Face à Moscou, l’Europe dans l’impasse, par Hélène Richard (Le Monde diplomatique, février 2026)


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Hélène Duclos. – « La Traversée des miroirs », 2022

© ADAGP, Paris, 2025 – helene-duclos.fr – Galerie Claire Corcia, Paris

Il n’y aura pas de paix en Ukraine avant la date anniversaire des quatre ans du conflit. Le nouveau cycle de négociations lancé fin novembre s’est enlisé. D’un côté, le Kremlin considère le Donbass, déjà occupé aux trois quarts, comme une prise de guerre minimale, et entend s’assurer qu’une forme de reconnaissance internationale et diverses restrictions priveront Kiev des moyens de le récupérer militairement. De l’autre, les Européens s’opposent à tout changement de frontière par la force, qui constituerait un précédent, encourageant selon eux Moscou à poursuivre son expansion. Ils se disent donc toujours prêts à « soutenir l’Ukraine sur la durée, tout en renforçant la pression sur la Russie en vue d’une paix juste et durable ». Mais, faute des moyens nécessaires, cette fermeté les oblige à se placer dans une dépendance toujours accrue à l’égard de Washington, principal fournisseur d’armes et pilier des garanties de sécurité dans le cadre d’un éventuel accord de paix. Cela au moment même où l’administration de M. Donald Trump inscrit son hostilité à l’Union européenne dans sa stratégie de sécurité nationale 2025.

D’où ce paradoxe : s’ils ne cessent de brandir l’hypothèse d’une attaque russe, les Européens tendent à relativiser les menaces — bien réelles — d’annexion du Groenland par les États-Unis (lire « Pourquoi le Groenland ? »). Ils y envoient une poignée de soldats, mais prétendent aussitôt que c’est pour protéger l’île d’imaginaires incursions russes et chinoises. Le chancelier allemand a même rappelé ses troupes, pour « éviter autant que possible toute escalade », et incité Paris à baisser d’un ton, l’objectif restant de garder « une Europe unie » et une Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) « forte ». Ce déni de l’hostilité américaine à l’égard des pays du Vieux Continent achève de convaincre Moscou que les Européens ne sont que des vassaux des États-Unis. Aussi les Russes poursuivent-ils les combats (…)

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