Candidat à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire promet de couper court aux locations touristiques d’Airbnb s’il est élu. Le candidat socialiste cible les meublés touristiques, accusés d’assécher le parc locatif, d’alimenter la hausse des loyers et de transformer la ville au profit des investisseurs.
Portée par l’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, cette annonce intervient dans un contexte de durcissement législatif qui renforce les pouvoirs des maires face aux plateformes. Emmanuel Grégoire martèle vouloir « interdire Airbnb à Paris », sauf pour les résidences principales louées ponctuellement. Selon lui, la « professionnalisation » de la plateforme a détourné des dizaines de milliers de logements « soustraits au marché locatif ». Une ligne qu’il défend de longue date à l’Hôtel de Ville, où il a soutenu contrôles et sanctions.
Comme le rapporte The Epoch Times, cette promesse s’appuie sur un arsenal juridique renforcé. Les maires peuvent désormais plafonner les nuitées, fixer des quotas par quartier et exiger un enregistrement strict. D’après des données de l’INSEE, Paris reste l’une des villes européennes les plus touchées par la tension locative, avec une offre structurellement insuffisante. Pour aller jusqu’à une quasi interdiction, la mairie devra toutefois sécuriser ses choix face au droit du commerce et convaincre l’État de suivre.
Le pari est aussi électoral. La majorité sortante revendique des avancées qui auraient « largement porté ses fruits », selon Ian Brossat, mais aucun candidat n’était allé aussi loin dans le vocabulaire. En faisant d’Airbnb un symbole, Emmanuel Grégoire polarise le débat, mobilise les locataires et s’expose à une riposte économique et politique.