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La visite du président sénégalais à une grande exploitation bananière a été l’occasion de souligner la nécessité de renforcer la souveraineté alimentaire, de structurer des filières locales et de stabiliser durablement les territoires ruraux, notamment grâce à l’initiative baptisée «Notre Champion».
Pour la seconde journée de sa tournée économique dans l’est du Sénégal, entamée le 5 février, le président Bassirou Diomaye Faye a salué les performances de la plus grande entreprise productrice de bananes du pays. À Laboya, localité située à 70 km de Tambacounda, il a visité une exploitation appartenant au groupe Yellitaare, dont la production annuelle dépasse 65 000 tonnes.
Aux yeux du chef de l’État, cette entreprise incarne un modèle de développement fondé sur la production, la transformation locale et la création d’emplois durables. Selon la présidence sénégalaise, l’exploitation repose sur un schéma d’agriculture intégrée, combinant élevage, agro-industrie, transport et distribution, au sein d’une chaîne de valeur complète allant de la production primaire à la commercialisation.
Encourager l’investissement agricole
L’exploitation du groupe Yellitaare représente plus de 4 100 emplois et assure plus de 70 % de la production nationale de bananes, selon le correspondant de RT au Sénégal. Elle dispose également de capacités importantes de transformation agroalimentaire et de logistique, illustrant le potentiel d’une agriculture moderne fondée sur l’investissement productif et le savoir-faire local.
« Des périmètres comme ça nous encouragent à davantage investir dans l’agriculture », a déclaré Bassirou Diomaye Faye. « C’est un pilier fondamental et c’est sur cela que le Sénégal doit s’appuyer prioritairement pour se développer. Les ressources naturelles découvertes ces dernières années doivent servir de levier pour développer l’agriculture », a-t-il ajouté.
Une filière exemplaire
Créée en 1996 par El Hadji Mamadou Oumar Sall, l’entreprise Yellitaare est passée d’une exploitation de 20 hectares à près de 2 000 hectares. Elle constitue aujourd’hui une filière porteuse d’emplois et soucieuse de la préservation des terroirs.
Yaya Mamadou Sall, directeur de la filière agricole, affirme qu’une expérience de 25 ans dans l’agroécologie maîtrisée a permis de maintenir un rendement stable. « Nous cohabitons avec l’environnement, nous préservons les animaux et nous œuvrons pour un écosystème inclusif », explique-t-il au micro de RT.
L’initiative « Notre Champion »
Le président sénégalais a également annoncé le lancement de l’initiative « Notre Champion », destinée à soutenir les entrepreneurs performants dans la production locale et capables de conquérir les marchés sous-régionaux et régionaux. L’État se dit prêt à les accompagner pour l’accès au foncier, aux documents administratifs et aux financements.
Malgré ces avancées, la filière reste vulnérable aux aléas climatiques. En 2024, le groupe Yellitaare a perdu 30 000 tonnes de bananes à cause des inondations, pour une valeur estimée à plus de 9 milliards de francs CFA. Les producteurs appellent à un soutien renforcé des autorités pour faire face à ces défis.