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Lors d’une interview accordée à RT, le chef de la diplomatie russe est revenu sur le round de pourparlers qui se tient à Abou Dhabi, taclant les initiatives européennes qui n’ont fait que prolonger le conflit en Ukraine en ne cessant de «remanier» les termes de l’accord impulsé par les États-Unis lors du sommet d’Anchorage.
« Si les Ukrainiens partent avec cette idée en tête aux négociations d’aujourd’hui, ce sera la preuve que Zelenksy ne veut en aucun cas la paix. Car toute paix signifierait la fin de sa carrière politique et peut-être pas seulement politique… Nous verrons bien ce qu’ils nous rapporteront ».
Lors d’une interview avec Rick Sanchez, présentateur de RT International, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, est revenu sur le dernier round en date de pourparlers sur la crise ukrainienne qui s’est ouvert ce 4 février à Abou Dhabi.
« J’ai parlé hier avec nos collègues qui sont partis, au sujet des garanties de sécurité dont Mark Rutte a parlé devant le parlement à Kiev. Ils n’en avaient pas entendu parler, ils l’ont appris dans le Financial Times », nous a confié le chef de la diplomatie russe à l’occasion de cette interview qui coïncide avec la Journée du diplomate.
Selon le quotidien britannique, qui a cité plusieurs sources au fait du dossier, le fameux accord entre Kiev et ses alliés occidentaux prévoirait qu’une violation par la Russie d’une éventuelle trêve donnerait lieu à une réponse en plusieurs « phases » allant jusqu’à une réponse militaire « coordonnée » impliquant les Européens et les Américains.
« Après sa discussion avec Rutte, Zelensky a dit qu’il était prêt à des compromis, mais que la Russie devait aussi être prête à des compromis. Cette remarque est d’un tel culot… », a ajouté Sergueï Lavrov, avant de poursuivre : « Cela ne m’étonne pas parce que cet homme ne connaît pas la honte. Et il ne pense qu’à une seule chose, sa survie ».
« Dans l’ensemble, nous avons accepté leurs propositions »
Le diplomate a notamment renvoyé à la rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Donald Trump mi-août 2025 à Anchorage, en Alaska. « Nous avons dit que ça n’avait pas été simple pour nous, mais que nous étions prêts à accepter les propositions des États-Unis en tenant compte des éléments de compromis », a relaté Sergueï Lavrov.
« Dans l’ensemble, nous avons accepté leurs propositions. Et ensuite nous avons attendu très longtemps, le temps que nos collègues américains annoncent que nous nous étions mis d’accord et qu’une décision avait été prise », a ajouté le ministre russe.
« En parlant des conditions pour mettre en œuvre toutes ces perspectives prometteuses, ils n’évoquaient qu’une seule chose : « l’Ukraine, nous en avons hérité de Biden, il a adopté une position antirusse. Voilà pourquoi elle est devenue un enjeu majeur de l’agenda international. Il faut s’en débarrasser, il faut régler ce problème, nous voulons le régler, et nous le ferons, tout en faisant preuve de compréhension concernant notre position ». Je tiens à le souligner une fois de plus », a-t-il poursuivi.
« Nous avons soutenu les propositions des États-Unis, et l’Europe s’est précipitée avec Zelensky à Washington, et ils ont complètement remanié l’initiative des États-Unis approuvée par le président Poutine. Et ils continuent jusqu’à maintenant de la remanier », a-t-il fustigé, en référence au manège diplomatique des alliés occidentaux de Kiev qui avait suivi la rencontre des chefs d’État américain et russe en Alaska.
« Le président a dit à plusieurs reprises qu’il était toujours prêt à une solution diplomatique », rappelé Lavrov « contrairement aux autres parties prenantes à ce processus qui bougent les lignes et les bornes en permanence, nous n’avons jamais varié. Ils disent qu’il faut marquer un but tantôt ici, tantôt là. Nos positions, en ce qui nous concerne, sont claires et cohérentes ».