Dans un contexte où les débats sur les vaccins contre le COVID-19 continuent de diviser la communauté scientifique, un article publié en 2023 par la Dr Hélène Banoun, pharmacienne et docteure ès sciences pharmaceutiques, fait l’objet d’une controverse renouvelée. Intitulé ARNm : Vaccin ou thérapie génique ? Les enjeux de sécurité des questions réglementaires » et paru dans la revue International Journal of Molecular Sciences (MDPI), cet article a été consulté plus de 100 000 fois sur le site de l’éditeur et cité au moins 21 fois selon PubMed. Son contenu, qui questionne la classification réglementaire des vaccins ARNm et soulève des enjeux de sécurité, suscite l’intérêt des lecteurs tout en provoquant l’ire de certains détracteurs, menant à des attaques sur la plateforme PubPeer.

Le contexte de l’article : un examen critique des vaccins ARNm
Publié en juin 2023, l’article de Hélène Banoun analyse les vaccins ARNm développés en urgence pendant la pandémie de COVID-19, comme ceux de Pfizer-BioNTech et Moderna. Selon l’auteure, ces produits devraient être classés comme des produits de thérapie génique (GTP) en raison de leur mode d’action : ils introduisent de l’ARN messager modifié dans les cellules humaines pour produire la protéine spike du SARS-CoV-2, induisant une réponse immunitaire. Cependant, les agences réglementaires comme l’EMA (Agence européenne des médicaments) et la FDA (Food and Drug Administration) les ont exclus de cette catégorie, les traitant simplement comme des vaccins contre les maladies infectieuses.
Banoun argue que cette exclusion manque de justification scientifique et éthique. Elle pointe du doigt des lacunes dans les tests effectués : résultats non conformes en termes de pureté (inférieure aux normes pour les produits humains), hétérogénéité des lots, et une biodistribution large et persistante de l’ARNm et de la protéine produite (dans le foie, la rate, le cœur, le cerveau, etc.). Des risques à long terme, tels que l’intégration au génome, la transmission germinale, la génotoxicité, la tumorigenicité et la transmission horizontale (shedding), n’ont pas été suffisamment évalués, selon elle. L’article appelle à une vigilance accrue pour les futurs vaccins ARNm, en dehors du contexte pandémique, et recommande des études approfondies sur la toxicité embryo-fœtale, périnatale et sur le passage dans le lait maternel – des préoccupations confirmées par des données post-marketing.
Cet article n’est pas isolé : il s’inscrit dans une littérature croissante critiquant les approbations accélérées des vaccins COVID. Banoun, ancienne chercheuse à l’Inserm et chercheuse indépendante basée à Marseille, cite des références réglementaires historiques (comme la directive européenne 2001/83/CE modifiée en 2009) pour appuyer son argumentation. Son travail a été évalué par les pairs avant publication et a généré un impact notable, avec des citations dans diverses bases de données comme Scopus (30 citations) et Web of Science (33).
Ce qui dérange : un contenu qui défie le narratif officiel
Le succès de l’article – plus de 100 000 vues et des citations croissantes – reflète un intérêt public pour les questions de sécurité vaccinale. Mais, il dérange pour la même raison : en remettant en cause la classification des ARNm comme de simples vaccins, Banoun met en lumière des potentiels conflits réglementaires et des risques sous-estimés, comme des effets indésirables rapportés dans les bases de pharmacovigilance (cancers, troubles neurologiques, hématologiques, maladies auto-immunes, infections). Cela heurte les partisans d’un narratif officiel qui présente ces vaccins comme sûrs et efficaces sans nuance.
Des critiques similaires ont visé d’autres chercheurs. Par exemple, le Pr Wafik El-Deiry, oncologue à l’Université Brown, a fait l’objet d’attaques pour ses travaux liant vaccins ARNm et cancers. De même, Kevin McKernan et Jessica Rose ont été ciblés pour leurs révélations sur la contamination par de l’ADN dans les vaccins, incluant des hybrides ARN-ADN résistants aux DNAses.

Ces cas illustrent un pattern : des voix critiques du discours dominant sur le COVID sont souvent discréditées via des plateformes en ligne.
L’instrumentalisation de PubPeer : une plateforme anonyme au cœur de la controverse
PubPeer, une plateforme de révision post-publication créée en 2012, est au centre de cette polémique. Conçue pour signaler des erreurs dans les articles peer-reviewed, elle est accusée par Banoun et d’autres d’être instrumentalisée pour du harcèlement scientifique. Financée de manière opaque (bien que récompensée par la Fondation Einstein en 2024), PubPeer permet des commentaires anonymes, contournant les voies traditionnelles de critique comme les lettres aux éditeurs.

Dans un article récent, PubPeer est décrit comme un outil de « pollution informationnelle », lié à des figures comme Elisabeth Bik, une « détective de la fraude » très controversée comme révélé les enquêtes de ScienceGuardians. Bik et d’autres ont été impliqués dans des campagnes contre des chercheurs comme Didier Raoult et l’IHU Méditerranée, avec des accusations de biais et d’erreurs méthodologiques. FranceSoir évoque une « harcelosphère » coordonnée, incluant des réseaux sociaux et des signalements erronés, potentiellement en violation de l’éthique scientifique. Des enquêtes judiciaires sont suggérées, et des liens avec des revues comme Nature (qui sponsorise en partie PubPeer) soulèvent des questions de conflits d’intérêts.
Pour Banoun, les attaques sur PubPeer contre son article s’inscrivent dans cette dynamique. Elle a reçu trois emails identiques les 27 et 29 janvier 2026, l’invitant à répondre à des commentaires – dont certains masqués initialement (non accessibles sur leur site). Le principal commentateur admet l’avoir harcelée sur Twitter (X), où elle l’avait bloqué. Banoun dénonce une coordination récente : des commentaires vieux de deux ans sur d’autres papiers ont soudainement surgi. Elle note que des réponses défendant son travail ont été supprimées, tandis que des interventions non scientifiques d’un harceleur connu ont été publiées.
La réponse d’Hélène Banoun : « une attaque coordonnée et non scientifique »
Hélène Banoun répond avec fermeté. Elle décrit PubPeer comme « une plateforme anonyme et non transparente, gérée par des individus identifiables via IA mais sans déclaration claire de conflits d’intérêts ». « Les voies habituelles pour critiquer un article sont des adresses directes aux éditeurs ou d’autres articles », explique-t-elle, accusant PubPeer « de contourner les processus scientifiques normaux ».
Banoun souligne que son article a passé avec succès le peer-review, a été vu plus de 100 000 fois et cité 21 fois (au moins, selon ses recherches sur PubMed). Elle rejette les critiques sur le fond : « Le commentateur n’a pas lu mon papier ou est de mauvaise foi. Les réponses à ses questions sont déjà dans l’article. »
Elle a informé le rédacteur en chef de l’IJMS-MDPI de cette « tentative coordonnée » et refuse de répondre sur PubPeer, considérant cela comme une amplification du harcèlement.
Implications plus larges : une crise d’intégrité scientifique ?
Cette affaire s’inscrit dans une crise plus vaste de l’intégrité scientifique, comme le dénonce FranceSoir : biais éditoriaux, invisibilisation d’études critiques sur les vaccins ARNm (plus de 700 peer-reviewed sur les risques), et un « black-out » sur les dangers potentiels. Des initiatives comme le décret américain « Rétablir l’étalon-or en science » (2025) appellent à plus de transparence, contrastant avec les pratiques de plateformes comme PubPeer.
Hélène Banoun appelle à une vérification indépendante des gérants et financements de PubPeer. Pendant ce temps, la communauté scientifique reste divisée : d’un côté, ceux qui voient dans ces critiques un nécessaire débat ; de l’autre, des accusations de désinformation. L’article de Banoun, disponible sur MDPI et PubMed, continue d’alimenter le discussion – preuve que la science, loin d’être figée, est un terrain de controverses. Et, que le débat doit se tenir.