Début janvier, un médecin généraliste de 79 ans a passé vingt-quatre heures en garde à vue après avoir refusé d’établir un certificat de décès. Réquisitionné par téléphone en pleine journée de consultations, au cœur d’un épisode neigeux et d’une grève médicale partielle, le praticien conteste aujourd’hui la légalité de la procédure et les poursuites engagées contre lui.
Le 7 janvier, le médecin reçoit un appel masqué d’un interlocuteur se présentant comme policier. Aucun nom, aucun contexte précis, seulement une injonction. Estimant la demande floue, incompatible avec ses obligations professionnelles immédiates et son état de santé, il refuse. Le combiné raccroché, l’affaire aurait pu s’arrêter là…
Deux jours plus tard, le praticien apprend qu’il risque des poursuites. Le 21 janvier, persuadé de répondre à une convocation administrative, il se rend au commissariat de Chennevières-sur-Marne. Il y est immédiatement placé en garde à vue, et en ressort le lendemain, après une nuit en cellule, fouille comprise, malgré un traitement cardiaque en cours. Entretemps, son cabinet à l’arrêt.
Poursuivi pour refus de réquisition et outrage à agent, le médecin nie fermement toute infraction. Comme le rapporte le 20 minutes, son avocate a saisi le Défenseur des droits afin de contester la régularité de la réquisition téléphonique. Le parquet de Créteil confirme la garde à vue et une convocation en octobre, sans commentaire supplémentaire. Le praticien envisage aussi de saisir l’IGPN et l’Ordre des médecins.