Le Panama a infligé fin janvier un coup d’arrêt à l’influence chinoise sur son canal en annulant la concession portuaire d’un groupe hongkongais. La Cour suprême a jugé le contrat inconstitutionnel. À Washington, on applaudit. À Pékin, on menace. Le contrôle de l’une des routes commerciales les plus sensibles du globe entre dans une nouvelle phase d’incertitude.
Le 29 janvier, la Cour suprême panaméenne invalide la concession accordée à Panama Ports Co, filiale de CK Hutchison, aux deux extrémités du canal. En toile de fond, un audit accablant faisant état d’irrégularités massives et de pertes estimées à plus d’un milliard de dollars. L’État confie provisoirement l’exploitation à APM Terminals du groupe danois Maersk, sans rupture d’activité ni suppressions d’emplois.
Comme le rapporte The Epoch Times, l’enjeu dépasse largement les quais de Balboa et Colón. Par ce canal transite 5 % du commerce maritime mondial. Les États-Unis y font passer 40 % des flux, la Chine un peu plus de 21 %. Depuis plusieurs années, Pékin avançait ses pions via des entreprises hongkongaises. La décision panaméenne fissure cette stratégie. Le secrétaire d’État Marco Rubio a salué une décision courageuse, évoquant sur X des concessions jugées inconstitutionnelles.
Pékin, de son côté, choisit la riposte feutrée. CK Hutchison a lancé une procédure d’arbitrage international, une manière de gagner du temps et de maintenir la pression. Selon l’économiste Davy J. Wong, « le capital hongkongais n’est plus perçu comme un acteur de marché, mais comme un instrument mobilisable au service des intérêts nationaux ». Malgré ce revers, près de 200 entreprises chinoises restent implantées au Panama.