Les braises asiatiques de 1945, par Renaud Lambert (Le Monde diplomatique, février 2026)


JPEG - 92.6 kio

Hélène Duclos. – « Imbrication #3 », 2021

© ADAGP, Paris, 2025 – helene-duclos.fr – Galerie Claire Corcia, Paris

Après le Venezuela, Taïwan ? Pour une partie de la presse occidentale, le coup de force américain dans la Caraïbe aurait ouvert la voie à une opération similaire de Pékin contre Taipei. La preuve ? Les 29 et 30 décembre derniers, l’armée chinoise a encerclé l’île au cours d’un exercice que de nombreux observateurs ont présenté comme le préalable à une invasion. Aucun doute selon eux, les présidents américain et chinois brûleraient d’un même désir : en finir avec les « simagrées » de l’ordre international issu de l’après-guerre pour en promouvoir un autre « gouverné par la puissance, la force, le pouvoir », comme l’explique le conseiller à la guerre américain Stephen Miller.

Si l’Asie bruisse bien d’une menace de conflit impliquant la Chine, celle-ci concerne toutefois moins Taïwan que le Japon, auquel était destinée la manœuvre à grand spectacle au large de Taipei. Déclarations au vitriol, vols de patrouilles stratégiques, menaces de sanctions économiques… Les relations entre les deux géants est-asiatiques connaissent une convulsion d’une rare sévérité. Mais une convulsion dont on trouve l’origine de l’autre côté du monde et qui suggère que, malgré les discours sur la « rupture Trump », la désinvolture américaine à l’égard de l’ordre international n’est pas neuve.

Le 7 novembre dernier, la première ministre japonaise Sanae Takaichi déclare qu’une intervention de Pékin à Taïwan, ou contre des forces américaines tentant de briser un blocus chinois autour de l’île, constituerait « une menace existentielle pour le Japon » : le type même de situation qui, depuis 2015 et la réforme du droit japonais voulue par le mentor de Mme Takaichi, Shinzo Abe, autorise les forces d’autodéfense du pays à intervenir à l’étranger. Une déclaration assez peu surprenante étant donné le pedigree de la première ministre.

Critique de la déclaration de Kono (1993) — qui reconnaît la pratique de l’esclavage sexuel par l’armée japonaise — et de celle (…)

Taille de l’article complet : 1 995 mots.

Cet article est réservé aux abonnés

Lycées, bibliothèques, administrations, entreprises,
accédez à la base de données en ligne de tous les articles du Monde diplomatique de 1954 à nos jours.
Retrouvez cette offre spécifique.



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *