La nouvelle série « Affaire Epstein » : entre fragilités et psychodrames.


’’L’ennui avec vous, les Romains, c’est que vous n’êtes ni délicats, ni poétiques… Et l’ennui avec moi c’est que je suis timide ! ’’ – Obélix, cité dans « Astérix Légionnaire »

CE QU’EN DIT LA PRESSE :

  • L’ex-ambassadeur de la Grande-Bretagne aux Etats-Unis va quitter la chambre des Lords.
  • Le gouvernement de Starmer est déstabilisé.
  • Affaire Esptein : le roi Charles III retire à son frère Andrew son titre de prince.
  • Les appels à la démission de Jack Lang à la tête de l’Institut du Monde arabe se multiplient.
  • L’affaire Epstein fragilise la procureur des Etats-Unis Pam Bondi.
  • Norvège : L’affaire Epstein fragilise la princesse héritière.
  • Le dossier Epstein fragilise les relations de Donald Trump avec son parti.
  • Affaire Epstein : Jack Lang et sa fille éclaboussés par les dossiers publiés par le ministère américain de la Justice.
  • Affaire Epstein : Bill Gates dit « regretter chaque minute » passée avec le criminel sexuel.
  • etc, etc.

SYNOPSIS DE LA SÉRIE :

En attendant leur « démission » éventuelle, des personnalités se voient « fragilisées » et « déchues » de leurs titres honorifiques tout en exprimant des « regrets » après avoir été « éclaboussées ».

CRITIQUE :

Dotée d’un casting prestigieux et d’un scénario dramatique, la série « Affaire Epstein », dont la sortie sans cesse annoncée avait été maintes fois repoussée, avait tout pour plaire. Véritable plongée dans le milieu sordide du bottin mondain et mondial, les premiers épisodes avaient réussi à tenir les spectateurs en haleine par une mise en scène habile.

Dans les premiers épisodes, le spectateur découvre une multitude de personnages, aux relations imbriquées mais encore floues, qui gravitent autour d’un personnage central. Ces relations sont lentement révélées principalement par le biais d’échanges de courriers. Mais le suspense est astucieusement entretenu et les pistes brouillées car les identités des expéditeurs et/ou destinataires des courriers sont souvent occultées, plaçant ainsi le spectateur dans un état de frustration et de questionnement permanent.

Pour compliquer les choses, cette technique de « distillation lente » est reproduite dans le contenu même des courriers. En effet, les dialogues sont souvent minimalistes (« la petite fille était une cochonne ») et soulèvent souvent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses. Mais le spectateur comprend aussi au fil de l’eau qu’il s’agit de conversations entre gens qui se connaissent et se rendent des services et se réfèrent à des expériences partagées.

Le décor est ainsi planté, lentement mais sûrement.

Mais hélas, après ce démarrage prometteur, la série dérive vers un interminable (inter-minables ?) succession de regrets, d’auto-flagellations, de négations et de crises de nerfs qui sonnent tous plus faux les uns que les autres. Les dialogues passent du mode minimaliste à de véritables logorrhées qui paraissent improvisées.

Nous nous attendions à des scènes d’action et un bain de sang judiciaire, genre film gore, et nous voilà au final devant un navet qui oscille entre sentimentalisme et psychodrame et qui s’épanche sur la « fragilité » de tous ces personnages impliqués (à l’insu de leur plein gré ?) dans une affaire qui semble les prendre de court.

Même s’il n’est pas trop tard pour redresser la barre, on peut néanmoins craindre de ne jamais connaître le fin mot de cette histoire. Auquel cas, il ne restera plus qu’au spectateur de faire preuve d’imagination.

Viktor Dedaj

parce que ça ressemble à du cinéma



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