Le Wall Street Journal ajoute qu’un jour avant la publication du NDS, « Trump a félicité Xi pour avoir aidé à négocier un accord permettant à TikTok de continuer à opérer aux États-Unis [6]. »

Selon le Wall Street Journal, le NDS souligne l’intérêt de l’administration pour ouvrir davantage de voies de communication entre les deux armées pour réduire les tensions, afin d’établir un équilibre des forces dans la région indo-pacifique. L’objectif serait d’implanter « une paix décente (sic), à des conditions favorables pour les États-uniens, mais que la Chine puisse aussi accepter et avec laquelle elle puisse coexister. »

CONCLUSION : Trump a déjà sa feuille de route pour négocier avec Xi en avril sur le Nouvel Ordre Mondial en développement. Bye bye Taïwan ?



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