Dans la Drôme, le collège de l’Europe bouscule les réflexes disciplinaires. Pour certains élèves sanctionnés, les heures de colle cèdent la place à du bénévolat encadré aux Restos du cœur de Romans-sur-Isère. Une expérimentation locale qui interroge l’utilité de la punition.
La question traverse les établissements depuis des années. Plutôt qu’une exclusion temporaire ou une retenue stérile, l’élève est confronté à une réalité sociale concrète, sous conditions strictes et avec l’accord des familles. « Il s’agit de donner un contenu réel à la sanction », explique la direction. Pas de bricolage pédagogique, mais une mesure prévue par les textes officiels sur la « responsabilisation » des élèves.
Une convention lie le collège et l’antenne locale des Restos du cœur. Horaires hors temps scolaire, missions simples, présence constante d’un adulte référent, rangement, aide logistique, appui aux équipes bénévoles. À l’issue, un retour formalisé permet d’évaluer le comportement et l’implication de l’élève. Comme le rapporte The Epoch Times, le dispositif s’inscrit dans le règlement intérieur et reste réservé à des situations ciblées.
Reste l’enjeu de fond : faire de la sanction un levier éducatif sans la transformer en punition morale. Les Restos du cœur rappellent que l’accueil de jeunes volontaires est une pratique connue, mais qu’elle doit rester limitée pour préserver l’équilibre des distributions. Pour l’Éducation nationale, voire le gouvernement à plus grande échelle, l’expérience pose une question plus large. À l’heure où l’exclusion scolaire fragilise les parcours, responsabiliser plutôt qu’écarter pourrait bien être une solution à envisager…